Abattage d’un olivier pour Ilan Halimi : Un an de prison ferme requis en appel contre deux frères jumeaux
En appel, Brahim K. a à nouveau assuré qu'il n'avait pas abattu l'arbre et qu'il ne connaissait pas Ilan Halimi

L’accusation a requis mercredi, devant la cour d’appel de Paris, un an de prison ferme à l’encontre de deux frères jumeaux de 20 ans, accusés d’avoir abattu mi-août 2025 à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) un olivier planté en mémoire d’Ilan Halimi.
Né dans une famille juive modeste d’origine marocaine, le jeune vendeur de téléphones sera piégé par une femme avant d’être séquestré puis torturé à mort dans un appartement situé à Bagneux, dans les Hauts-de-Seine, pendant 24 jours. Il sera retrouvé nu, menotté et agonisant, avec des traces de tortures et de brûlures sur 80 % du corps, au bord d’une voie ferrée du RER C près de la gare de Sainte-Geneviève-des-Bois dans l’Essonne, le 13 février 2006. Il succombera à ses blessures lors de son transfert à l’hôpital, sans jamais parvenir à s’exprimer.
L’avocate générale a estimé les frères coupables d’avoir abattu l’arbre et a retenu l’infraction antisémite, demandant un an de prison ferme avec maintien en détention pour Brahim K., et un an ferme sans mandat de dépôt pour son frère Ismaël K.
Seul Brahim K., 20 ans, condamné en octobre dernier à huit mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Bobigny pour destruction du bien d’autrui aggravée, était présent.
Son jumeau, Ismaël K., condamné à huit mois de prison avec sursis, était lui absent, expulsé vers la Tunisie, après une OQTF (obligation de quitter le territoire français), selon Me Romain Ruiz, l’avocat de Brahim K..
Fin octobre, le parquet avait fait appel du jugement, dénonçant la relaxe sur les faits de violation d’un monument dédié à la mémoire des morts commise en raison de la race, l’ethnie, la nation ou la religion. L’olivier, planté en 2011 à Epinay-sur-Seine à une dizaine de kilomètres au nord de Paris, avait été abattu dans la nuit du 13 au 14 août, quelques jours avant l’interpellation des jumeaux.
Les enquêteurs avaient découvert que leurs téléphones bornaient dans le parc la nuit des faits. Leur ADN avait également été prélevé sur des morceaux de pastèque retrouvés autour du tronc coupé. Un fruit, devenu le symbole de la cause du peuple palestinien. Dans le téléphone d’Ismaël K., une vidéo de son frère jouant avec une tronçonneuse à proximité de la stèle avait été retrouvée.
En appel, Brahim K. a à nouveau assuré qu’il n’avait pas abattu l’arbre et qu’il ne connaissait pas Ilan Halimi.
Brahim K. « n’a pas une croix gammée tatouée sur le front, il n’est pas islamiste intégriste, mais est-ce qu’il faut tout ça pour retenir la circonstance aggravante d’antisémitisme ? Je crois que non », a plaidé Me Alain Jakubowicz, pour la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), SOS Racisme et l’Union des étudiants juifs de France (UEJF).
La décision sera rendue le 18 mars.
Plusieurs arbres plantés en hommage à Ilan Halimi ont été abattus à travers la France. Vendredi dernier, jour anniversaire de la mort d’Ilan Halimi, Emmanuel Macron a planté un chêne dans les jardins de l’Elysée.







