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Chikli, rebelle de Yamina, va démissionner de la Knesset

Cette démission lèvera les sanctions imposées par son statut officiel de "transfuge", ouvrant la porte à un éventuel ralliement au Likud, qui pourrait cependant s'avérer illégal

Le député israélien Amichai Chikli arrives à la cour de district de Jérusalem pour son appel contre sa désignation en tant que "transfuge", le 10 juillet 2022. (Crédit : Noam Revkin Fenton/ Flash90)
Le député israélien Amichai Chikli arrives à la cour de district de Jérusalem pour son appel contre sa désignation en tant que "transfuge", le 10 juillet 2022. (Crédit : Noam Revkin Fenton/ Flash90)

Le député rebelle de Yamina, Amichai Chikli, devrait démissionner de la Knesset dans le cadre d’un accord qui lèverait les sanctions qui lui ont été imposées par sa désignation officielle de « transfuge » de la formation Yamina – ce qui lui permettrait de se présenter sur la liste d’un parti existant lors du prochain scrutin. Des rumeurs ont laissé entendre que le législateur de droite pourrait bénéficier d’une place réservée sur la liste du Likud.

La commission centrale électorale doit toutefois confirmer la légalité de cet accord.

L’accord a été trouvé au cours d’une audience de la Cour de district de Jérusalem, Chikli ayant lancé un appel contre sa désignation de « transfuge » après son élection, l’année dernière, sous l’étiquette du parti Yamina. Un statut officiel qui l’aurait empêché a priori de se présenter dans une formation existante au cours du prochain scrutin national qui aura lieu en date du 1er novembre.

Chikli et les avocats de Yamina, la formation de l’ancien Premier ministre Naftali Bennett, ont convenu que le député rebelle pourrait démissionner de la Knesset actuelle – même si ce dernier avait rejeté cette possibilité lorsque la procédure avait débuté, il y a un mois. Les sanctions contre Chikli serait ainsi levées et il pourrait être en mesure de rejoindre le parti d’opposition du Likud de Benjamin Netanyahu pour le prochain scrutin.

Chikli s’était opposé, l’année dernière, à la formation par Yamina d’un gouvernement constitué de factions idéologiquement très différentes, critiquant avec force l’inclusion de la formation islamiste Raam dans l’alliance au pouvoir et votant systématiquement aux côtés de l’opposition. Il a été exclu de Yamina au mois d’avril et il a été officiellement déclaré « transfuge » de son parti d’origine, un statut assorti de diverses sanctions.

L’exclusion de Chikli avait été largement considérée, à l’époque, comme un signal envoyé aux autres législateurs de Yamina – un signal les sommant de rester dans les rangs après le départ de l’alliance au pouvoir sous forme de coup de théâtre d’Idit Silman, cheffe de la coalition. Yamina avait lancé la procédure d’exclusion de Chikli au lendemain de la sortie de Silman, et sa mise à l’écart définitive avait été prononcée peu après.

Le député Amichai Chikli lors d’une réunion de la commission de la Chambre de la Knesset concernant la demande du parti Yamina de le déclarer  » transfuge « , le 25 avril 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Chikli avait soumis son appel au mois de juin, affirmant que sa désignation de « transfuge » était illégale, non-démocratique et il avait soulevé la question de l’obligation, pour un député, de prêter allégeance à un chef de parti si cette loyauté devait se faire au détriment des citoyens qui l’avaient élu au parlement.

Il avait demandé à la Cour d’examiner les « questions constitutionnelles essentielles » posées par son exclusion du parti, telles que la question de savoir si, dans le système démocratique israélien, « le corps législatif est composé de 120 députés qui expriment la volonté de l’électorat, ou d’un nombre limité de chefs de faction qui peuvent décider de tout selon leurs souhaits et décisions personnels ».

Une référence à Bennett, qui a été largement accusé par les factions de droite d’avoir trahi son électorat en rejoignant le gouvernement idéologiquement diversifié.

Toutefois, selon la loi, les députés ne peuvent échapper aux sanctions rattachées au statut de « transfuge » qu’en présentant « immédiatement » une démission. Reste à voir si la démission de Chikli, deux mois après son exclusion, sera considérée comme « immédiate ».

Cela fait longtemps que des rumeurs laissent entendre que Chikli serait en pourparlers avec le Likud pour intégrer le premier parti de l’opposition. Dès que l’accord qui a été conclu dimanche a été annoncé, les députés du Likud ont écrit sur Twitter des messages le félicitant et l’appelant à rejoindre leur formation.

Le législateur Yoav Kisch a simplement écrit : « Bienvenue, Chikli ! »

Selon des sources du Likud qui se sont exprimées auprès des médias israéliens, Chikli devrait avoir une place parmi les 20 premières sur la liste électorale du parti – ce qui, en pratique, lui garantira un siège au parlement, a noté le quotidien Maariv.

Avant la levée des sanctions, Chikli ne pouvait se présenter aux élections que s’il créait son nouveau parti à lui – une initiative qui aurait été susceptible de faire perdre des votes au bloc dirigé par Netanyahu si sa faction ne parvenait pas à réunir suffisamment de suffrages pour atteindre le seuil de représentation électorale à la Knesset qui est de 3,25%.

Nir Orbach et Idit Silman discutant lors d’un vote en plénière de la Knesset à Jérusalem, le 1er juin 2022. (Crédit: Olivier Fitoussi/Flash90)

Idit Silman, la députée rebelle de Yamina dont la démission de la coalition, au mois d’avril, avait fait perdre sa majorité à cette dernière, aura une place dans les trente premières, selon l’article de Maariv.

Nir Orbach, qui avait, pour sa part, démissionné au mois de juin, mettant l’alliance au pouvoir en minorité au parlement, ne bénéficiera pas d’une place sûre sur la liste électorale mais un poste ministériel lui sera réservé si le Likud devait être en charge de la formation du gouvernement au lendemain du scrutin, ont indiqué plusieurs médias.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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