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Allemagne : cinq ans de prison requis contre le plus vieil accusé de crimes nazis

Le procureur général Cyrill Klement estime "entièrement confirmées les preuves de l'accusation", reprochant à Josef Schütz d'avoir fait carrière dans les camps

La photo d'archive montre Josef Shcutz, plus ancien nazi, à la suite du procès du tribunal régional de Neuruppin, le 16 mai 2022. (Crédit : Fabian Sommer/dpa via AP)
La photo d'archive montre Josef Shcutz, plus ancien nazi, à la suite du procès du tribunal régional de Neuruppin, le 16 mai 2022. (Crédit : Fabian Sommer/dpa via AP)

Le parquet allemand a requis mardi cinq ans de prison à l’encontre de Josef Schütz, âgé de 101 ans et plus vieil accusé de crimes nazis, jugé pour les exactions commises lorsqu’il était gardien au camp de concentration de Sachsenhausen.

Poursuivi pour « complicité » dans le meurtre de 3 518 prisonniers lorsqu’il opérait entre 1942 et 1945 dans ce camp situé au nord de Berlin, cet ancien sous-officier des Waffen SS devrait cependant, s’il est condamné, éviter la prison étant donné son état de santé fragile.

Le procureur général Cyrill Klement estime « entièrement confirmées les preuves de l’accusation », lui reprochant de ne pas seulement s’être accommodé des conditions du camp mais d’y avoir fait carrière.

Tout au long du procès, qui a débuté en octobre au tribunal de Brandebourg-sur-la-Havel (est), le centenaire a soutenu qu’il n’avait jamais exercé de responsabilités à Sachsenhausen.

Un homme franchit la porte du camp de la mort nazi de Sachsenhausen avec la phrase « Arbeit macht frei » (le travail rend libre) à Oranienburg, en Allemagne, lors de la Journée internationale de commémoration de la Shoah, le 27 janvier 2019. (Markus Schreiber/AP)

Il assure avoir été ouvrier agricole pendant cette période, malgré des documents qui attestent le contraire.

Pour le procureur, il n’y a « pas de doutes sur le fait que M. Schütz travaillait à Sachsenhausen ».

Le parquet a ainsi requis une peine plus importante que le minimum de trois ans de prison pour complicité de meurtres inscrit dans le code pénal allemand.

M. Schütz est resté impassible à l’annonce de cette réquisition.

Un verdict est attendu pour début juin.

Après avoir longtemps montré peu d’empressement à juger tous les auteurs de crimes nazis, l’Allemagne élargit depuis dix ans ses investigations. Gardiens de camps et autres exécutants de la machinerie nazie peuvent être poursuivis pour complicité de meurtres.

Ces procès d’accusés au seuil de leur vie suscitent également des questions sur le sens d’une justice aussi tardive.

Celui de Josef Schütz a été interrompu à plusieurs reprises en raison de son état de santé.

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