A Londres, des juifs ultra-orthodoxes renoncent à interdire aux femmes de conduire
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A Londres, des juifs ultra-orthodoxes renoncent à interdire aux femmes de conduire

La communauté Belz estimait qu'une femme au volant ne respectait pas "les règles de décence"

Des ultra-orthodoxes à tamford Hill - Londres (Crédit : CC BY dcaseyphoto, Flickr)
Des ultra-orthodoxes à tamford Hill - Londres (Crédit : CC BY dcaseyphoto, Flickr)

Des juifs ultra-orthodoxes de Londres sont revenus sur l’interdiction faite aux femmes de leur communauté de conduire leurs enfants à l’école en voiture, après de vives critiques et des risques de poursuites judiciaires, rapporte samedi le Guardian.

Une lettre signée par le « management spirituel » de la communauté Belz, un mouvement né au XIXe siècle à Belz en Ukraine, stipulait qu’une « recrudescence d’incidents (avait été constatée) avec des mères d’élèves qui ont commencé à conduire des voitures, ce qui va à l’encontre de nos règles de décence ».

La lettre envoyée aux parents d’élèves des deux écoles privées gérées par la communauté ajoutait qu' »aucun enfant ne serait admis dans notre école » à partir d’août si la mère les y conduisait en voiture, ce qui avait suscité des critiques virulentes.

« Le directeur d’école a envoyé la lettre au nom des chefs spirituels de la communauté qui n’ont pas pris en compte les implications d’une telle interdiction », a indiqué dans un communiqué retranscrit par le Guardian Ahron Klein, le directeur des deux écoles.

« L’école estime que les femmes ont le choix de conduire ou pas et notre politique est d’accepter tous les enfants qui sont membres de notre communauté, ce que nous faisons depuis 40 ans », a-t-il ajouté.

La communauté réunit environ 400 familles dans le nord de la capitale britannique et compte près de 10 000 familles dans le monde, essentiellement au Canada, en Israël et aux Etats-Unis.

Les auteurs de la lettre précisaient avoir consulté le leader de la communauté en Israël, le rabbin Yissachar Dov Rokeach. « Si une femme conduit une voiture, elle ne peut envoyer ses enfants dans un établissement Belz », aurait préconisé celui-ci.

La ministre britannique de l’Éducation Nicky Morgan avait qualifié l’idée de bannir des enfants de l’école si leur mère les y conduit en voiture de « totalement inacceptable dans la Grande-Bretagne moderne ».

Dina Brawer, représentante au Royaume-Uni de l’Alliance féministe du judaïsme orthodoxe, avait également critiqué une interdiction « honteuse » et « dérangeante ».

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