Rechercher

30 ans après sa libération d’une prison soviétique, le président de la Knesset s’adressera à la Douma

Yuli Edelstein visitera aussi la prison où il avait été détenu en tant que prisonnier de Sion

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Yuli Edelstein, président de la Knesset, pendant la cérémonie officielle de Yom HaAtsmaout, au mont Herzl, à Jérusalem, le 1er mai 2017. (Crédit : Yitzhak Harari/attaché de presse de la Knesset)
Yuli Edelstein, président de la Knesset, pendant la cérémonie officielle de Yom HaAtsmaout, au mont Herzl, à Jérusalem, le 1er mai 2017. (Crédit : Yitzhak Harari/attaché de presse de la Knesset)

Au mois de mai 1987, Yuli Edelstein était arrivé en Israël après avoir passé plus de trois ans dans la cellule d’un centre d’incarcération soviétique en tant que prisonnier de Sion. Très exactement trente ans plus tard, il prévoit d’effectuer un voyage retour à Moscou – cette fois en tant que président de la Knesset israélienne et sur l’invitation du même pays qui l’avait condamné et détenu.

Ce séjour, qui devrait avoir lieu la dernière semaine du mois de juillet, sera le premier d’un président de la Knesset au Parlement russe et comprendra un rare discours qui sera prononcé par Edelstein lors d’une session spéciale de la chambre haute du Parlement de la fédération. Ce discours sera fait à la fois en hébreu et en russe et traitera non seulement des relations israélo-russes, mais aussi de l’expérience personnelle vécue par Edelstein et du voyage qui l’a fait partir de l’Union soviétique vers Israël, selon son porte-parole.

Edelstein sera accueilli en tant qu’invité de la présidente du Conseil de la fédération, Valentina Matviyenko, qui avait lancé l’invitation après une visite réalisée l’année dernière à la Knesset et la signature d’un accord de coopération avec le corps législatif israélien.

Edelstein devrait également rencontré le ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov, le président de la Douma Vyacheslav Volodin et un certain nombre de législateurs. Il s’entretiendra également avec les leaders de la communauté juive de Moscou et visitera le musée juif de la ville et le Centre consacré à la tolérance.

Valentina Matviyenko, à gauche, est saluée par le président de la Knesset Yuli Edelstein durant une visite au parlement israélien (Crédit : Service de communication de la Knesset)
Valentina Matviyenko, à gauche, est saluée par le président de la Knesset Yuli Edelstein durant une visite au parlement israélien (Crédit : Service de communication de la Knesset)

Mais au-delà de ces rendez-vous diplomatiques de haut-niveau, ce voyage aura une signification personnelle pour Edelstein, qui avait été envoyé dans une prison soviétique pour de fausses accusations de possession de drogues après avoir été surpris en train d’enseigner clandestinement l’hébreu.

Alors que sa demande d’immigration en Israël avait été refusée, Edelstein était devenu un éminent prisonnier de Sion et son épouse de l’époque, Tatyana, n’avait eu de cesse de tenter de le faire libérer. Sa libération effective avait eu lieu en mai 1987, à la veille de la Journée israélienne de l’Indépendance.

« Ce sera manifestement une visite spéciale et émouvante. L’objectif est de développer davantage les relations excellentes entre les pays et en particulier les liens que nous avons développé entre la Knesset et le Parlement russe, qui sont meilleurs que jamais », a fait savoir Edelstein dans une déclaration lundi annonçant le voyage.

« Mais on ne peut clairement pas ignorer le symbolisme de cette visite – qui aurait pu ressembler à un rêve il y a seulement quelques années – au cours de laquelle un ancien prisonnier de l’Union soviétique se tiendra à la tribune du parlement de Moscou et prononcera un discours en tant que président de la Knesset israélienne », a-t-il ajouté.

Le prisonnier de Sion Yuli Edelstein, à droite, avec son épouse Tatyana, deuxième à droite, sa fille Yulia, troisième à droite, après leur arrivée à l'aéroport Ben Gourion, en mai 1987 (Crédit : Nati Harnik/GPO)
Le prisonnier de Sion Yuli Edelstein, à droite, avec son épouse Tatyana, deuxième à droite, sa fille Yulia, troisième à droite, après leur arrivée à l’aéroport Ben Gourion, en mai 1987 (Crédit : Nati Harnik/GPO)

Pour marquer ce symbole, peu de temps avant son arrivée au Parlement, Edelstein visitera l’appartement de Moscou où il donnait des cours d’hébreu, le lieu de son arrestation, et la prison dans laquelle il a été détenu avant d’être transporté vers un camp de travail en Sibérie.

Edelstein sera accompagné lors de ce déplacement par une délégation comprenant les législateurs Robert Ilatov (Yisrael Beytenu) et Yoel Razvozov (Yesh Atid) ainsi que le directeur-général de la Knesset Albert Sakharovich.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...