Aymeric Caron porte plainte contre Sébastien Lecornu après ses propos au CRIF
Le député LFI a annoncé le dépôt d’une plainte contre le Premier ministre français, qu’il accuse de lui avoir attribué une phrase qu’il assure n’avoir jamais prononcée

Le député de Paris Aymeric Caron, membre du parti d’extrême-gauche de La France insoumise (LFI), a annoncé vendredi le dépôt d’une plainte pour diffamation contre le Premier ministre Sébastien Lecornu. Il reproche au chef du gouvernement de lui avoir attribué « une phrase digne des nazis » qu’il assure n’avoir « jamais prononcée ».
La séquence remonte au 40ᵉ dîner du CRIF à Paris. Devant les représentants de la communauté juive, Sébastien Lecornu a dénoncé l’émergence de « nouveaux antisémites », visant notamment « un chroniqueur médiatique, devenu député de la République » qui aurait affirmé qu’« ils ne font pas partie de la même espèce humaine que nous ». Une formulation que le Premier ministre a jugée révélatrice d’« ambiguïtés soigneusement entretenues ».
Même si le nom d’Aymeric Caron n’a pas été explicitement cité, la référence semblait claire. L’élu avait publié, deux ans plus tôt, un message sur X en réponse à un internaute évoquant la guerre à Gaza comme « la question de notre appartenance ou non à la même espèce humaine ». Caron conteste avoir tenu la phrase que lui prête aujourd’hui le chef du gouvernement, estimant que ses propos ont été déformés.
Cette accusation de diffamation intervient dans un contexte déjà lourd de polémiques autour des déclarations du député insoumis.
En mars 2025, le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme (BNVCA) a annoncé avoir saisi le procureur de la République de Paris après une interview accordée sur Sud Radio à Jean-Jacques Bourdin. Aymeric Caron y comparait la campagne militaire israélienne à « une succession d’Oradour-sur-Glane » et affirmait qu’il existait « peu de différences entre les méthodes de l’armée israélienne et celles de l’armée nazie ». Il qualifiait également Gaza de « camp de concentration », tout en estimant que la référence à Auschwitz relevait d’un débat historique.
Après consultation de mon avocat Maître Jean-Christophe Bonte Cazals, j’ai décidé de porter plainte contre le Premier ministre @SebLecornu.
Hier soir au dîner du Crif, celui-ci a tenu à mon encontre des propos extrêmement graves.
Il m’a accusé d’avoir prononcé une phrase digne… pic.twitter.com/k1VvegBPQW
— Aymeric Caron (@CaronAymericoff) February 20, 2026
En octobre 2025, une nouvelle polémique éclatait lorsqu’il écrivait sur X « Pas de différence avec les nazis » en réaction à des propos du ministre israélien de la Défense Israel Katz appelant les habitants de Gaza à évacuer certaines zones. Cette comparaison intervenait alors que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu rejetait à l’ONU tout parallèle entre l’offensive à Gaza et la Shoah.
Lors du même dîner du CRIF, Sébastien Lecornu a par ailleurs annoncé que la proposition de loi portée par la députée Caroline Yadan visant à renforcer la lutte contre l’antisémitisme serait examinée « dès avril » au Parlement. Le texte prévoit notamment l’élargissement du délit d’apologie du terrorisme et la création d’un délit de négation d’un État. « Appeler à la destruction de l’État d’Israël, c’est appeler à la mise en danger vitale d’un peuple », a affirmé le Premier ministre, ajoutant que certains slogans comme « De la mer au Jourdain » reviennent à appeler à la disparition d’Israël.
Le président du CRIF, Yonathan Arfi a cité nommément plusieurs élus LFI, dont Aymeric Caron, dénonçant un « danger existentiel pour les Français juifs ». Il a appelé la gauche « responsable » à rompre avec La France insoumise, évoquant un climat marqué par « un antisémitisme d’atmosphère » et rappelant que 1 320 actes antisémites ont été recensés en 2025.







