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Bennett informé par Biden en avril du maintien des Gardiens iraniens sur liste noire

Un officiel américain confirme que le président américain a demandé à Israël de ne pas rendre publique sa décision, afin de ne pas compliquer les efforts pour rétablir le JCPOA

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique d'Iran (IRGC) défilent lors du défilé militaire annuel marquant l'anniversaire du déclenchement de la guerre dévastatrice de 1980-1988 avec l'Irak de Saddam Hussein, dans la capitale Téhéran, le 22 septembre 2018. (Crédit : Stringer/AFP)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique d'Iran (IRGC) défilent lors du défilé militaire annuel marquant l'anniversaire du déclenchement de la guerre dévastatrice de 1980-1988 avec l'Irak de Saddam Hussein, dans la capitale Téhéran, le 22 septembre 2018. (Crédit : Stringer/AFP)

WASHINGTON – Le Premier ministre Naftali Bennett a révélé mardi que le président américain Joe Biden lui avait fait part le mois dernier de sa décision finale de maintenir le Corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran (IRGC) sur la liste des organisations terroristes étrangères du Département d’État.

Biden a informé Bennett de cette décision lors du dernier appel téléphonique entre les deux hommes en avril, a déclaré le Premier ministre dans un communiqué de son bureau.

Un officiel au courant de la question a confirmé le récit de Bennett au Times of Israel, disant que Biden avait demandé au Premier ministre de ne pas rendre publique sa décision, car Washington espérait encore parvenir à un accord avec l’Iran sur un retour conjoint au respect de l’accord nucléaire multilatéral connu sous le nom de Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA).

L’administration Biden craignait que si sa décision de rejeter la demande iranienne de retirer l’IRGC de la liste était rendue publique, cela compliquerait davantage les pourparlers de Vienne pour le rétablissement du JCPOA, justement dans l’impasse sur cette question.

Bennett n’a publié sa déclaration qu’après la publication par POLITICO, mardi, d’un article citant un haut responsable occidental confirmant que Biden avait pris une décision finale sur la question. Une autre source au fait de la question a déclaré au site d’information que Biden aurait dit à Bennett, lors de l’appel téléphonique du 24 avril, que le moment des concessions envers l’Iran était passé.

Bennett n’a pas enfreint la demande de discrétion de Biden. Selon le compte rendu israélien de l’appel, Bennett aurait dit : « Je suis sûr que le président Biden, qui est un véritable ami d’Israël et se soucie de sa sécurité, ne retirera pas l’IRGC de la liste des organisations terroristes [étrangères] du département d’État ».

Le fonctionnaire proche de cette affaire qui a parlé au Times of Israel a déclaré que le Premier ministre israélien avait en outre coordonné à l’avance sa réponse de mardi avec la Maison Blanche.

Le président américain Joe Biden serre la main du premier ministre israélien Naftali Bennett lors de leur rencontre dans le bureau ovale de la Maison Blanche, vendredi 27 août 2021, à Washington. (Crédit: AP Photo/Evan Vucci)

« Je félicite l’administration américaine, et avant tout mon ami, le président Joe Biden, pour son intention de laisser les Gardiens de la Révolution là où ils doivent être – sur la liste des terroristes », a déclaré Bennett mardi. « Le président Biden est un véritable ami d’Israël qui se préoccupe de sa sécurité et du maintien de sa force. »

Il a ajouté que l’IRGC est « la plus grande organisation terroriste du monde, impliquée dans la direction et l’exécution d’attaques terroristes meurtrières et dans la déstabilisation du Moyen-Orient. »

La décision de Biden est donc « correcte, morale et juste », a-t-il dit.

Au cours du mois dernier, des responsables américains avaient fait des allusions à la position confirmée par Bennett mardi.

« Si l’Iran veut une levée des sanctions qui va au-delà du JCPOA, il devra répondre à nos préoccupations qui vont au-delà du JCPOA », avait déclaré Ned Price, porte-parole du département d’État, lors d’un briefing le 5 mai, lorsque interrogé sur la radiation des Gardiens de la révolution. « Ils devront négocier ces questions de bonne foi avec réciprocité ».

Le porte-parole du département d’État, Ned Price, s’exprime lors d’une conférence de presse au département d’État, le jeudi 10 mars 2022, à Washington. (Crédit : AP Photo/Manuel Balce Ceneta,)

Dans la mesure où l’Iran n’a montré aucune volonté de céder sur les questions non liées au nucléaire, les remarques de Price semblaient déjà alors mettre un terme la possibilité d’un retrait unilatéral de la liste par Washington, même si cela signifiait qu’il faudrait à nouveau convaincre Téhéran de respecter le JCPOA.

« S’ils ne veulent pas utiliser ces pourparlers pour résoudre d’autres questions bilatérales, alors nous sommes convaincus que nous pouvons très rapidement parvenir à un accord sur le JCPOA et commencer à remettre en œuvre l’accord lui-même », a déclaré M. Price aux journalistes.

L’administration Biden cherche à rétablir le JCPOA, qui a été signé en 2015. L’ancien président Donald Trump s’est retiré de l’accord en 2018 et avait mis en place une campagne de sanctions de « pression maximale », saluée par Israël. Téhéran avait répondu en enfreignant graduellement les termes de l’accord, qui offrait à l’Iran un allègement des sanctions en échange de la limitation de son programme nucléaire. Les pourparlers sont au point mort depuis avril en raison de la demande de retrait de l’IRGC de liste noire.

Israël a lancé une campagne publique contre cette décision, mettant en garde contre le danger de récompenser le groupe à l’origine de la mort de milliers de citoyens américains. Les partisans de la radiation disent que c’est un mal pour un bien afin d’assurer la relance du JCPOA, étant donné que cette mesure serait largement symbolique et que les sanctions économiques importantes contre l’IRGC seraient maintenues.

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