Rami Hamdallah, le Premier ministre de l’Autorité palestinienne (AO), a rencontré le chef de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), pour tenter de mettre un terme au conflit sur la modification de la représentation d’Israël du programme scolaire palestinien.

La rencontre de lundi avec le chef de l’UNRWA, Pierre Krahenbuhl, a eu lieu trois jours seulement après que le ministère de l’Education de l’AP a annoncé qu’il suspendait ses liens avec l’UNRWA en raison des projets évoqués par l’agence internationale pour adoucir l’image d’Israël dans ses programmes, qualifiant ce projet « d’affront au peuple palestinien, à son histoire et à ses luttes ».

L’UNRWA accueille plus de 312 000 élèves dans ses écoles à travers la Cisjordanie et Jérusalem Est (50 000) et dans la bande de Gaza (262 000).

L’agence des Nations unies n’a pas officiellement publié de projet de modification du programme, mais des divulgations publiées dans la presse arabe sur ces possibles modifications ont entraîné un scandale ces dernières semaines à Gaza et en Cisjordanie.

Lors de la rencontre, Krahenbuhl « a abordé un malentendu public récent sur cette question », selon un communiqué de l’UNRWA publié sur son site internet.

Pierre Krähenbühl aux Nations unies, le 10 novembre 2015. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Pierre Krähenbühl aux Nations unies, le 10 novembre 2015. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Krahenbuhl a déclaré que l’UNRWA a pour politique d’enseigner les programmes scolaires des pays hôtes dans ses écoles, et cela inclut le programme palestinien.

« Cela inclut le programme de l’Autorité palestinienne et Pierre Krahenbuhl a précisé que l’UNRWA n’avait pas l’intention de changer cette pratique », pouvait-on lire dans le communiqué

Pourtant, précisait le communiqué, « c’est une pratique de longue date de l’UNRWA de revoir les nouveaux manuels et de produire des matériels pédagogiques enrichissants, qui concerne un pourcentage limité du contenu pour s’assurer du respect des valeurs des Nations unies et des accords internationaux. »

Cela serait fait en concertation avec l’Autorité palestinienne « et en reconnaissance totale du droit des élèves palestiniens à connaître leur identité, leur histoire et leur culture. »

Ce matériel « enrichi » est fourni par l’UNRWA aux enseignants dans ses écoles et il peut être utilisé dans des cas où le contenu d’un manuel du pays ne répond pas aux standards des Nations unies.

Ainsi, par exemple, si un manuel de l’AP pose une question mathématique qui demande à des élèves de primaire de résoudre un problème sur le nombre de « martyrs » lors de la seconde Intifada, le matériel de l’UNRWA pourrait avoir une question alternative pour les enseignants dans ce cas.

Malgré la suspension des relations, le communiqué de l’UNRWA précisait que les deux parties étaient d’accord pour une rencontre supplémentaire entre l’UNRWA et le ministre de l’Education de l’AP.

Des écolières palestiniennes d'une école de l'UNRWA dans la bande de Gaza. Illustration. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Des écolières palestiniennes d’une école de l’UNRWA dans la bande de Gaza. Illustration. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

L’UNRWA n’a publié aucun projet de modification, mais selon des médias arabes, elles incluent des révisions des cartes de la Palestine pour exclure les références aux villes qui sont en Israël comme des villes palestiniennes, une pratique que des détracteurs ont qualifié « d’incitation à la haine ».

D’autres changements auraient été préparés pour diminuer l’éloge des prisonniers palestiniens et améliorer l’image d’Israël.

Selon un rapport publié en mars par le COGAT, le Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires, l’agence du ministère de la Défense israélien responsable des affaires civiles en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, « l’UNRWA […] cherchait à modifier les manuels dans les cas où le contenu montrait des préjugés de genre, un manque d’objectivité et incitait à la violence contre Israël. »

Le gouvernement israélien, le département d’Etat américain et des organisations indépendantes accusent depuis des années le système scolaire palestinien, y compris l’UNRWA, d’éduquer les enfants palestiniens à la haine d’Israël et au soutien de la violence.

Le COGAT a salué les changements proposés dans un effort « de créer un programme équilibré et positif avec des valeurs universelles, sans violence ni incitations à la haine. »

Image tirée d'un manuel scolaire palestinien publiée dans un rapport d'avril 2017. (Crédit : capture d'écran)

Image tirée d’un manuel scolaire palestinien publiée dans un rapport d’avril 2017. (Crédit : capture d’écran)

Un rapport publié ce mois-ci par l’Institut de suivi de la paix et de la tolérance culturelle dans l’éducation scolaire, a conclu que le programme élémentaire 2016-2017 de l’AP « enseigne aux étudiants à être des martyrs, diabolise et nie l’existence d’Israël, et se concentre sur le ‘retour’ à une patrie exclusivement palestinienne. »

Le gouvernement israélien affirme depuis longtemps que la haine ancrée dans les manuels scolaires palestiniens est le principal facteur du terrorisme contre les Israéliens. La question a récemment pris une plus grande importance car des membres du Congrès américain ont de réduire l’aide versée à l’AP si l’incitation à la haine ne cessait pas.