Une nouvelle vidéo a été diffusée, qui montre des activistes de la Ligue de Défense juive (JDL) qui attaquent des manifestants anti-implantations cette semaine, devant la conférence de l’AIPAC à Washington, dans ce qui ressemble à une agression non-provoquée d’un homme palestinien-américain.

La vidéo, diffusée mardi soir par le magazine +972 de gauche, montre des dizaines de personnes qui brandissent des drapeaux de la JDL, des drapeaux américains et des drapeaux kahanistes devant des manifestants du groupe IfNotNow, un groupe juif d’extrême gauche qui manifestait devant les locaux où se tenait la conférence annuelle du lobby pro-Israël, AIPAC.

Dans l’enregistrement, qui commence au milieu de la bagarre, on y voit un homme à terre, entouré de personnes qui le frappent et qui le battent. L’un des manifestants le frappe avec un drapeau américain. Une manifestante qui a tenté d’intervenir a également été frappée par les activistes.

Les attaquants ont arrêté quand les agents de sécurité les ont séparés des manifestants, parfois en les tirant physiquement pour les éloigner de l’homme à terre.

L’homme a terre a été identifié. Il s’agit de Kamal Nayfeh, un palestinien-américain, père de 4 enfants. Il était venu rendre visite à sa fille Danya, étudiante à l’université Georgetown, à Washington, selon +972.

« Ils l’ont frappé quand ils ont entendu qu’il était palestinien. Il n’était pas menaçant du tout. Il est clair que mon père a été brutalisé uniquement en raison de ce qu’il est », a déclaré Danya Nayfeh dans un communiqué relayé par l’Institute for Middle East Understanding.

Des photos de l’évènement montrent également des activistes de la JDL piétiner un drapeau palestinien.

Manifestants anti-implantations devant le centre de conférence de Washington où se déroule la conférence politique annuelle de l'AIPAC, le 26 mars 2017. (Crédit : Andrew Biraj/AFP)

Manifestants anti-implantations devant le centre de conférence de Washington où se déroule la conférence politique annuelle de l’AIPAC, le 26 mars 2017. (Crédit : Andrew Biraj/AFP)

La Ligue de Défense juive a été fondée à New York par le rabbin ultra-nationaliste Meir Kahane en 1968. EN 2001, le FBI l’a classée comme un « groupe terroriste de droite » violent.

La JDL est venue à la Conférence de l’AIPAC pour contre-manifester face à IfNotNow.

Les affiches et les slogans scandés d’IfNotNow visaient l’AIPAC, qui, selon les manifestants, soutient l’occupation israélienne en Cisjordanie et qui ne s’élève pas avec fermeté contre le président Donald Trump.

Des manifestants brandissaient une bannière sur laquelle on pouvait lire : « les juifs seront libres quand les Palestiniens le seront, rejetons l’AIPAC, rejetons l’occupation ».

La police a autorisé les manifestants à atteindre les portes vitrées du Washington Convention Center. Certains activistes de l’AIPAC se sont arrêtés et ont photographié les manifestants, qui regardaient en arrière, certains en saluant, d’autre en grimaçant.

Manifestants anti-implantations devant le centre de conférence de Washington où se déroule la conférence politique annuelle de l'AIPAC, le 26 mars 2017. (Crédit : Andrew Biraj/AFP)

Manifestants anti-implantations devant le centre de conférence de Washington où se déroule la conférence politique annuelle de l’AIPAC, le 26 mars 2017. (Crédit : Andrew Biraj/AFP)

L’AIPAC ne soutient pas officiellement la présence d’Israël en Cisjordanie et se montre en faveur d’une solution à 2 États pour résoudre le conflit israélo-palestinien, bien que ce soutien soit relativement discret. Le lobby tient les Palestiniens pour responsables de l’arrêt des négociations, et s’abstient de critique la politique israélienne, notamment l’activité dans les implantations.

L’AIPAC a attiré 18 000 activistes pour sa conférence cette année. Le thème était le soutien bipartite à l’égard d’Israël. Parmi les nombreux orateurs, le vice-président Mike Pence, le chef de la majorité républicaine au Congrès, et le chef de la minorité démocrate au Congrès ont pris la parole.

Le JTA a contribué à cet article.