Des Juifs de gauche ont manifesté devant la conférence de l’AIPAC
Des affrontements ont éclaté entre l’association anti-implantation et des activistes de la JDL d’extrême-droite, qui organisaient une contre-manifestation

Plusieurs centaines de manifestants qui se sont coordonnées avec IfNotNow, une association juive anti-establishment, ont passé des heures à danser et à chanter devant la conférence politique annuelle de l’AIPAC à Washington, D.C., dimanche.
Leurs affiches et leurs chants visaient l’AIPAC dont les manifestants dénoncent son soutien à l’occupation israélienne en Cisjordanie, et son absence d’opposition au président américain Donald Trump.
Les manifestants portaient une banderole sur laquelle était inscrit « les Juifs ne seront pas libres tant que les Palestiniens ne le seront pas, rejetez l’AIPAC, rejetez l’occupation ».
La police a autorisé les manifestants à accéder aux portes en verre du Centre de conférence de Washington. Certains militants de l’AIPAC se sont arrêtés et ont pris des photographies des manifestants, pendant que ceux-ci les regardaient, certains faisant même des signes de la main et des sourires.
Over 1000 protesters streaming out of #ResistAIPAC changing "If not now, when," through the Red Sea to our freedom. #JewishResistance pic.twitter.com/io4mMreH7j
— IfNotNow????✡️ (@IfNotNowOrg) March 26, 2017
« Comment pouvons-nous avoir une communauté juive durable dans ce pays et une communauté juive démocratique en Israël » tant que l’occupation persiste, a demandé Jeremy Zelinger, l’un des manifestants. « L’AIPAC ne nous représente pas. »
L’AIPAC ne soutient pas officiellement la présence israélienne en Cisjordanie et préfère une solution à deux états au conflit israélo-palestinien, mais de manière relativement silencieuse. Elle accuse les Palestiniens d’être totalement responsables de l’absence de négociations de paix, et ne critique pas les politiques israéliennes, y compris au sujet des implantations.
Un autre thème de la manifestation était l’échec supposé de l’AIPAC à affronter l’administration Trump sur plusieurs autres sujets, notamment sur ses politiques restrictives concernant les immigrants et les réfugiés. L’AIPAC ne s’est jamais prononcée sur une politique du gouvernement américain qui ne soit pas liée à Israël ou à ses intérêts.
Plusieurs manifestants portaient des affiches représentant l’image de Dona Gracia Nasi, l’entrepreneur juif du 16e siècle qui a utilisé sa fortune pour sauver les Juifs fuyant l’Inquisition. « Réclamez, Réinventez, Résistez », pouvait-on lire sur ces affiches.
Une dizaine de manifestants portant des drapeaux de la Jewish Defense League (JDL) ont occasionnellement affronté les manifestants de gauche dans des altercations parfois violentes, entraînant l’intervention de la police.
Des photographies de l’évènement montraient également des activistes de la JDL piétiner un drapeau palestinien. Le groupe a été fondé par le rabbin d’extrême-droite décédé Meir Kahane, qui défendait un grand Israël et l’expulsion des Palestiniens de Cisjordanie.
L’AIPAC a attiré 18 000 militants à sa conférence politique cette année, la plus grande jamais organisée. Le thème est le soutien bipartisan à Israël, et le vice-président américain Mike Pence ainsi que des élus de Congrès des deux partis étaient présents.







