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Alors que la colère monte dans le nord, Netanyahu exhorte les habitants à rester sur place

Les élus locaux dénoncent la réponse de l’État face aux tirs de roquettes incessants du Hezbollah qui poussent les habitants à fuir

Les forces de sécurité israéliennes se rassemblent sur le site d’un tir de missile du Hezbollah qui a visé un bus dans la ville frontalière de Kiryat Shmona, au nord d’Israël, le 23 mars 2026. (Crédit : Jalaa MAREY/AFP)
Les forces de sécurité israéliennes se rassemblent sur le site d’un tir de missile du Hezbollah qui a visé un bus dans la ville frontalière de Kiryat Shmona, au nord d’Israël, le 23 mars 2026. (Crédit : Jalaa MAREY/AFP)

Alors que le Premier ministre Benjamin Netanyahu appelle les maires du nord à freiner le départ des habitants malgré les tirs incessants de roquettes, depuis le Liban, par le groupe terroriste chiite du Hezbollah, les responsables municipaux dénoncent une protection insuffisante des citoyens.

Mercredi, les présidents des conseils locaux du nord ont rencontré les directeurs généraux des ministères pour discuter de la situation.

Netanyahu s’est joint à la réunion via Zoom et a demandé aux maires « de faire tout [leur] possible pour empêcher [les habitants] de quitter les communes ».

Il a reconnu les difficultés rencontrées par les personnes âgées, les personnes en situation de handicap ou ayant des besoins particuliers, qui peinent à rejoindre des espaces protégés dans le court laps de temps disponible lors d’une attaque.

Contrairement aux missiles iraniens, les attaques du Hezbollah ne sont pas précédées d’alertes anticipées, et les habitants du nord ne disposent que de quelques secondes pour rejoindre les abris après le déclenchement des sirènes.

S’adressant à Drorit Steinmetz, directrice générale par intérim du bureau du Premier ministre, Netanyahu a déclaré savoir « qu’il existe des solutions » et qu’elles doivent être mises en œuvre en « temps réel ».

Jeudi, Moshe Davidovich, président du Conseil régional de Mateh Asher et du Forum de la zone de conflit, un groupement regroupant les conseils du nord, a critiqué le gouvernement pour ne pas avoir mis en œuvre un plan existant visant à fournir des structures renforcées aux habitants.

« C’est au gouvernement de nous apporter des réponses pour que nous n’ayons pas à évacuer », a-t-il déclaré à Galei Tzahal, la radio de l’armée.

Moshe Davidovich, chef du Conseil régional de Mateh Asher, devant une carte de la région, dans son bureau, le 23 septembre 2024. (Crédit : Diana Bletter/The Times of Israel)

Il a rappelé qu’en 2018, le gouvernement, alors dirigé par Netanyahu, avait annoncé un projet visant à fournir des abris anti-roquettes aux communautés situées le long de la frontière nord. Il a souligné qu’en 2026, alors que les tirs de roquettes du Hezbollah se poursuivent, des personnes âgées, malades et d’autres habitants ne disposent toujours pas d’une protection adéquate.

« Les gens qui sont chez eux prient. Voilà ce qu’ils font », a-t-il affirmé.

Davidovich a ajouté que, contrairement au conflit de 2023-2024 entre Israël et le Hezbollah, au cours duquel les attaques avaient conduit à l’évacuation d’environ 60 000 habitants du nord jusqu’à la fin des combats, cette fois-ci, les habitants vivent toujours dans les villes, villages et hameaux proches de la frontière avec le Liban.

Le plan de 2018, intitulé « Bouclier du Nord », visait à financer la construction d’abris anti-bombes et de zones renforcées dans des milliers de logements, ainsi que dans près de 5 000 bâtiments non résidentiels dépourvus de telles installations et situés à moins d’un kilomètre de la frontière, rapportait la chaine N12 en avril 2023. Selon ce plan, le gouvernement s’était engagé à verser 500 millions de shekels par an pendant dix ans pour renforcer les bâtiments.

