LOS ANGELES – Leehy Shaar est à Los Angeles, elle se prépare à prendre la parole devant des milliers de personnes qui dans quelques heures vont se rendre à la synagogue Beth Jacob – une synagogue orthodoxe de l’ouest de Los Angeles. Ils viendront pour une cérémonie commémorative en l’honneur de Gil-ad Shaar, Eyal Yifrach et Naftali Fraenkel, enlevés et tués le 12 juin.

Shaar est la tante de Gil-ad.

S’adressant à au Times of Israel par téléphone, elle dit : « Je n’avais pas l’intention d’être une porte-parole, je ne suis pas une oratrice, mais depuis que [les adolescents] ont été enlevés, j’ai parlé à la presse et au Congrès. [Bien que] mon anglais n’est pas très bon et que j’ai un bandeau sur mes yeux. » [Shaar subit actuellement une série de chirurgies pour un décollement de la rétine.]

« Je vais juste parler avec mon cœur, montrer à tous en partant d’un point de vue personnel que personne ne veut être victime de la terreur. Nous voulons la paix, et j’essaie d’être forte pour mon frère, pour ma famille, pour montrer que nous ne pouvons pas abandonner », dit-elle.

Shaar travaillait à New York comme monitrice pour jeunes filles en difficulté et que récemment déménagé à Los Angeles. Cependant, elle a dit avoir retrouvé une communauté à Beth Jacob, qui l’a rapidement entourée, ainsi que toute la communauté juive, quand les nouvelles de l’enlèvement sont tombées le 12 juin.

« [La vague de soutien] a été incroyable, » dit-elle. « Quand nous avons entendu les nouvelles [de l’enlèvement], beaucoup de gens se sont manifestés et je ne ne me suis pas sentie seule. Pas un instant ».

Shaar cherche désespérément à retourner en Israël pour être avec son frère Ofir, sa femme Bat Galim et leurs cinq filles, mais elle ne peut pas partir jusqu’à ce que ses opérations chirurgicales de l’œil soient terminées.

« Il est très difficile pour moi d’être seule en ce moment, » dit-elle, « mais tout le monde a été si gentil, non seulement la communauté religieuse, mais aussi la communauté non religieuse. Ils comprennent tous qu’enlever et assassiner des enfants innocents, ce n’est pas acceptable, mais que nous devons aussi être unis maintenant que le terrorisme est terminé. »

Il y avait beaucoup de protestations au sujet du refus de l’administration Obama de condamner publiquement l’enlèvement au cours des 18 jours, les adolescents ont été portés disparus, Shaar dit qu’elle ne peut pas penser aux machinations politiques.

« Honnêtement, je suis plus concentrée sur Am Yisrael maintenant. Le gouvernement israélien et l’armée ont tout fait pour essayer de trouver les garçons et les sauver. Maintenant, j’espère juste que tous les dirigeants du monde se réuniront contre la terreur qui nous a tous attaqués – partout. Nous souffrons tous de cette terreur et nous avons tous besoin qu’elle cesse, peu importe où nous vivons ».

Les détails sur les circonstances de l’enlèvement continuent à être rendus publics. Un des derniers éléments a été la diffusion de l’appel à la police israélienne par l’un des adolescents déclarant qu’il avait été enlevé.

Ofir Shaar a identifié la voix comme étant celle de son fils Gil-ad, et selon l’enregistrement, il semble que les adolescents ont été tués après cet appel.

Shaar a déclaré au Times of Israel qu’elle aussi avait écouté l’enregistrement et que oui, il s’agissait bien de la voix de Gil-ad. Elle dit qu’elle ne pas être surprise qu’il a passé cet appel.

« Gil-ad était toujours très responsable et très mature. Il n’avait que 16 ans, mais il a été aussi très courageux ce jour-là. Il pensait que [l’appel] pouvait aider à le retrouver dès que possible, mais cela n’a pas fonctionné. Je suis sûre que [tous les trois] ont été horrifiés mais ont été courageux. Quand j’ai entendu sa voix [sur la bande] Je voulais juste pleurer ».

En dépit de la bande et des découvertes sinistres des corps des adolescents, Shaar est encore sous le choc et sous l’incrédulité. « Je vois le drapeau recouvrant le corps de Gil-ad et je dis toujours, « cela ne peut pas être Gil-ad. C’est un beau garçon. Il est tellement cool. »

« Cool » est un mot qu’elle répète souvent tout en décrivant son neveu.

« En ce moment, je suis debout à côté d’une grande photo de lui et il sourit, » dit-elle, sa voix s’étrangle.

« C’était un beau garçon. C’était un génie. Il aime apprendre », ajoute-t-elle, inconsciemment elle passe au présent. « Il est si proche de ses cinq sœurs, il est un conseiller au Bnei Akiva ».

Elle reprend son discours au passé : « C’était quelqu’un d’heureux, plein de vie et de bonnes valeurs. Ils étaient une famille tellement soudée. C’est comme s’il y avait un trou dans la famille maintenant. Je ne peux même pas penser que cela appartient au passé. »

La douleur d’être loin de sa famille en Israël et de ne pas assister à l’enterrement de Gil-ad lui pèse lourdement, mais elle dit : « Toute la famille est dans mon âme et dans mon cœur. Je parle avec eux tous les jours. La technologie rend la distance plus facile. »

Et même si elle est heureuse de partager ses souvenirs de son neveu bien-aimé avec les médias, elle admet qu’elle ne peut même pas « commencer à décrire [sa] douleur. » Néanmoins, elle dit vouloir simplement remercier tout le monde pour leur soutien et appeler les gens à essayer de faire en sorte que rien de tel ne se reproduise plus jamais.

« Ils étaient des garçons si doux et innocents », dit-elle.

« Nous voulons juste vivre en paix dans ce monde. Nous devons gagner ce combat et faire comprendre aux gens que la valeur de la vie – pas celle de la mort – est la chose la plus importante. Je prie pour que ces trois garçons soient les dernières victimes du terrorisme ».