Apologie du Hamas et du 7-Octobre à Paris 8 : le gouvernement promet la fermeté
L'université Paris 8 a déclaré faire un signalement au procureur de la République et diligenter une enquête interne, tandis que l'UEJF dit porter plainte

Le gouvernement a promis mercredi d’agir avec fermeté après un rassemblement à Paris 8 la semaine dernière ayant fait l’apologie du Hamas et du massacre du 7 octobre 2023, une nouvelle manifestation d’antisémitisme dans une université depuis la rentrée.
« Un rassemblement aux relents antisémites au cours duquel des intervenants et des participants ont fait l’apologie des actes terroristes du 7 octobre s’est tenu à l’université Paris 8. Un sentiment: le dégoût », s’est indigné le ministre de l’enseignement supérieur Philippe Baptiste mardi soir sur X.
« L’antisémitisme, et son corollaire l’antisionisme, doivent être combattus avec toute la force de la loi. J’envoie dès cet après-midi une instruction aux procureurs de la République pour faire preuve de la plus grande fermeté lorsqu’ils sont saisis de ce type de faits », a renchéri sur X le ministre de la Justice Gérald Darmanin.
« Aucune apologie du terrorisme ne peut être acceptée dans les facultés et écoles françaises », a-t-il insisté.
Philippe Baptiste devait recevoir mercredi le président de Paris 8 pour « comprendre comment un tel événement a pu se tenir sur son campus alors même que des consignes de vigilance et de fermeté ont été passées à plusieurs reprises ».
Dans un communiqué, l’université affirme avoir « signalé (mercredi) les éléments portés à sa connaissance au procureur de la République, en application de l’article 40 du Code de procédure pénale », et lancé « une enquête » interne.
???? On est allés à un évènement d'ultragauche organisé sur le campus @univparis8 quelques jours après le cessez-le-feu à Gaza. Apologie du terrorisme, incitation à la violence : ce qu'on a documenté interroge sur le laisser-faire de l'administration et de la justice. ???? ⤵️ pic.twitter.com/mGCM00tXL2
— LEON le média (@leonlemedia) October 21, 2025
Le parquet de Bobigny, saisi par la rectrice, a immédiatement ouvert une enquête, confiée à la brigade de la répression de la délinquance contre la personne, a-t-il indiqué.
De son côté, l’Union des étudiants juifs de France (UEFJ) a fustigé sur X: dans un amphithéâtre de Paris 8, on « applaudit le Hamas et on revendique le 7 octobre. L’apologie du meurtre et du terrorisme n’a pas sa place à l’université. L’UEJF porte plainte » pour apologie du terroriste et incitation à la haine.
Philippe Baptiste et l’UEJF ont partagé une vidéo de « Leon le média » – qui se présente comme un ‘média engagé, une histoire juive pour vous’ – sur un « événement d’ultra-gauche organisé sur le campus de l’université Paris 8 ».
La vidéo retransmet un événement à l’appel de plusieurs organisations, dont la Fédération syndicale étudiante, organisé le 15 octobre à l’université Vincennes-Saint Denis.
Yonathan Arfi, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), a reposté ce même document.
Dérapages prévisibles
Invoquant l’intervention d’une des participantes de ce rassemblement: « ‘Condamnez-vous le 7 octobre? NON!' »: Yonathan Arfi écrit qu' »il ne s’agit pas des cris d’une foule à Gaza mais ceux d’étudiants français à une conférence propalestinienne à Paris 8″ et demande « des sanctions exemplaires.
Interrogé par l’AFP, Yossef Murciano, président de l’UEJF, a estimé que cet événement aurait pu être bloqué en amont. Cette conférence du 15 octobre était « initialement présentée sous un autre format, avec un autre programme », a expliqué l’université dans un communiqué.
Mais pour Yossef Murciano il est « urgent que les universités prennent des mesures fortes avant que les choses ne dérapent ».
Début juillet, le Parlement a adopté une loi pour lutter contre l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur.
Elle prévoit des mesures de sensibilisation et des sanctions disciplinaires et rend obligatoire la désignation dans chaque établissement d’un « référent » dédié à la lutte contre l’antisémitisme et le racisme. Son décret d’application doit être publié d’ici la fin de l’année.
Les actes antisémites ont fortement augmenté en France et dans le monde depuis l’attaque sans précédent du 7 octobre 2023 par le groupe terroriste palestinien islamiste du Hamas en Israël et la guerre qui s’est ensuivie.
Des dérives antisémites ont été dénoncées dans plusieurs universités dans le cadre de manifestations propalestiniennes, notamment à Sciences Po Paris, dans le sillage du 7 octobre 2023.
Un fragile cessez-le-feu est entré en vigueur à Gaza le 10 octobre.
Yossef Murciano estime que les « pro-Palestiniens sincères qui demandaient un cessez-le-feu sont satisfaits » mais que « la minorité antisémite au sein du mouvement augmente en radicalité ».
Des incidents antisémites visant des étudiants ont eu lieu depuis la rentrée universitaire dans plusieurs universités en France dont Paris 1 et Sorbonne Université.
Les associations l’Union étudiante et la Fage, et France Universités, association de dirigeants d’établissement de l’enseignement supérieur, n’avaient pas répondu dans l’immédiat aux demandes de commentaires de l’AFP.







