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Israël appelle Washington à laisser les Gardiens iraniens sur la liste noire

La tentative d'abolir la définition des Gardiens de la révolution comme groupe terroriste est une insulte aux victimes, ont déclaré Lapid et Bennett dans un communiqué conjoint

Des troupes des Gardiens de la révolution participent à un défilé militaire marquant le 39e anniversaire du début de la guerre Iran-Irak, devant le sanctuaire du défunt fondateur de la révolution, l'ayatollah Khomeini, juste à l'extérieur de Téhéran, en Iran, le 22 septembre 2019. (Crédit : Bureau de la présidence iranienne via AP)
Des troupes des Gardiens de la révolution participent à un défilé militaire marquant le 39e anniversaire du début de la guerre Iran-Irak, devant le sanctuaire du défunt fondateur de la révolution, l'ayatollah Khomeini, juste à l'extérieur de Téhéran, en Iran, le 22 septembre 2019. (Crédit : Bureau de la présidence iranienne via AP)

Dans une déclaration conjointe, le Premier ministre Naftali Bennett et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid ont exhorté vendredi les États-Unis à ne pas radier le Corps des Gardiens de la Révolution islamique d’Iran de la liste des organisations terroristes, l’un des derniers points de négociations au sujet du programme nucléaire iranien, selon Téhéran.

« Les Gardiens de la révolution islamique sont une organisation terroriste qui a assassiné des milliers de personnes, dont des Américains. Nous avons du mal à croire que les États-Unis vont ignorer la définition d’une organisation terroriste », ont déclaré Bennett et Lapid.

« La lutte contre le terrorisme est une lutte mondiale, une mission partagée par le monde entier. Nous pensons que les États-Unis n’abandonneront pas leurs alliés les plus proches en échange de promesses vides de la part des terroristes », ont déclaré les ministres.

« Les Gardiens de la Révolution sont le Hezbollah au Liban, le Jihad islamique à Gaza, les Houthis au Yémen, les milices en Irak », précise le communiqué.

Le ministe des Affaires étrangères Yair Lapid, à gauche, et le Premier ministre Naftali Bennett lors d’une réunion du cabinet au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 3 novembre 2021. (Crédit : Marc Israel Sellem/Pool)

« Les Gardiens de la Révolution sont à l’origine des attaques contre des civils et des soldats américains dans tout le Moyen-Orient, dont celles de l’année dernière. Ce sont eux qui sont à l’origine des plans d’assassinat de hauts responsables du gouvernement américain », ont déclaré les deux hauts ministres.

« Les Gardiens de la Révolution ont participé au meurtre de centaines de milliers de civils syriens, ils ont détruit le Liban, ils se livrent à la répression meurtrière des civils iraniens. Ils tuent des Juifs parce qu’ils sont juifs, des chrétiens parce qu’ils sont chrétiens et des musulmans parce qu’ils ne se plient pas à eux », poursuit le communiqué.

« Ils sont une partie centrale et intégrale de la machine de répression meurtrière en Iran. Leurs mains sont tachées du sang de milliers d’Iraniens et du piétinement de l’âme de la société iranienne », ont déclaré les ministres.

« La tentative d’abolir la définition des Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste est une insulte aux victimes et l’effacement d’une réalité documentée, avec des preuves sans équivoque. »

« Nous avons du mal à croire que la définition des Gardiens de la Révolution en tant qu’organisation terroriste sera abrogée en échange d’une « promesse de ne pas nuire aux Américains » », conclut le communiqué.

Le communiqué a été publié après qu’Axios a rapporté que l’administration du président américain Joe Biden envisageait cette décision, et en retour, Téhéran s’engagerait à la désescalade dans la région.

Le Corps de Gardiens de la Révolution islamique, une milice radicale étroitement liée au chef suprême de l’Iran, a été désignée organisation terroriste étrangère par l’administration de l’ancien président américain Donald Trump après son retrait de l’accord nucléaire de 2015.

Israël et l’Iran sont des ennemis jurés. Israël, considéré par les experts comme la seule puissance nucléaire du Moyen-Orient, accuse l’Iran de chercher à se doter de l’arme nucléaire, ce que ce pays dément.

L’Etat hébreu est hostile à un retour à l’accord sur le programme nucléaire iranien de 2015, qui avait permis la levée de sanctions contre l’Iran en échange de limites à son programme nucléaire censées empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique.

Les Etats-Unis ont jugé mercredi qu’un compromis était « proche » pour sauver l’accord, notamment après plusieurs signaux positifs, dont la libération de deux Irano-Britanniques retenus en Iran depuis plusieurs années.

« Nous sommes proches d’un possible accord, mais nous n’y sommes pas encore », a déclaré mercredi le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price.

Téhéran assure qu’il ne reste plus que « deux sujets » à régler avec Washington: les « garanties économiques », qui protégeraient le pays de sanctions internationales, et le contentieux sur les Gardiens de la Révolution, dont l’Iran demande le retrait de la liste noire, d’après une source proche du dossier.

Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), gendarme onusien du nucléaire, l’Iran enrichit l’uranium à un taux de 60 %, proche des 90 % nécessaires à la confection d’une bombe, et a poursuivi ses avancées parallèlement aux pourparlers à Vienne.

Les Gardiens de la Révolution ont revendiqué des tirs de missiles au Kurdistan irakien le 13 mars, affirmant avoir ciblé un « centre stratégique » israélien et menaçant l’Etat hébreu de nouvelles opérations « destructrices ».

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