6 statistiques (désolantes) qui décrivent l’économie d’Israël
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6 statistiques (désolantes) qui décrivent l’économie d’Israël

Avec de grands écarts de salaires et de la pauvreté étendue, la nation start-up a oublié beaucoup d'Israéliens

Un vieil homme cherchant parmi les ordures près du marché dans la ville israélienne de Petah Tikva,  le 24 juin 2015 (Crédit : Nati Shohat / Flash90)
Un vieil homme cherchant parmi les ordures près du marché dans la ville israélienne de Petah Tikva, le 24 juin 2015 (Crédit : Nati Shohat / Flash90)

JTA – Il a le taux de pauvreté le plus élevé parmi les démocraties prospères, le quatrième pays où les inégalités de salaires sont les plus importantes et est le septième dans le classement des pays où les gouvernements dépensent le moins en sécurité sociale.

Ce sont certaines des conclusions parmi les conclusions sombres du rapport sur l’état de la Nation, un document annuel sur l’économie et la société d’Israël publié la semaine dernière par le Taub Center for Social Policy Studies, un groupe de réflexion socio-économique. Il y a quelques bonnes nouvelles par-ci par-là, mais le pronostic reste tout de même sombre.

Voici les six chiffres qui dépeignent l’état désolant de l’économie israélienne.

Plus d’un Israélien sur cinq vit en dessous du seuil de pauvreté

En 2015, 22 % des Israéliens vivaient en dessous du seuil de pauvreté, ce qui signifie qu’un enfant israélien sur trois vit également sous le seuil de pauvreté.

En 2011, le chiffre était légèrement meilleur et était de 21 %. Mais même à l’époque, c’était encore le taux le plus élevé de l’Organisation de coopération et de développement économiques, l’OCDE, un groupe de pays les plus riches du monde qui représente la norme de comparaison utilisée par le centre Taub pour son étude.

Plus des trois quarts des hommes juifs ultra-orthodoxes et des femmes arabes israéliennes ne travaillent pas

En 2011, seulement 20,9 % des hommes haredi et 22,6 % des femmes arabes travaillaient. Cela, et avec des taux de natalité élevés, explique pourquoi les Arabes et les Haredi sont les deux communautés les plus pauvres en Israël.

Souvent les femmes arabes ne travaillent pas en raison des pressions culturelles qui les poussent à rester à la maison et la difficulté pour accéder à l’emploi, selon l’étude de Taub. Beaucoup d’hommes ultra-orthodoxes choisissent d’étudier la Torah et de vivre des subventions du gouvernement plutôt que de travailler.

« Les partis ultra-orthodoxes veulent un grand nombre de transferts [d’argent] pour leurs partis, beaucoup d’argent pour leur communauté », a expliqué Avi Weiss, le directeur exécutif de Taub, au JTA. « Quand vous leur donnez cet argent, ils restent assis à la maison ».

Seuls trois pays de l’OCDE ont plus d’inégalités sur le revenu qu’Israël

Israël a fait mieux que la Turquie, le Chili et les Etats-Unis sur les inégalités sur les revenus après impôt en 2011, l’année la plus récente d’une grande partie des données utilisées par Taub. Israël se classe un peu mieux dans les comparaisons avec le revenu brut.

Taub attribue cela à une réduction d’impôt sur le revenu en 2007 qui visait à inciter au retour à l’emploi. Au lieu de cela, la mesure a réduit les recettes fiscales et, avec Israël qui a dépensé autant que la somme qu’elle a perdue pour la défense, cela a laissé peu de ressources pour les allocations sociales.

« Israël ne réduit pas l’écart autant que d’autres pays le font », a précisé Weiss. « Nous payons un taux relativement faible d’impôt par rapport aux pays européens. Si ce qui était important pour les politiciens était de diminuer l’inégalité, une manière d’y arriver serait de mettre en place plus d’impôts ».

Israël a eu un coût de la vie supérieur à la moyenne pendant les 24 des 25 dernières années

Lorsque les Israéliens sont descendus dans les rues pour protester contre le coût de la vie en 2011, les statistiques leur avaient donné raison.

Les Israéliens dépensent plus pour les biens de consommation en comparaison avec les habitants d’autres pays de l’OCDE. Les prix des aliments sont particulièrement touchés par l’inflation, a remarqué Taub, parce qu’il y a trop peu de concurrence entre les producteurs de denrées alimentaires et parce qu’il y a un taux d’importation faible. Dans les secteurs où il y a beaucoup d’importations et une saine concurrence, tels que les meubles, les prix sont restés relativement bas.

Le secteur du high-tech d’Israël a augmenté sa productivité de 66 % depuis 1975

Weiss qualifie Israël de « conte à deux économies ».

Alors que les employés dans le secteur tertiare et peu qualifiés ont une productivité inférieure à la moyenne, les secteurs phares d’Israël, comme son high-tech, sont très performants.

La productivité dans le secteur des services a à peine augmenté depuis 1975, tandis que la productivité dans l’industrie high-tech a augmenté de 66 %. Mais la haute technologie et d’autres secteurs productifs ne représentent qu’un tiers de l’économie israélienne.

Près de 60 % des emplois israéliens pourrait être perdus à cause de l’informatisation des tâches

Comme l’inégalité et la pauvreté, l’informatisation est un défi qui n’est pas propre à Israël. Comme les États-Unis, Israël pourrait voir la plupart de ses emplois automatisés dans les 20 prochaines années. Les travailleurs employés en tant que caissiers ou télévendeurs sont confrontés à un risque élevé d’informatisation alors que les conducteurs de bus pourraient également perdre leur emploi si les voitures d’auto-conduite rentrent sur le marché. Les médecins, les travailleurs sociaux et les professionnels de la création, cependant, seraient probablement en sécurité.

Israël doit relever le défi, a affirmé Weiss, en formant les haredi et les autres qui entrent sur le marché du travail afin de travailler dans des emplois hautement qualifiés qui sont susceptibles de conduire l’économie d’Israël pendant des décennies.

« Vous ne pouvez pas les former dans un domaine où, 10 ans plus tard, ils ne vont plus avoir un emploi », a déclaré Weiss. « Cela ne va pas durer ».

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