Abbas fustige Netanyahu et Ben Gvir pour avoir ignoré la hausse de la criminalité
Selon le chef de Raam, la pénétration des organisations criminelles dans les administrations locales est généralisée, et certaines autorités sont tombées sous leur contrôle

Lundi, à la Knesset, le chef du parti Raam Mansour Abbas a critiqué le Premier ministre Benjamin Netanyahu, lui reprochant, ainsi qu’au ministre de la Sécurité intérieure Itamar Ben Gvir, de ne pas avoir su lutter contre la hausse de la criminalité, en particulier dans le secteur arabe.
S’adressant à Netanyahu lors d’un débat dit « des 40 signatures », auquel l’opposition peut contraindre le Premier ministre à participer une fois par mois en recueillant auprès des députés le nombre requis de signatures, Abbas a fait valoir que Netanyahu occupait le poste de Premier ministre depuis 2009 et que, « ces 20 dernières années, près de 2 000 citoyens ont été assassinés dans le cadre du phénomène de la vague de criminalité et de violence au sein de la société arabe ».
« Rien que l’année dernière, nous avons dépassé les 250 victimes de meurtres, dont 46 femmes assassinées en Israël », a souligné Abbas, se plaignant que « depuis de nombreuses années, des milliers de citoyens israéliens versent de l’argent à des organisations criminelles pour assurer leur protection, et aucune réponse n’est proposée. La pénétration des organisations criminelles dans les administrations locales est généralisée. Certaines autorités locales sont tombées sous leur contrôle. Ces organisations tentent également de prendre le contrôle de nombreuses entreprises, détruisant ainsi la vie des citoyens ainsi que leurs moyens de subsistance ».
Les Israéliens, a affirmé Abbas, connaissent « une perte de sécurité sur les plans personnel, communautaire, municipal et national », un phénomène qui ne se limite pas à la société arabe. Cette situation constitue « un échec systémique — tant au niveau politique, en termes d’attention, de priorités et d’efforts investis dans cette question, qu’au niveau du fonctionnement quotidien des forces de l’ordre et des autorités publiques en général ».
Netanyahu, s’il a fait de nombreuses promesses pour régler ce problème, n’a toutefois pas pris les mesures appropriées, a insisté Abbas, arguant que ce problème était « avant tout politique ».
Abbas a dit avoir demandé que le député du Likud Eli Dallal soit nommé vice-ministre au ministère de la Sécurité intérieure pour occuper la fonction de « chef de projet pour l’éradication de la criminalité et de la violence », affirmant qu’il ne peut pas travailler avec Ben Gvir, qu’il accuse d’entraver les projets qui visent à lutter contre la criminalité dans le secteur arabe.
« Afin que le Conseil de la Choura des Frères musulmans approuve l’entrée du Raam dans votre gouvernement, vous avez tout simplement cédé à ses exigences », a répondu le Premier ministre à l’opposition. L’une de ces exigences, a-t-il ajouté, est de fermer les yeux sur les gangs criminels arabes, pour leur permettre de prendre le contrôle des gouvernements locaux.
Ces derniers mois, le Raam a pris ses distances du Conseil de la Choura, après que Netanyahu eut indiqué son intention d’interdire l’organisation.
Or, Mansour Abbas, a révélé que Netanyahu avait courtisé son parti en 2021 pour qu’il rejoigne sa coalition.
Israël considère la question de la criminalité et de la violence au sein des communautés arabes « comme un défi national majeur », a assuré le Premier ministre.
Netanyahu a fait remarquer que, la semaine dernière, il avait emmené les responsables de la défense, des services de renseignement et des forces de l’ordre israéliens dans le Neguev pour leur permettre de se faire une idée commune et directe du problème.
« Les organisations criminelles sont des organisations terroristes à tous égards », a-t-il souligné. « C’est ainsi que nous les traitons, et c’est ainsi que nous les combattons. »
Israël est en guerre contre ces gangs, a-t-il assuré, insistant sur les efforts déployés par les forces de sécurité et les nouveaux budgets alloués par l’État juif pour relever ce défi, qui inclut la contrebande d’armes, le racket et les armes illégales.
« Nous sommes déterminés à rétablir l’ordre dans le sud », a-t-il martelé.







