Dans un édito en hébreu, Boris Johnson implore Israël de ne pas annexer
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Dans un édito en hébreu, Boris Johnson implore Israël de ne pas annexer

Défenseur "passionné" d'Israël, le Premier ministre britannique dit que le plan de Netanyahu le rend "triste", et qu'il menacera les relations naissantes avec les Etats arabes

Boris Johnson, ministre britannique des Affaires étrangères, pendant les funérailles de l'ancien président et Premier ministre israélien Shimon Peres, au cimetière national du mont Herzl à Jérusalem, le 30 septembre 2016. (Crédit : AFP/Thomas Coex)
Boris Johnson, ministre britannique des Affaires étrangères, pendant les funérailles de l'ancien président et Premier ministre israélien Shimon Peres, au cimetière national du mont Herzl à Jérusalem, le 30 septembre 2016. (Crédit : AFP/Thomas Coex)

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a exhorté Israël à ne pas donner suite à ses plans d’annexion de grandes parties de la Cisjordanie et a averti que le Royaume-Uni n’accepterait pas cette décision, dans un appel direct aux Israéliens publié mercredi en première page du journal israélien le plus lu.

« J’espère profondément que l’annexion n’aura pas lieu. Si c’est le cas, le Royaume-Uni ne reconnaîtra aucune modification des lignes de 1967, à l’exception de celles convenues entre les deux parties », a écrit M. Johnson dans le dernier appel d’un dirigeant mondial contre cette mesure controversée, que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a promis de commencer à mettre en œuvre à partir de mercredi.

Rappelant son expérience de cuisinier de 18 ans au kibboutz Kfar Hanassi et ses visites ultérieures à Yad Vashem, assistant aux funérailles de l’ancien Premier ministre Shimon Peres et descendant à vélo le boulevard Rothschild de Tel Aviv – en tant que politicien de haut rang, Johnson se décrit comme « un défenseur passionné d’Israël ».

« C’est donc avec tristesse que j’ai suivi les propositions d’annexion du territoire palestinien. En tant qu’ami de longue date, admirateur et partisan d’Israël, je crains que ces propositions n’échouent dans leur objectif visant à sécuriser les frontières d’Israël et qu’elles soient contraires aux intérêts à long-terme d’Israël », a-t-il écrit dans le quotidien Yedioth Ahronoth.

Johnson a averti que cette décision mettrait en péril les relations naissantes d’Israël avec les États du monde arabe et musulman. « Les ennemis d’Israël s’empareraient de cette initiative et l’utiliseraient contre ceux qui, au Moyen-Orient, veulent voir des progrès », a-t-il averti.

« L’annexion représenterait une violation du droit international. Ce serait aussi un cadeau à ceux qui veulent perpétuer les vieilles histoires sur Israël », a déclaré M. Johnson.

« Il y a une autre voie », a-t-il affirmé, tout en reconnaissant le prix élevé qu’Israël a déjà payé au cours des années de négociations de paix avec les Palestiniens. Johnson a déclaré que toute solution au conflit doit apporter « la justice et la sécurité tant aux Israéliens qu’aux Palestiniens », laissant entendre que le plan de paix Trump – la base de Ia volonté d’annexion d’Israël – ne le fait pas.

Néanmoins, le Premier ministre britannique a conclu l’éditorial en disant qu’il se félicitait de « l’engagement » du président américain Donald Trump sur cette question et qu’il s’engageait à travailler avec les États-Unis, le monde arabe et l’Europe « pour essayer de faire de la paix une réalité ».

Le maire de Londres Boris Johnson conduit un scooter électrique lors de sa visite à Tel Aviv, Israël, le 9 novembre 2015. (AP Photo/Dan Balilty)

Le Yedioth a également été la plateforme de choix pour les Émirats arabes unis, dont l’ambassadeur aux États-Unis a récemment rédigé un article d’opinion similaire mettant en garde contre une annexion unilatérale qui compromettrait le rapprochement entre le monde arabe et l’État juif.

L’accord de coalition de Netanyahu a fixé au 1er juillet la date à partir de laquelle il pourra commencer à mettre en œuvre la proposition de paix au Moyen-Orient du président américain Donald Trump, qui ouvre la voie à l’annexion de toutes les implantations et de la vallée du Jourdain, soit quelque 30 % de la Cisjordanie.

Mais alors que le soleil se levait à la date du coup d’envoi qu’il s’était imposé, des signes pointaient contre une annonce politique majeure, le Premier ministre et ses alliés laissant entendre qu’une action spectaculaire n’était pas imminente.

« Ce me parait improbable que cela se passe aujourd’hui (mercredi) », a déclaré sur la radio de l’armée le chef de la diplomatie israélienne Gabi Ashkenazi.

Mardi, Tzahi Hanegbi, ministre sans portefeuille mais considéré comme un proche de Benjamin Netanyahu, a dit être « convaincu que cela arrivera mais pas demain (mercredi) ». Le ministre de l’Eau Zeev Elkin a lui aussi jugé erronée l’idée que « tout allait se dérouler le 1er juillet ».

Les Palestiniens, qui étrillent le plan Trump, ont appelé à des manifestations mercredi dans la vallée du Jourdain, à Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie, et dans la bande de Gaza, enclave contrôlée par les terroristes islamistes palestiniens du Hamas.

L’AFP a contribué à cet article.

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