Un leader de la communauté juive ukrainienne a accusé le chef du service de sécurité de son pays de cibler les Juifs et de légitimer une milice qui a tué des Juifs dans les années 1940.
 
Eduard Dolinsky, le directeur du Comité juif ukrainien, a formulé sur Facebook l’accusation contre Valentyn Nalyvaichenko, le chef du Service de sécurité ukrainien, selon le site d’information evreiskiy.kiev.ua, après que Nalyvaichenko ait déclaré que son organisation devrait fonder ses activités sur l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), qui avait assassiné des milliers de Juifs dans les années 40.

« Au lieu de créer, un service moderne de sécurité high-tech, Nalyvaichenko propose de reprendre les méthodes très contestables d’il y a 80 ans », a écrit Dolinsky, notant cela semble inclure les « comportements et les actions de l’UPA contre les Juifs et les Polonais ».

Selon Yad Vashem, l’UPA sous la direction de Stephan Bandera « considérait les Soviétiques et les Juifs comme leurs principaux ennemis ».

Dolinsky a également rappelé qu’il y a plusieurs années, le service de sécurité dirigé par Nalyvaichenko avait publié une liste « qui était entièrement constituée des noms de famille juifs » des personnes qui auraient été responsables de la famine qui avait tué des millions d’Ukrainiens dans les années 1930.

Dans une interview avec les médias locaux il y a quelques semaines, Nalyvaichenko avait déclaré que le service de sécurité « n’a pas besoin d’inventer quelque chose de nouveau, il est important de s’appuyer sur les traditions de l’Organisation des nationalistes ukrainiens et de l’UPA dans les années 1930 à 1950 ».

La popularité de l’UPA – qui avait en son temps collaboré avec l’occupation nazie laquelle soutenait les ambitions de l’UPA contre la souveraineté de l’Union Soviétique – a grimpé en flèche en Ukraine depuis 2013 où une révolution a conduit à un conflit armé avec les milices pro-russes à l’Est de l’Ukraine.

Il y a quelques semaines, le Parlement ukrainien a adopté un projet de loi qui a ouvert la porte à la reconnaissance par l’Etat de l’UPA, précédemment un tabou en raison des nombreux crimes de guerre commis par ses troupes.

Le Centre Simon Wiesenthal a condamné ce projet de loi et une autre mesure bannissant les symboles tant communistes que nazis – un geste que le centre interpréte comme assimilant les deux régimes.