Israël a vivement condamné le conseil municipal de Dublin, qui a décidé de hisser le drapeau palestinien sur l’Hôtel de Ville de la capitale le mois prochain, en signe de solidarité avec le peuple palestinien, qui « vit sous l’occupation brutale », selon lui.

« Si la municipalité de Dublin approuve cette décision, elle sera en train de brandir le drapeau blanc qui se rend face à des organisations terroristes, au racisme et à l’extorsion », a déclaré Emmanuel Nahshon, porte-parole du ministère des Affaires étrangères au site Ynet.

« C’est une décision hostile qui affecte en tout premier lieu les honnêtes citoyens de Dublin, et cela entache la ville de honte », a-t-il ajouté.

Une sous-commission du Conseil municipal de Dublin a adopté une motion pour accrocher le drapeau palestinien sur l’Hôtel de Ville durant un mois, à compter du 15 mai, suite à une proposition de John Lyons, d’extrême gauche de l’alliance People Before Profit, pour marquer le cinquantenaire de « l’occupation israélienne » en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

John Lyons, membre du Conseil, a imprimé 100 000 dépliants aux frais des contribuables,

La motion doit encore être soumise devant l’ensemble du conseil le 8 mai, la composition actuelle du corps législatif permet d’avancer qu’elle ne risque pas de rencontrer d’opposition.

Le Conseil municipal de Dublin est largement composé de membres du Sinn Fein et d’autres partis d’extrême gauche, qui sont, traditionnellement anti-Israël.

Lyons, qui parle d’Israël comme d’une « régime d’apartheid », a soumis cette décision à la sous-commission. « Je pense que c’est un geste symbolique, le fait de brandir un drapeau. Je pense que de plus en plus de personnes sont d’avis que l’État d’Israël et son comportement extrémiste dessert sa cause et son argumentaire », a-t-il ajouté.

Les défenseurs d’Israël sont face à un environnement difficile ces derniers temps, en Irlande.

Une conférence de l’ambassadeur Zeev Boker au Trinity College de Dublin a été annulée le mois dernier, après qu’une quarantaine d’étudiants pro-palestiniens sont arrivés sur les lieux, munis de drapeaux et de pancartes, et ont investi les lieux.

Des manifestants palestiniens avant un discours de Zeev Boker, ambassadeur israélien, au Trinity College de Dublin, le 20 février 2017. (Crédit : capture d'écran Facebook)

Des manifestants palestiniens avant un discours de Zeev Boker, ambassadeur israélien, au Trinity College de Dublin, le 20 février 2017. (Crédit : capture d’écran Facebook)

Le ministère des Affaires étrangères avait déclaré être « horrifié des actions vicieuses du groupe de manifestants, qui ont retiré à l’ambassadeur d’Israël sa liberté d’expression au Trinity Collège hier soir ».

Suite à l’annulation, le Trinity College avait qualifié l’attaque des manifestants d’atteinte « intolérable à la liberté d’expression ».

L’ambassadeur d’Israël en Irlande, Zeev Boker, avait informé Jérusalem en février des intentions de Dublin de bientôt reconnaître officiellement la Palestine en tant qu’Etat.

Un responsable israélien avait été cité dans Haaretz déclarant qu’une annonce de Dublin sur la reconnaissance de la Palestine avait déjà été possible, mais que l’adoption par Israël de la loi controversée légalisant les avant-postes avait rendu une telle décision bien plus probable.

Le responsable israélien avait déclaré que le message de Boker recommandait de demander l’aide de l’administration Trump à Washington, et que le Premier ministre Benjamin Netanyahu appelle son homologue irlandais, Enda Kenny, afin de décourager Dublin de reconnaitre l’état palestinien.