La femelle Stegodyphus lineatus, une araignée que l’on trouve dans le sud d’Israël et dans d’autres habitats semi-arides autour de la Méditerranée, a récemment été observée en train de pratiquer la matriphagy, où une mère se livre en repas à son petit, peu de temps après son éclosion.

Mor Salomon de l’Institut Cohen de contrôle biologique israélien, un institut de recherche gouvernemental situé à Yehud-Monosson, près de Tel-Aviv, a découvert le phénomène avec des collègues de l’Université hébraïque et de Ben Gourion du Néguev, en observant les araignées dans les buissons, près des lits de rivières desséchés du désert du Néguev.

Si la matriphagy a déjà été découverte par l’arachnologue allemand Ernst Kullmann dans les années 1970, la recherche de Salomon a identifié de nouveaux indices révolutionnaires qui mettent en lumière le mécanisme derrière le phénomène.

A l’intérieur de la toile, la mère araignée tisse un disque de soie contenant 70 à 80 œufs. Pendant ce temps, ses intestins commencent à se dissoudre. Une fois que les jeunes araignées éclosent, la mère perfore le disque, laissant les araignées sortir de leur œuf.

« [A ce moment] un liquide s’est déjà accumulé dans son intestin, ce qui lui permet de commencer à régurgiter pour son petit », dit Salomon à Fox News. « Alors qu’elle régurgite, le processus dans son intestin s’intensifie et le liquide formé traverse son tube intestinal vers sa bouche où elle le sécrète pour son petit. »

Les jeunes araignées font alors de leur mieux pour recueillir autant de liquide possible des entrailles liquéfiées de leur mère, et prennent plusieurs heures pour manger 96 % de la masse de leur mère, laissant le cœur de l’araignée intact.

« Quand ils l’ont terminée, vous pouvez voir seulement un exosquelette creux, » raconte Salomon à Wired. « Vous voyez l’abdomen rétréci, comme un ballon dont l’air est sorti. »

Si certains peuvent trouver l’idée d’enfants qui mangent leur mère révoltante, Salomon dit être émerveillée du comportement de l’araignée, qu’elle perçoit comme le sacrifice ultime afin de garantir la subsistance de ses enfants.

« Je sais que cela semble ‘dégoûtant’, mais cela montre le processus d’évolution incroyable et le travail de sélection naturelle », dit-elle à Fox News.

« Ce comportement merveilleux est la meilleure façon pour une femelle de faire subsister sa reproduction en ‘se donnant à son petit’. Il montre vraiment à quel point le monde naturel est remarquable. »

La recherche de Salomon a été publiée le mois dernier dans le Journal of Arachnology.