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Abattage d’un olivier pour Ilan Halimi : l’infraction antisémite non retenue en appel

Comme en première instance, la cour d'appel a relaxé Brahim et Ismaël K. du fait de violation d'un monument dédié à la mémoire des morts commise en raison de la race, l'ethnie, la nation ou la religion

Une stèle commémorative et le tronc d'un olivier, vraisemblablement scié à la tronçonneuse, qui avait été planté en 2011 devant un mémorial dédié à Ilan Halimi, dont la mort avait provoqué un choc général en France, à Épinay-sur-Seine, dans la banlieue parisienne, le 15 août 2025. (Crédit : Dimitar Dilkoff/AFP)
Une stèle commémorative et le tronc d'un olivier, vraisemblablement scié à la tronçonneuse, qui avait été planté en 2011 devant un mémorial dédié à Ilan Halimi, dont la mort avait provoqué un choc général en France, à Épinay-sur-Seine, dans la banlieue parisienne, le 15 août 2025. (Crédit : Dimitar Dilkoff/AFP)

La cour d’appel de Paris a confirmé, mercredi 18 mars, le jugement rendu en première instance au procès des frères jumeaux poursuivis pour avoir abattu, mi‑août à Épinay‑sur‑Seine (Seine‑Saint‑Denis), un olivier dédié à la mémoire d’Ilan Halimi, ne retenant pas l’infraction d’antisémitisme.

Comme en première instance à Bobigny, la cour d’appel a relaxé Brahim et Ismaël K. du fait de violation d’un monument dédié à la mémoire des morts commise en raison de la race, l’ethnie, la nation ou la religion. En appel, Brahim K. a à nouveau assuré qu’il n’avait pas abattu l’arbre et qu’il ne connaissait pas Ilan Halimi.

« Aucun élément ne permet de caractériser la connaissance par les prévenus du nom et de l’histoire d’Ilan Halimi (…) ni l’existence d’une intention de porter atteinte à sa mémoire en raison de son appartenance religieuse », a déclaré la présidente.

Brahim K. a ainsi vu sa peine de huit mois de prison ferme confirmée en appel et son frère Ismaël, absent car expulsé en Tunisie, la peine de huit mois de prison avec sursis pour destruction du bien d’autrui aggravée avec une interdiction du territoire français de cinq ans pour les jumeaux.

Fin octobre, le parquet avait fait appel du jugement de premier instance, dénonçant la relaxe sur les faits de violation d’un monument dédié à la mémoire des morts commise en raison de la race, l’ethnie, la nation ou la religion.

L’olivier, planté en 2011 à Epinay-sur-Seine, à une dizaine de kilomètres au nord de Paris, avait été abattu dans la nuit du 13 au 14 août, quelques jours avant l’interpellation des jumeaux. Les enquêteurs avaient découvert que les téléphones des deux frères bornaient dans le parc la nuit des faits. Leur ADN avait également été prélevé sur des morceaux de pastèque retrouvés autour du tronc coupé. Un fruit, devenu le symbole de la cause du peuple palestinien. Dans le téléphone d’Ismaël K., une vidéo de son frère jouant avec une tronçonneuse à proximité de la stèle avait été retrouvée.

« Pour faire reconnaître aujourd’hui la circonstance aggravante d’antisémitisme, il faut avoir affaire à un néo-nazi avec une croix gammée sur le front », s’est désolé Me Alain Jakubowicz, pour la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), SOS Racisme et l’Union des étudiants juifs de France.

Brahim K. « n’a pas une croix gammée tatouée sur le front, il n’est pas islamiste intégriste, mais est-ce qu’il faut tout ça pour retenir la circonstance aggravante d’antisémitisme ? Je crois que non », avait plaidé Me Alain Jakubowicz.

L’avocat de Brahim K. a lui salué le jugement tout en affirmant que « les responsabilités sont à chercher bien plus loin que les frères K. qui, a minima, ont été instrumentalisés et a maxima, ont été simplement pris pour ce qu’ils étaient, c’est à dire deux malheureux qui traînaient dans un parc ».

Ilan Halimi, 23 ans, avait été séquestré et torturé pendant un mois par le « gang des barbares », avant de mourir en février 2006. Né dans une famille juive modeste d’origine marocaine, le jeune vendeur de téléphones sera piégé par une femme avant d’être séquestré puis torturé à mort dans un appartement situé à Bagneux, dans les Hauts-de-Seine, pendant 24 jours. Il sera retrouvé nu, menotté et agonisant, avec des traces de tortures et de brûlures sur 80 % du corps, au bord d’une voie ferrée du RER C près de la gare de Sainte-Geneviève-des-Bois dans l’Essonne, le 13 février 2006. Il succombera à ses blessures lors de son transfert à l’hôpital, sans jamais parvenir à s’exprimer.

Depuis, plusieurs arbres dédiés à sa mémoire ont été abattus à travers la France. En février dernier, Emmanuel Macron a planté un chêne dans les jardins de l’Elysée.

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