Cisjordanie: 2 soldats israéliens tués et 2 blessés dans un attentat
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Cisjordanie: 2 soldats israéliens tués et 2 blessés dans un attentat

Un terroriste palestinien percute quatre jeunes hommes marchant le long de l'autoroute à l'extérieur de l'implantation de Mevo Dotan

Des soldats israéliens tiennent un poste de contrôle près de la ville de Naplouse, en Cisjordanie, le 10 janvier 2018. (Crédit : AFP / JAAFAR ASHTIYEH)
Des soldats israéliens tiennent un poste de contrôle près de la ville de Naplouse, en Cisjordanie, le 10 janvier 2018. (Crédit : AFP / JAAFAR ASHTIYEH)

Un terroriste palestinien a foncé vendredi après-midi sur quatre jeunes hommes israéliens avec sa voiture, tuant deux d’entre eux et blessant grièvement les deux autres, devant l’implantation de Mevo Dotan, dans le nord de la Cisjordanie, ont indiqué des médecins. Le Palestinien a été arrêté.

L’armée a déclaré qu’il s’agissait d’une attaque terroriste.

Les quatre victimes ont toutes environ 20 ans, selon le service de secours du Magen David Adom.

L’attentat terroriste s’est produit sur l’autoroute 585 près de l’entrée de Mevo Dotan, situé à environ une dizaine de kilomètres à l’ouest de Jénine.

Les groupes palestiniens en Cisjordanie et à Gaza avaient appelé vendredi à un « jour de colère » pour marquer le 100ème jour depuis que le président américain Donald Trump a annoncé sa décision de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

Les forces nationales et islamiques palestiniennes, une coalition composée de divers groupes, ont appelé les Palestiniens à affronter les soldats et les résidents d’implantations de l’armée immédiatement après les prières du vendredi.

Ce serait la dernière d’une série de manifestations hebdomadaires, souvent violentes, qui ont eu lieu depuis l’annonce du 6 décembre et les démarches ultérieures des États-Unis pour déplacer leur ambassade dans la ville. Beaucoup de manifestations se sont largement essoufflées après les premières semaines.

Renouvelant les manifestations, les factions palestiniennes en Cisjordanie et dans la bande de Gaza ont appelé jeudi les Palestiniens à protester contre la décision de Trump en organisant des manifestations après les prières du vendredi dans les mosquées. Les manifestations sont tenues sous la bannière de « la rage du vendredi pour Jérusalem ».

Les Palestiniens, ont ajouté les groupes, continueront à protester contre cette décision et contre le plan de déménager l’ambassade américaine à Jérusalem, ainsi que contre les tentatives visant à « liquider la cause palestinienne ».

Les factions palestiniennes ont également appelé les Palestiniens à se préparer pour les manifestations marquant la Journée de la terre, le 30 mars. La Journée de la terre se réfère à la décision prise par le gouvernement israélien en 1976 d’exproprier les terres en Galilée – une initiative qui avait été à l’origine d’émeutes importantes et qui avaient entraîné six morts du côté palestinien.

Les factions ont également vivement recommandé aux leaders de l’AP d’honorer les résolutions récentes adoptées par les institutions de l’Organisation de libération de la Palestine de stopper toutes relations avec Israël et de révoquer la reconnaissance palestinienne d’Israël.

Les gardes-frontières israéliens dans une rue durant des affrontements avec des manifestants palestiniens protestant contre le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 9 mars 2018 (Crédit : / AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)

Jeudi, le Hamas a émis un appel séparé aux Palestiniens à participer aux manifestations de vendredi. Le groupe terroriste qui dirige la bande de Gaza a vivement recommandé aux Palestiniens d’initier des affrontements avec les soldats de l’armée israélienne et les habitants d’implantations, affirmant que cette rage continuerait jusqu’à ce que la décision de Trump soit révoquée.

Ces nouveaux appels à manifester surviennent alors que l’Autorité palestinienne continue à boycotter les efforts de négociations de paix livrés par l’administration Trump en raison de l’initiative prise par ce dernier par Jérusalem. Ramallah estime que dorénavant, Washington ne peut plus assumer le rôle de négociateur honnête dans le conflit.

La Maison Blanche affirme pour sa part continuer à travailler sur l’élaboration d’une proposition de paix, qui serait sur le point d’être achevée. Mardi, l’administration a organisé une conférence sur la résolution d’une crise humanitaire en cours à Gaza malgré le refus des Palestiniens d’y participer.

Jeudi, le secrétaire-général de l’OLP Saeb Erekat, haut-conseiller du président de l’AP, Mahmoud Abbas, a estimé que la politique de « diktats » de Trump était condamnée à l’échec.

Le négociateur palestinien Saeb Erekat prend la parole lors de la conférence du Haaretz et du New Israel Fund à New York le 13 décembre 2015 (Crédit : Amir Levy / Flash90)

Erekat a expliqué que la résolution de la crise à Gaza ne pourrait se faire qu’en levant le blocage israélien imposé sur l’enclave côtière et en mettant un terme au conflit entre le Hamas et la faction du Fatah au pouvoir.

Erekat a clamé que l’administration américaine programmait de créer un état séparé palestinien dans la bande de Gaza dans le cadre du plan de paix au Moyen-Orient qui doit encore être annoncé. Ce plan, a-t-il dit, vise à exclure les questions de Jérusalem et des réfugiés palestiniens de la table des négociations, à séparer la Cisjordanie de la bande de Gaza, et à détruire l’option d’une solution à deux états en la remplaçant par un système d’apartheid.

« Comment l’envoyé pour paix au Moyen-Orient américain Jason Greenblatt peut-il se préoccuper de la situation humanitaire dans la bande de Gaza après que son administration a coupé 300 millions de dollars au financement de l’UNRWA, agence des réfugiés palestiniens dépendant de l’ONU, qui offre des services à 75 % des Palestiniens dans la bande ? », a demandé Erekat. « La manière la plus courte pour résoudre les problèmes dans la bande de Gaza, c’est de réaliser l’unité géographique entre la bande de Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-est, capitale de la Palestine », a-t-il ajouté.

La rencontre de la Maison Blanche consacrée à la bande de Gaza a rassemblé des représentants d’Israël, de la Jordanie, de l’Egypte, de l’Arabie saoudite et de quatre pays du Golfe avec lesquels Israël n’entretient pas de liens diplomatiques.

Erekat a tenu ces propos au cours de réunions séparées organisées à Jéricho en présence du ministre espagnol des Affaires étrangères Ildefonso Castro, du secrétaire-général du programme de développement des Nations unies et de responsables suédois.

Khaled Abu Toameh a contribué à cet article.

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