Un bateau de pêche de Gaza qui devait tenter de briser en juin le blocus maritime israélien a été fortement endommagé mardi par une explosion au port, ont annoncé les organisateurs de cette opération en accusant Israël.

« L’Arche de Gaza », un gros bateau de pêche censé transporter des marchandises et plus de 100 passagers vers l’Europe, présentait de gros dégâts et un quart de l’embarcation a coulé après l’explosion, survenue vers 03H45 (00H45 GMT).

« Une personne anonyme a appelé le garde et lui a dit de partir parce qu’ils prévoyaient de détruire le bateau. Il a eu très peur et s’est enfui », a déclaré à l’AFP le responsable du projet Mahfouz Kabariti, précisant que le garde se trouvait à 200 mètres au moment de l’explosion.

« Nous accusons Israël parce que nous avons de très mauvaises expériences avec eux dans le passé de destruction de plusieurs bateaux de solidarité », a-t-il ajouté. En 2011, deux navires avaient été mystérieusement endommagés en Grèce avant une tentative de briser le blocus de Gaza.

« Nous sommes convaincus qu’Israël l’a fait parce que nous nous préparons à un voyage test la semaine prochaine, avant la principale traversée prévue le 15 juin », a-t-il ajouté.

Interrogée, l’armée israélienne a affirmé n’avoir aucune connaissance de cet incident.

Des Palestiniens et des militants étrangers travaillent depuis plus d’un an sur projet.

« L’Arche de Gaza et tous nos partenaires au sein de la Coalition de la flottille de la liberté réfléchissent à la prochaine étape en réaction à cet acte lâche de terrorisme », a déclaré un des organisateurs, David Heap, assurant que la mobilisation des militants ne faiblissait pas.

Israël impose un blocus terrestre, maritime et aérien à la bande de Gaza depuis la capture en juin 2006 d’un de ses soldats – libéré en 2011. La mesure a été renforcée quand le mouvement islamiste Hamas a pris le contrôle de l’enclave palestinienne en juin 2007.

La quasi-interdiction des exportations, en particulier vers Israël et la Cisjordanie, qui représentaient 85% du marché des produits de Gaza avant 2007, obère tout réel développement, selon les rapports de l’ONU et d’ONG.