Le président Reuven Rivlin a révélé qu’il a mis en garde le Premier ministre Benjamin Netanyahu de ne pas affronter les Etats-Unis sur l’Iran car cela se ferait au détriment des intérêts israéliens, notant que des liens étroits avec Washington sont de la plus haute importance pour la politique étrangère israélienne.

Lors d’une interview à Haaretz accordée dans le cadre d’une série d’entretiens accordés à la presse en hébreu, Rivlin a critiqué le comportement de Netanyahu, affirmant que « des conflits, même quelques uns, qui au final risquent de se faire au détriment de l’Etat d’Israël, sont des choses sur lesquelles nous devons être très prudents et sur lesquelles nous devons nous retenir personnellement ».

Ses propos ont été publiées jeudi, lors de la dernière tentative en date des relations publiques de Netanyahu d’influencer l’opinion publique américaine contre l’accord nucléaire conclu le mois dernier entre les puissances mondiales et l’Iran. Netanyahu a appelé mardi les dirigeants juifs américains à s’opposer à l’accord. Plus tôt dans l’année, il s’était rendu à Washington et a prononcé un discours contre un « mauvais accord » avec Téhéran devant le Congrès.

Rivlin a décrié le conflit entre Netanyahu et le président américain Barack Obama sur la question de l’Iran. « Nous avons aussi besoin du monde, même si, à de nombreuses reprises, nous n’avons pas été d’accord avec lui », a-t-il dit, faisant allusion à l’approche ‘nous agirons seuls’ de Netanyahu sur le programme nucléaire controversé de la République islamique, qu’il étale aux visages des Etats Unis et de l’Union européenne.

«Il y a trois principes dans la politique étrangère d’Israël », a expliqué Rivlin à Haaretz.

« Premièrement, les relations avec les États-Unis ; deuxièmement, les relations avec les États-Unis; et le troisième principe – les relations avec les Etats-Unis ».

« Netanyahu doit se réconcilier avec Obama », a ajouté Rivlin sur le même sujet dans une interview accordée au quotidien Yedioth Ahronoth.

Rivlin s’est adressé à la presse à la fin de sa première année de mandat, une année qui a vu un pic dans l’extrémisme de droite en Israël et de fréquentes flambées de violence entre Israël et les Palestiniens. Il a abordé, en particulier, l’incident de la bombe incendiaire lancée sur une maison palestinienne près de Naplouse qui a tué un bébé et l’attaque au couteau à la Gay Pride de Jérusalem, dans laquelle une jeune fille de 16 ans a été tuée, la semaine dernière.

Rivlin a fustigé sur Facebook les auteurs de l’attaque terroriste contre la maison des Dawabsha, et en réponse a reçu des menaces et des insultes des utilisateurs des médias sociaux, dont certains qui l’ont traité de traître.

« Les auteurs de ces actes nous nuisent plus que quiconque », a déclaré Rivlin dans Yedioth Ahronoth. « De cette façon, ils vont apporter sur nous la destruction ».

« Si nous restons tous silencieux sur ces actes, nous sommes tous complices », a affirmé le président.

Face à des menaces récentes, le président a assuré qu’il ne se laisserait pas dissuader par ceux qui lui veulent du mal.

« Venir et dire de moi que je détruis Israël, que je déteste Israël, c’est un peu insultant », a dénoncé le président au micro de la Deuxième chaîne. Au lieu de cela, il a redoublé de critiques contre les auteurs de l’attaque terroriste sur la maison palestinienne.

« Ils sont inhumains, et s’ils font cela parce qu’ils pensent que c’est leur mission – alors nous sommes dans un état de folie », a-t-il dénoncé sur la chaîne. « Cela n’a pas d’importance si l’acte de terrorisme a été commis par des Juifs, des Arabes, des Chrétiens ou des Musulmans. Nous devons lutter contre le terrorisme car il ronge le bien qui est en nous ».