Le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman a promis le soutien de Jérusalem dans les efforts américains pour lutter contre les djihadistes de l’Etat islamique dans la région, expliquant lors d’une rencontre avec son homologue américain John Kerry, mercredi soir, qu’Israël faisait face à un terrorisme du même acabit avec le Hamas.

La rencontre entre les deux hommes à Washington intervient un jour après que Kerry ait conclu une tournée de plusieurs jours à travers le Moyen-Orient et en Europe.

Ce voyage devait permettre d’obtenir le soutien d’une coalition afin de contrer les agissements de l’Etat islamique, qui s’est emparé de larges zones en Irak et en Syrie et a augmenté le niveau d’alerte terroriste dans le monde.

Liberman a affirmé à Kerry qu’« Israël soutient les Etats-Unis et ses efforts visant à créer un large front international dans la guerre contre l’État Islamique ; Israël est donc prêt à aider les États-Unis s’ils le souhaitent » selon un communiqué du bureau de Liberman.

Le communiqué faisait également savoir qu’Israël « garde à l’esprit qu’il y a des sensibilités diverses au sein des pays qui y participent et que cela se fait en coordination avec les Etats-Unis », une allusion à un certain nombre de pays arabes qui ont assuré les Etats-Unis de leur soutien.

Israël devrait jouer normalement les seconds rôles dans la lutte contre le groupe djihadiste. Plus tôt au cours du mois, Reuters a rapporté qu’Israël avait secrètement fourni aux États-Unis des photos satellites des positions de l’État islamique, qui ont ensuite été transmises à d’autres pays.

Dimanche, le ministre des Affaires stratégiques Yuval Steinitz avait déclaré qu’Israël avait peu de chances de jouer un rôle direct contre le groupe terroriste, mais seulement si la Jordanie le demandait, Israël interviendrait.

Liberman a également comparé l’État islamique au Hamas, le groupe terroriste de Gaza contre lequel Israël a mené une sanglante guerre de 50 jours au cours de l’été, et expliqué à Kerry que la bataille contre le terrorisme était la plus importante à laquelle il fallait faire face aujourd’hui.

« En fin de compte, ce terrorisme n’a qu’un seul but : la destruction de la civilisation occidentale » a estimé Liberman, ajoutant que seules la terminologie et la méthodologie entre le Hamas et l’Etat islamique créaient des différences entre les deux.

Il a également déclaré qu’Israël ne devait pas négocier avec le Hamas, malgré l’existence de pourparlers indirects en Egypte sur un cessez-le-feu à long terme dans la bande de Gaza.

La déclaration se voulait un écho des affirmations de Benjamin Netanyahu selon lesquelles les deux groupes sont « des branches distinctes d’un même arbre empoisonné ». Cependant, elle allait à l’encontre de l’évaluation d’un officier supérieur de Tsahal, qui a déclaré mercredi que l’on pouvait négocier avec le Hamas et le Hezbollah libanais tandis que cela était impossible avec l’État islamique.

Un officier du renseignement militaire a déclaré mercredi qu’Israël contribuerait probablement à l’effort mondial contre l’Etat islamique en cas de demande, mais a maintenu que les djihadistes ne posaient pas de menace immédiate pour l’Etat hébreu.

Lors de la réunion, Liberman a demandé Kerry d’annuler un avertissement à destination des voyageurs américains en Israël, disant au secrétaire d’Etat qu’il n’y avait aucun danger pour la sécurité des visiteurs depuis la fin de la campagne militaire dans la bande de Gaza.

Ajoutant que les Israéliens considèrent les États-Unis comme leur plus grand allié, Liberman a également réitéré la position d’Israël sur les négociations nucléaires entre l’Iran et les six puissances mondiales, y compris les Etats-Unis, demandant à Kerry de rester ferme dans les négociations, qui devraient redémarrer jeudi, et de maintenir les sanctions contre le régime en place.

Marissa Newman et Spencer Ho ont contribué à cet article.