Après le drame, des milliers de personnes tentent de quitter le mont Meron
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Après le drame, des milliers de personnes tentent de quitter le mont Meron

La colère est montée face aux embouteillages, les familles tentant de rentrer avant Shabbat ; de nombreux bus ont été bloqués sur les routes en raison du manque d'organisation

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

La foule tente de quitter, dans des bus, le mont Meron suite à une bousculade meurtrière, le 30 avril 2021. (Crédit : Judah Ari Gross/Times of Israel)
La foule tente de quitter, dans des bus, le mont Meron suite à une bousculade meurtrière, le 30 avril 2021. (Crédit : Judah Ari Gross/Times of Israel)

MONT MERON — La file de bus s’étend à bien plus d’un kilomètre du tombeau du rabbin Shimon Bar Yochai en cette matinée de vendredi, n’avançant que par intermittence vers le site du pèlerinage pour emmener la foule désorganisée et désorientée – hommes et femmes, jeunes et moins jeunes – qui attend de pouvoir quitter le site suite au mouvement de foule géant qui a eu lieu dans la nuit.

Cette exode massif, quelques heures après la catastrophe, rajoute à la confusion et à la frustration, alors que la police tente de réunir les milliers de personnes se trouvant sur la montagne pour leur faire rejoindre les bus qui pourront les ramener chez eux, dans les centres ultra-orthodoxes majeurs, à Jérusalem, Beit Shemesh, Bnei Brak, Tibériade et Safed, ou vers les gares routières et ferroviaires avoisinantes. De son côté, contribuant à cet effort collectif, Israel Railways a envoyé treize trains supplémentaires, qui, chacun d’entre eux, pourront accueillir des centaines de personnes, à la gare de Carmiel, la plus proche du lieu de pèlerinage.

Ce qui a toujours été une opération difficile en termes logistiques – en raison de l’étroite route à voie unique qui entoure le mont Méron – est aujourd’hui encore plus délicat en l’absence d’une coordination, d’une planification et d’une gestion des départs de la part des autorités sur le site, selon les pèlerins et les policiers présents sur le lieu de la tragédie.

« On ne nous donne aucune orientation. Normalement, il y a quelqu’un, en bas de la colline, qui doit être en charge des opérations mais je ne sais pas, en fait. On tente de retenir les gens qui sont là, pour laisser la voie libre à l’arrivée des bus, mais… », a confié un policier au Times of Israël, haussant les épaules en signe d’impuissance.

Sans panneaux clairement installés pour diriger la foule vers les différents bus, les gens ont arrêté les cars, sur la route, pour leur demander leur destination malgré les appels lancés par la police à les laisser passer, ce qui a ralentit encore l’opération.

« Si vous ne retournez pas sur le trottoir, vous serez encore là pour Shabbat », a crié un agent de police en s’adressant aux personnes qui se tenaient là, faisant référence au fait que les Juifs religieux ne montaient pas en voiture et qu’ils n’utilisaient pas l’électricité pendant la journée de repos juive.

Une file de bus s’étend sur plus d’un kilomètre vers le mont Meron pour permettre le départ des milliers de personnes bloquées sur le site suite à une bousculade meurtrière, le 30 avril 2021. (Crédit : Judah Ari Gross/Times of Israel)

Les tensions persistantes entre les pèlerins et la police restent palpables cet après-midi – et des individus interpellent vivement les agents par moment, leur disant qu’ils devraient avoir honte de ce qui est arrivé. Une accusation qui semble être fondée sur une rumeur qui a beaucoup circulé, celle que la police avait initialement bloqué la sortie de la zone où le mouvement de foule a eu lieu, aggravant encore davantage la situation. La police a démenti avec vigueur cette accusation, affirmant que toutes les sorties concernées étaient toujours restées accessibles et ouvertes.

Ce départ hasardeux et mal géré du mont Meron – suite à la bousculade qui a fait 45 morts, notamment des enfants, et plus de 150 blessés – montre le cauchemar logistique évident que représente ce rassemblement annuel au tombeau de Bar Yochai à l’occasion de la fête de Lag B’Omer.

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