Damas : les incursions de Tsahal près de la frontière, une « escalade dangereuse »
Les soldats couvrent des zones situées jusqu'à une quinzaine de km en territoire syrien afin de saisir les armes aux mains de forces hostiles susceptibles de menacer Israël

La Syrie a déclaré lundi qu’elle « condamnait fermement » une incursion militaire israélienne qui a eu lieu, a-t-elle dit, dans le sud du pays, évoquant une « escalade dangereuse ».
Selon le ministère syrien des Affaires étrangères, des dizaines de soldats et une dizaine de véhicules militaires ont pris part à un raid dans la région de Beit Jinn, non loin de la frontière avec le plateau du Golan.
Il a également condamné le « contrôle » par Israël d’une zone située sur les contreforts du mont Hermon, affirmant qu’il s’agissait d’une « violation flagrante de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la république arabe syrienne ».
L’armée israélienne est déployée au niveau de neuf postes, dans le sud syrien, depuis la chute du régime de Bachar al-Assad au mois de décembre 2024, principalement dans les limites d’une zone-tampon dans laquelle patrouille l’ONU, une zone limitrophe entre les deux pays.
Les soldats mènent des opérations dans des périmètres allant jusqu’à une quinzaine de kilomètres en territoire syrien – c’est notamment le cas à Beit Jinn – avec pour objectif de s’emparer d’armes qui, selon Israël, pourraient menacer son territoire si elles tombaient entre les mains de « forces hostiles ».
Jérusalem se montre méfiant face au nouveau gouvernement syrien, dirigé par d’anciens djihadistes.
Tsahal n’a donné aucune information sur d’éventuelles opérations militaires.
La déclaration faite par la Syrie est survenue quelques heures après que le président syrien, Ahmed al-Sharaa, a confirmé à des journalistes arabes que son gouvernement était en pourparlers « avancés » avec Israël sur un accord de sécurité, afin d’obtenir le retrait des militaires israéliens derrière les lignes de désengagement de 1974 qui formaient auparavant la frontière de-facto entre les deux pays, selon Sky News Arabic.
Alors que certaines informations faisaient également état de l’intention d’Israël et de la Syrie de conclure un accord de sécurité d’ici fin septembre, l’envoyé américain en Syrie, Thomas Barrack, a déclaré lundi devant les caméras de la chaîne d’information N12 que les deux pays n’étaient pas près de signer un tel accord.
Barrack a précisé que Damas et Jérusalem « négociaient toutes deux de bonne foi » et que les deux capitales avaient « chacune l’intention et le désir [d’y parvenir], mais [qu’]il restait encore du travail pour le moment ».
« Un dialogue constructif entre ces États-nations est la voie vers une entente durable qui sera le prélude à la stabilité et à la prospérité dans la région », a ajouté Barrack.
Israël et la Syrie sont techniquement en guerre depuis 1948. Israël avait pris environ les deux tiers du plateau du Golan à la Syrie lors de la guerre des Six Jours, en juin 1967, avant d’annexer le territoire en 1981 – une décision toujours non reconnue par la majorité des pays de la communauté internationale, à l’exception des États-Unis.
Un an après la guerre du Kippour d’octobre 1973, Israël et la Syrie étaient parvenus à un accord sur la ligne de désengagement que Damas cherche aujourd’hui à rétablir.
Les tensions sont depuis montées d’un cran entre les deux pays lorsqu’Israël a pris le contrôle de la zone-tampon surveillée par l’ONU en Syrie, peu après le renversement du régime d’Assad en décembre dernier, menant des frappes aériennes sur des sites militaires, dans le but, selon les autorités, de créer une zone démilitarisée au sud de Damas.
En juillet dernier, l’armée de l’air israélienne a bombardé les forces gouvernementales syriennes dans le but d’aider les Druzes syriens, très liés à la communauté druze d’Israël, lors d’affrontements violents avec les forces alliées au régime dans la région de Sweida, dans le sud de la Syrie.







