COVID: les convalescents mieux protégés contre le Delta que les vaccinés – étude
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COVID: les convalescents mieux protégés contre le Delta que les vaccinés – étude

L'immunité contre le vaccin induite par la guérison est plus longue ; le variant a 27 fois plus de chances de briser la protection Pfizer si elle date d'il y a plus de neuf mois

Les membres de l'équipe de l'hôpital Hadassah Ein Kerem portent des équipements de sécurité alors qu'ils travaillent dans un service de coronavirus, le 01 février 2021. (Crédit: Olivier Fitoussi/Flash90)
Les membres de l'équipe de l'hôpital Hadassah Ein Kerem portent des équipements de sécurité alors qu'ils travaillent dans un service de coronavirus, le 01 février 2021. (Crédit: Olivier Fitoussi/Flash90)

L’immunité naturelle face au coronavirus a offert aux Israéliens une protection plus longue contre le variant Delta que deux doses de vaccin administrées au début de l’année, selon une nouvelle étude israélienne.

Cette étude, qui a été faite par la caisse d’assurance-maladie Maccabi, s’est penchée sur des individus qui avaient reçu leurs deux doses de vaccin dès la fin février ou qui avaient été testés positifs à la COVID-19 à cette période.

Elle a comparé 46 035 adhérents de la Maccabi ayant contracté le coronavirus à un moment de la pandémie et le même nombre d’Israéliens doublement vaccinés.

Il s’avère que les personnes ayant reçu deux doses de vaccin avaient eu six fois plus de chance d’attraper le variant Delta que les patients qui n’avaient pas été immunisés mais qui avaient contracté le coronavirus.

L’étude, qui a été publiée en ligne mais qui n’a pas encore été validée par des pairs, est la plus importante en son genre. Elle ne prend pas en compte les injections de rappel – qui sont aujourd’hui largement administrées au sein de l’État juif – mais dans la mesure où la majorité des pays, dans le monde, délivre encore deux doses seulement, elle est pertinente à l’international.

Les experts soulignent néanmoins que ces résultats ne doivent pas décourager la vaccination. Cyrille Cohen, immunologue de l’université Bar-Ilan, qui n’a pas été impliqué dans l’étude, affirme que « certaines personnes qui ne souhaitent pas forcément se faire vacciner pourraient se laisser tromper par ces conclusions et penser que cela signifie qu’il vaut mieux, a priori, être malade que de se faire vacciner. Une telle approche est fausse d’un point de vue médical et les résultats de l’étude ne signifient pas que les gens doivent s’exposer délibérément à la maladie et tomber malade. »

« Comme avec les autres maladies, il est bien plus sûr de se faire vacciner et de prévenir la COVID-19, un virus qui fait courir le risque d’une hospitalisation, d’un décès et de séquelles au long cours. »

Une femme reçoit une troisième dose du vaccin contre le COVID-19, dans un centre de vaccination Meuhedet à Jérusalem, le 24 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Dans les deux groupes, il y a eu 748 cas d’infection à SARS-CoV-2 : 640 dans le groupe des personnes vaccinées et 108 dans le groupe des personnes en rémission de la maladie, qui ne s’appuyaient donc que sur l’immunité naturelle.

Les personnes vaccinées ont eu sept fois plus de chance de développer des symptômes de la maladie, et 6,7 fois plus de chance d’être hospitalisées.

De plus, un échantillon de 16 215 personnes qui avaient été infectées pendant la troisième vague au sein de l’État juif, au mois de janvier et au mois de février 2021, a été comparé au même nombre de personnes vaccinées au cours de cette période. Le contraste entre ces deux groupes est encore plus net : l’étude a révélé que le variant Delta avait 27 fois plus de chance de briser la barrière de protection assurée par un vaccin administré en janvier-février et d’entraîner des symptômes que de contourner l’immunité naturelle acquise dans la même période en entraînant des symptômes.

Des employés du Magen David Adom testent des Israéliens à la COVID-19 dans un centre de dépistage antigénique rapide à Glilot, le 12 août 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

L’étude a aussi montré que lorsque les patients guéris amélioraient leur protection naturelle à l’aide d’une seule dose de vaccin – le protocole recommandé par les autorités sanitaires du pays – cette protection se renforçait considérablement, et qu’ils présentaient 50 % de moins de risque d’attraper le COVID-19 que les autres personnes guéries.

« Les individus infectés antérieurement par le SARS-CoV-2 et recevant une seule dose de vaccin ont gagné une protection supplémentaire contre le variant Delta », note l’étude.

« La protection à long-terme assurée par une troisième dose – qui est administrée depuis une date récente en Israël – est encore inconnue ».

Les auteurs, avec à leur tête le docteur Sivan Gazit, qui est directeur-adjoint du programme de recherche de la Maccabi, ont précisé que leur étude était significative dans la mesure où elle s’étendait sur une période importante et qu’elle s’appuyait sur un grand nombre de données. Ils ont écrit que « notre échantillonnage volumineux – permis par la campagne rapide de vaccination massive en Israël – nous a permis d’enquêter sur les risques d’infection supplémentaire, qu’il s’agisse d’infections chez des individus vaccinés ou de réinfection chez d’autres, et tout cela sur un calendrier bien plus long que cela n’a été le cas d’autres études jusqu’à présent ».

Cohen a noté que « les données présentées sont importante et elles peuvent indiquer une sorte de hiérarchie dans l’immunité. Des plus protégés au moins protégés, il y a les convalescents vaccinés, les convalescents, puis les personnes vaccinées et ensuite les personnes qui ont choisi de ne pas l’être et qui sont les plus vulnérables ».

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