Le budget 2023-2024 n’a alloué que 100 millions de shekels à ce programme.

Mardi, Nuriel Dubin, 27 ans, a été tuée par une roquette près du carrefour de Mahanayim, dans la région de la Haute Galilée.

Nuriel Dubin (Crédit : Autorisation)

Eitan Davidi, chef du moshav de Margaliot, qui a indiqué bien connaître Dubin et sa famille, a déclaré mercredi à la chaîne publique Kan « qu’Israël a laissé notre sécurité personnelle entre les mains du Liban ».

S’exprimant également sur N12, Davidi a indiqué que Dubin, récemment installée à Margaliot, devait se marier en septembre avec son fiancé, rencontré pendant la guerre en cours.

« Ils attendaient ce moment. Ils attendaient ce jour heureux », a-t-il déclaré. « Au lieu d’un mariage, il y a eu des funérailles », a-t-il ajouté en sanglots.

Capture d’écran d’une vidéo du président du moshav Margaliot, Eitan Davidi, lors d’une interview avec N12 sur la situation des communautés frontalières du nord face aux tirs de roquettes du Hezbollah, le 25 mars 2026. (Crédit : N12)

« Nous savions que cela arriverait », a poursuivi Davidi, ajoutant qu’il avait « lancé des appels désespérés aux autorités, partout où il le pouvait » les exhortant à agir face à la situation dans le nord.

« Nous nous battons pour nos foyers. Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir. Mais nous n’avons aucun soutien de notre pays. Pour réussir, nous avons besoin de l’État. Nous ne pouvons pas y arriver seuls. »

Mercredi également, le maire de Kiryat Shmona, Avichai Stern, a vivement critiqué le gouvernement lors de la réunion avec les directeurs généraux des ministères.

Stern a déclaré que « l’issue de la situation au Liban ou en Iran n’a aucune importance si nous perdons une ville en Israël ».

« Pour la première fois, la ville est tout simplement en train de disparaître », a-t-il ajouté. Selon ses estimations, il resterait environ 10 000 habitants à Kiryat Shmona, qui comptait environ 24 000 habitants selon le Bureau central des statistiques.

« Si la situation perdure encore un mois, il ne restera plus que 10 personnes », a-t-il lancé. « Et ce seront ceux qui sont dans l’incapacité de partir. »

Il a exhorté le gouvernement à évacuer d’urgence les 4 700 foyers de sa ville qui ne disposent pas d’une protection adéquate contre les tirs de roquettes du Hezbollah, ainsi que les personnes âgées, en situation de handicap ou ayant des besoins particuliers.

Les forces de sécurité et de secours israéliennes sur les lieux où un missile tiré depuis le Liban en direction d’Israël a causé des dégâts dans la ville de Kiryat Shmona, au nord d’Israël, le 23 mars 2026. (Crédit : Michael Giladi/Flash90)

Israël et les États-Unis ont lancé une campagne contre l’Iran le 28 février, visant à déstabiliser le régime et à détruire ses capacités nucléaires et balistiques. L’Iran a riposté par des frappes de missiles et de drones dans toute la région. Des groupes soutenus par l’Iran en Irak et au Liban ont également mené des attaques, tandis qu’Israël a frappé des cibles au Liban en réponse aux tirs de roquettes du Hezbollah.

Les bombardements dans le nord se sont poursuivis jeudi, un missile iranien ayant blessé une personne par des éclats, ont indiqué les secouristes.

Selon le Magen David Adom (MDA), l’homme est dans un état léger à modéré, après avoir été touché par des sous-munitions provenant vraisemblablement d’une ogive à fragmentation ou par des débris retombés.

Un petit nombre de missiles, dont un équipé d’une ogive à fragmentation, ont été lancés lors de cette attaque, la quatrième depuis ce matin, déclenchant des sirènes dans le centre et le nord d’Israël, ainsi que dans la région de Jérusalem et en Cisjordanie.

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