Bennett et Saar auraient promis que les implantations ne seraient pas gelées
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Bennett et Saar auraient promis que les implantations ne seraient pas gelées

Le président du Conseil de Yesha a dit au ToI que les députés Yamina et de Tikva Hadasha lui avaient assuré que les constructions continueraient normalement dans les implantations

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le président du Conseil Yesha, David Elhayani, devant le bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 21 juin 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le président du Conseil Yesha, David Elhayani, devant le bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 21 juin 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Les députés de droite du futur « gouvernement d’unité » ont promis aux chefs d’implantation qu’un gel des constructions au-delà de la ligne verte n’était aucunement d’actualité, a commenté un maire de Cisjordanie, jeudi.

« S’il doit y avoir un gel, alors il n’y aura pas de gouvernement » : Tel a été le message transmis par d’éminents députés des formations Yamina et Tikva Hadasha, a expliqué David Elhayani, à la tête du Conseil régional de la vallée du Jourdain et président de l’organisation-cadre des maires d’implantation, le Conseil de Yesha.

Au cours d’un entretien téléphonique accordé au Times of Israel, Elhayani a expliqué sa décision d’apporter son soutien au gouvernement que le leader de Yamina, Naftali Bennett, et que le dirigeant de Yesh Atid, Yair Lapid, tentent actuellement de rassembler. Ce positionnement le place en marge de presque tous les autres chefs d’implantation qui, pour certains, ont condamné férocement la coalition naissante – qui, selon le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sera incapable de défendre les intérêts du mouvement pro-implantations. D’autres ont préféré ne pas s’exprimer sur le sujet.

« Moi – c’est ce qui me différencie des autres – je ne pense pas que ce gouvernement portera préjudice au mouvement pro-implantations », a dit Elhayani. « [le président de Tikva Hadasha] Gideon Saar, Naftali Bennett et [le leader de Yisrael Beytenu] Avigdor Liberman sont très engagés à droite ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) à la Knesset le 29 juillet 2013. Naftali Bennett (à gauche) et Gideon Saar sont assis au premier plan. (Miriam Alster/FLASH90)

Les chefs de droite, dans la coalition, ont conclu des accords avec Lapid pour s’assurer qu’en plus d’un non-gel des constructions, l’instance chargée de constructions au sein de la ministère de la Défense continuera à se rencontrer chaque trimestre – ce qui signifie que les constructions en Judée-Samarie ne seront pas interrompues », a dit Elhayani.

Toutefois, dans l’intervalle, ce panel – qui est connu sous le nom de sous-commission de haute planification au sein de la Commission civile – ne s’est pas réuni en presque cinq mois. Lorsque les dirigeants d’implantation ont évoqué le sujet, au début de la semaine, avec le ministre de la Défense Benny Gantz, aucune réponse claire ne leur a été donnée, a noté Elhayani.

Elhayani a indiqué que Gantz – qui devrait conserver son poste de ministre de la Défense dans le nouveau gouvernement – avait semblé suggérer qu’il prendrait lui-même les décisions sur les constructions dans les implantations et qu’il ne laisserait pas la question entre les mains de Bennett ou de Saar.

Certains dirigeants du mouvement pro-implantations ont exprimé leur crainte que Gantz ne mette les constructions en suspens.

« Moi seul prendrai des décisions sur les constructions dans les implantations et moi seul négocierai avec les Américains sur les questions liées à la Judée-Samarie (Cisjordanie) », aurait dit Gantz, selon Elhayani. Gantz, dont le ministère supervise la sous-commission de haute-planification, se trouvait jeudi à Washington pour des entretiens avec des responsables américains – des réunions au cours desquelles le sujet des constructions dans les implantations a probablement été évoqué.

Tandis qu’un accord conclu avec l’administration Trump avait déterminé, de manière informelle, que l’instance du ministère de la Défense se rencontrerait quatre fois par an pour approuver des plans de construction, il s’est parfois passé bien plus de trois mois entre les sessions – en particulier dans des périodes diplomatiquement sensibles, comme cela a été le cas l’année dernière lors de la conclusion de plusieurs accords de normalisation des liens conclus entre Israël et les pays arabes. L’entrée à la Maison Blanche du président Joe Biden semble avoir été un autre moment délicat – et Israël s’est inquiété, dans ce contexte, d’approuver de nouvelles constructions en Cisjordanie qui, selon l’administration du nouveau président américain, rendent plus compliquée la réalisation d’une solution à deux états.

