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Blinken: États-Unis et Israël « raccord » sur l’Iran malgré des divergences

A Jérusalem, les deux pays ont déclaré "que l’Iran n’acquerrait jamais l’arme nucléaire" ; Lapid a mis l’accent sur la "vision commune de la paix par la force"

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Secrétaire d’État américain Antony Blinken (à gauche) et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid (à droite) lors d’une conférence de presse à Jérusalem, le 27 mars 2022 (Crédit : ministère des Affaires étrangères)
Le Secrétaire d’État américain Antony Blinken (à gauche) et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid (à droite) lors d’une conférence de presse à Jérusalem, le 27 mars 2022 (Crédit : ministère des Affaires étrangères)

Les Etats-Unis et Israël se sont engagés à faire en sorte que l’Iran n’acquière pas l’arme nucléaire, a déclaré le Secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, lors d’une conférence de presse dimanche à Jérusalem, alors que les alliés reconnaissaient leurs divergences sur les négociations avec Téhéran.

« Sur le point le plus important, nous sommes d’accord. Nous sommes tous deux déterminés, tous deux déterminés, à ce que l’Iran n’acquière jamais l’arme nucléaire », a déclaré Blinken aux journalistes depuis Jérusalem, aux côtés du ministre des Affaires étrangères, Yair Lapid.

Par ailleurs, il a déclaré que le Plan d’action global commun (JCPOA) était le meilleur moyen de « remettre le programme nucléaire iranien dans sa boîte », tandis que Lapid réitérait les « désaccords » d’Israël avec Washington sur les négociations visant à relancer l’accord nucléaire de 2015 avec Téhéran.

Israël s’était fermement opposé aux termes de l’accord de 2015 et a déclaré que la réactivation de l’accord initial ne suffirait pas à enrayer la menace iranienne.

Lapid a noté que la force militaire et diplomatique « garantissait la paix », soulignant que les États-Unis et Israël partageaient « une vision de la paix par la force ».

Il a ajouté qu’Israël « fera tout ce qui est nécessaire pour arrêter le programme nucléaire iranien. Absolument tout. De notre point de vue, la menace iranienne n’est pas théorique. Les Iraniens veulent détruire Israël. Ils ne réussiront pas. Nous ne les laisserons pas faire. »

« Le monde ne peut pas se permettre un Iran nucléaire », a martelé Lapid.

Le Secrétaire d’État américain Antony Blinken (à gauche) passe aux côtés du ministre israélien des Affaires étrangères Yair Lapid, après une conférence de presse conjointe au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem, le 27 mars 2022. (Crédit : Jacquelyn Martin / POOL / AFP)

Blinken a également condamné les attaques des Houthis soutenues par l’Iran contre les civils et les infrastructures saoudiens et émiratis.

« Au-delà de ses activités nucléaires, l’Iran continue de s’engager dans toute une série d’activités déstabilisatrices », a déclaré Blinken.

« Les États-Unis continueront à tenir tête à l’Iran tant qu’il constituera une menace, pour nous ou nos alliés et partenaires », a-t-il déclaré, notant que les États-Unis étaient « pleinement engagés à élargir la coopération par le biais des accords d’Abraham », avant le Sommet du Neguev de dimanche avec les ministres des Affaires étrangères de quatre pays arabes.

Des forces loyales aux Houthis du Yémen soutenues par l’Iran prennent part à des funérailles de masse pour les combattants tués dans des batailles avec les troupes gouvernementales soutenues par l’Arabie saoudite, dans la capitale du Yémen, Sanaa, le 8 avril 2021. (Crédit : Mohammed Huwais/AFP)

Il a remercié Lapid pour son leadership dans la recherche de nouvelles opportunités pour les Accords d’Abraham et a noté les efforts d’Israël pour servir de médiateur dans la guerre en cours en Ukraine.

« Nous apprécions grandement le rejet fort, par Israël, de l’agression russe contre l’Ukraine », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il appréciait la détermination d’Israël à ne pas être utilisé comme instrument de contournement des sanctions.

Blinken avait été informé par l’expert israélien de la question avant la conférence de presse.

Le chef de la diplomatie américaine a également salué les efforts de médiation dans le conflit du Premier ministre, Naftali Bennett, ainsi que le déploiement de l’hôpital de campagne israélien à Mostyska, dans l’ouest de l’Ukraine.

Le drapeau ukrainien flotte devant une école reconvertie en hôpital de campagne israélien, à Mostyska, dans l’ouest de l’Ukraine, le 24 mars 2022. (Crédit : AP Photo/Nariman El-Mofty)

Il a indiqué que le peuple israélien se tenait aux côtés de l’Ukraine, rappelant les manifestations à Tel Aviv et le travail du service d’urgence, United Hatzalah.

M. Blinken a déclaré qu’il évoquerait les effets du conflit ukrainien dans la région avec les partenaires régionaux lors du prochain sommet sur le Neguev. « La normalisation [des pays arabes avec Israël] est en train de devenir la nouvelle norme », a-t-il dit.

Il a parlé du financement américain du Dôme de fer et condamné l’attentat au couteau de la semaine dernière, à Beer Sheva.

Blinken a ajouté qu’il réitérerait auprès du chef de l’Autorité palestinienne (AP), Mahmoud Abbas, l’engagement de l’administration Biden à renforcer les liens avec l’AP.

Plus tôt dimanche, le Premier ministre Naftali Bennett avait déclaré qu’Israël connaissait une période de bonnes relations étrangères.

« À tous ceux qui ne l’auraient pas remarqué, la politique étrangère d’Israël est dans une bonne période », a-t-il déclaré au début de la réunion hebdomadaire du gouvernement. « Israël est un acteur important sur la scène mondiale et régionale. Nous cultivons des liens anciens et construisons de nouveaux ponts. »

Il a souligné que « l’ancienne paix » – avec l’Égypte – rencontrait « la nouvelle paix » des Accords d’Abraham.

Des manifestants sur la place Habima de Tel Aviv regardent le discours en visioconférence prononcé par le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le 20 mars 2022. (Crédit : Jack Guez/ AFP)

Dimanche également, l’envoyé spécial américain Robert Malley a déclaré que les États-Unis maintiendraient les sanctions contre le Corps des Gardiens de la révolution iraniens (CGRI) même s’il y avait un accord pour limiter le programme nucléaire du pays.

« Le CGRI restera sanctionné en vertu de la loi américaine et notre perception du CGRI demeurera inchangée », a déclaré Malley lors d’une conférence à Doha, malgré les demandes de l’Iran que le Corps soit retiré d’une liste terroriste américaine, comme prérequis à la relance d’un accord nucléaire.

Le Représentant spécial des États-Unis pour l’Iran, Robert Malley, participe à une table ronde au Forum de Doha dans la capitale du Qatar le 27 mars 2022. (Crédit : Marwan Tahtah/MOFA/Forum de Doha)

« Nous sommes assez proches du but», a déclaré Malley à propos des négociations. « Mais nous sommes assez proches du but depuis un certain temps. Et je pense que cela vous dit tout ce que vous devez savoir sur la complexité de ces sujets. »

Bennett et Lapid avaient précédemment déclaré que « la demande de radiation du CGRI de la liste des organisations terroristes est une insulte aux victimes et ignore une réalité documentée, étayée par des preuves sans équivoque. »

Au cours du week-end, le chef de la politique étrangère de l’Union européenne a déclaré que l’accord avec l’Iran serait probablement conclu « dans les jours à venir ».

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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