Bordeaux : deux étudiants poursuivis pour des messages antisémites violents
Deux étudiants de 18 et 19 ans ont été placés sous contrôle judiciaire pour avoir diffusé, en novembre, des propos explicitement antisémites et menaçants sur un groupe de discussion de la résidence Crous François-Mauriac, à Pessac
Trois mois après les faits, l’enquête a connu un tournant décisif. Le 14 novembre 2025, le rectorat de Bordeaux avait signalé à la justice une série d’échanges glaçants découverts sur un groupe de discussion interne à la résidence Crous François-Mauriac, à Pessac. Plusieurs étudiants y avaient relayé, dans la nuit du 11 au 12 novembre, des propos ouvertement haineux, à caractère antisémite. Parmi eux, des messages d’une brutalité sidérante : « J’espère devenir président, je ferai le double du génocide 39-45 » ; « Il n’y aura plus de juifs, je vais les exterminer ». Ces révélations avaient été rapportées par Europe 1.
Une enquête avait été ouverte pour « menace de mort réitérée » et « discrimination en raison de l’origine, la nation, la race ou la religion ». Ce 21 janvier, le parquet de Bordeaux a annoncé l’interpellation puis le placement en garde à vue de deux étudiants identifiés comme les auteurs de ces messages.
Âgés de 18 et 19 ans, les deux jeunes hommes ont reconnu, lors de leur audition, être à l’origine des propos incriminés, qualifiés de menaces de mort réitérées et de provocation publique à la discrimination, précise le parquet. En revanche, ils contestent tout caractère antisémite, évoquant une « immaturité » et une supposée volonté « humoristique ». Une défense balayée par l’université, qui souligne la gravité des faits dans un contexte national marqué par une recrudescence préoccupante des actes antisémites.
Dès le signalement, l’établissement avait déclenché une procédure disciplinaire et exprimé son soutien « total » aux étudiants ciblés. Le Crous avait, de son côté, convoqué les deux mis en cause le 18 novembre. Ils ont été définitivement exclus de la résidence universitaire et ont dû libérer leur logement le 5 janvier 2026.
Le 23 janvier, les deux individus ont été déférés au parquet dans le cadre d’une procédure de comparution par procès-verbal. Dans l’attente de leur audience, fixée au 19 juin 2026, ils ont été placés sous contrôle judiciaire.
La France connaît, surtout depuis le 7 octobre 2023, une hausse marquée des actes antisémites. De nombreux cas d’antisémitisme ont ainsi été rapportés au sein du milieu universitaire français.