Le président américain Joe Biden dans la salle à manger d’État de la Maison Blanche, à Washington, le 4 mai 2021. (AP Photo/Evan Vucci)

Certains dirigeants du conseil de Yesha ont critiqué avec force la conduite de Gantz et affirmé qu’elle signalait les politiques à venir si le gouvernement Bennett-Lapid était amené à prêter serment.

Dans un entretien accordé mercredi au site d’information Arutz Sheva, le directeur-général du Conseil de Yesha, Yigal Dilmoni, a déclaré que Gantz était responsable de l’échec du gouvernement sortant à adopter une loi qui aurait légalisé des dizaines d’avant-postes en Cisjordanie.

« Si c’est ça qui va arriver à l’avenir, alors ce gouvernement sera dangereux pour le mouvement pro-implantation et il serait préférable qu’il ne voie pas le jour », a déclaré Dilmoni, qui n’est pas maire d’une implantation de Cisjordanie mais salarié à plein-temps du Conseil de Yesha.

« Nous demandons que cela se termine une fois pour toute – et immédiatement. Il ne faut pas donner à Benny Gantz la responsabilité des constructions en Judée-Samarie », a-t-il ajouté.

Pour sa part, Elhayani a reconnu que Gantz n’avait pas apporté de réponse sur les politiques qui seraient mises en œuvre par le prochain gouvernement concernant les implantations, mais le conseil de Yesha a souligné les promesses faites par les membres de droite de la coalition.

Le directeur du Conseil de Yesha, Yigal Dilmoni, s’adresse aux journalistes depuis l’implantation d’Ateret, le 16 juin 2020. (Jacob Magid/Times of Israel)

Le futur gouvernement sera-t-il une bonne chose pour le développement du mouvement pro-implantations ? A cette question, Elhayani a répondu, laconique, « le temps nous le dira » – ajoutant que les gouvernements successifs dirigés par Netanyahu depuis plus d’une décennie – qui se sont toujours dits à droite – ont pris des initiatives défavorables au mouvement pro-implantations.

Le Conseil de Yesha a souligné un discours prononcé par Netanyahu à l’université Bar-Ilan, en 2009, au cours duquel il avait exprimé son soutien à la solution à deux États, au gel des constructions, dans les implantations – un gel qu’il avait accepté sous l’administration Obama quand la sous-commission de Haute-planification ne s’était pas réunie. Il a aussi évoqué l’élimination de trois avant-postes israéliens en Cisjordanie, la non-démolition du hameau bédouin de Khan al-Ahmar et le plan de paix de Trump soutenu par Netanyahu – qui, selon Elhayani, envisageait « un État terroriste palestinien au cœur de l’État d’Israël ».

Sous forme de pique à Netanyahu, Elhayani a convenu qu’un gouvernement d’unité s’exprimant moins mais agissant davantage sur le terrain était préférable à un gouvernement de droite – qui avait beaucoup parlé mais moins agi.

Le chef du Conseil de Yesha a reconnu que l’annexion des implantations de Cisjordanie avait été écartée – « à cause de Netanyahu » – mais il a déclaré que le nouveau gouvernement construirait et développerait encore les implantations en Cisjordanie. « Ce qui n’est pas une mauvaise chose », a-t-il poursuivi.

« Bennett et Saar ont dit que les choses n’avaient pas changé », a expliqué Elhayani. « Ils ont dit qu’ils sauvegarderaient les intérêts du mouvement pro-implantations, que ce soit au niveau budgétaire et au niveau diplomatique ».

Le chef de Yesh Atid, Yair Lapid (G), le leader de Yamina, Naftali Bennett (C) et le leader de Raam, Mansour Abbas, signent un accord de coalition le 2 juin 2021 (Crédit : Raam).

Elhayani a été l’un des quelques maires de Cisjordanie à ne pas apporter son soutien au Likud, se ralliant à Tikva Hadasha, le parti de Saar, avant les élections du 23 mars. Il avait estimé qu’il était impossible de faire confiance à Netanyahu concernant la sauvegarde des implantations.

Il a rejeté par ailleurs l’affirmation faite par le leader du parti Sioniste religieux, Bezalel Smotrich, qui a affirmé que l’entrée de Bennett dans un gouvernement d’unité comprenant des partis de gauche était le début d’une transformation politique similaire à celle qui s’était produite sous l’ancien Premier ministre Ariel Sharon et sous l’ancienne ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni.

Sharon avait évacué la bande de Gaza et Livni avait quitté le Likud pour rejoindre la gauche, se présentant sur une liste d’unité avec la formation Travailliste.

« Je ne pense pas que ce soit le cas », a commenté Elhayani. « On peut le constater dans le parti qu’il a formé et dans les difficultés rencontrées pour prendre la décision de rejoindre ce gouvernement ».

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