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Décès à 101 ans de Leon Schwarzbaum, survivant de la Shoah

Militant acharné pour la mémoire des crimes du nazisme, il avait régulièrement exprimé sa colère du fait que si peu de criminels nazis aient été portés devant des tribunaux

Leon Schwarzbaum (Crédit : capture d'écran YouTube)
Leon Schwarzbaum (Crédit : capture d'écran YouTube)

L’Allemand Leon Schwarzbaum, survivant de la Shoah et militant acharné pour la mémoire des crimes du nazisme lors de la Seconde Guerre mondiale, est mort à 101 ans, a appris lundi l’AFP.

« Leon Schwarzbaum est décédé dans la nuit de dimanche à lundi. Sa disparition représente une grande perte pour la mémoire collective. Sa colère et son humanité nous manqueront à tous », a affirmé à l’AFP Christoph Heubner
, vice-président exécutif du Comité International d’Auschwitz.

A plusieurs reprises ces dernières années, il avait témoigné lors de procès contre d’anciens criminels liés au national-socialisme.

Son témoignage en 2016 aura marqué le procès de l’ancien garde du camp d’Auschwitz, Reinhold Hanning, condamné à cinq années de réclusion mais qui décéda quelques mois après le verdict sans aller en prison.

L’ancien gardien d’Auschwitz Reinhold Hanning pendant son procès à Detmold, en Allemagne, le 28 avril 2016. (Crédit : AFP / POOL / Bernard Thissen)

Fin 2021, il était apparu au procès d’un ancien garde d’un camp de Sachsenhausen, Josef Schütz, 101 ans.

Il devait participer à une nouvelle audience de ce procès vendredi, a indiqué à l’AFP Thomas Walther, avocat de parties civiles spécialisé dans la traque de criminels nazis.

Dans ce témoignage déjà rédigé, que M. Walther devait lire, Léon Schwarzbaum comptait inviter l’accusé, âgé de 101 ans comme lui, à « dire la vérité historique ». « Parlez ici, en ce lieu, de ce que vous avez vécu – comme je l’ai fait pour mon camp », celui des victimes, avait-il écrit.

M. Schwarzbaum avait régulièrement exprimé sa colère, regrettant que peu de criminels nazis aient comparu en justice, notamment en Allemagne.

Un homme franchit la porte du camp de la mort nazi de Sachsenhausen avec la phrase « Arbeit macht frei » (le travail rend libre) à Oranienburg, en Allemagne, lors de la Journée internationale de commémoration de la Shoah, le 27 janvier 2019. (Markus Schreiber/AP)

Il « ne voulait pas la haine, il voulait la justice », a dit à ce sujet le Comité international d’Auschwitz.

Leon Schwarzbaum était né en 1921 à Hambourg dans une famille juive polonaise, mais avait grandi à Bedzin, en Haute-Silésie, dans l’actuelle Pologne, d’où sa famille avait été déportée à Auschwitz en 1943, après la dissolution du ghetto.

Il est le seul membre de sa famille à avoir survécu aux camps d’Auschwitz, de Buchenwald et à un camp annexe du camp de concentration de Sachsenhausen, au nord de Berlin.

Il a ensuite vécu à Berlin-Ouest comme marchand d’art et d’antiquités tout en continuant à s’engager sans cesse pour rappeler les horreurs du nazisme, à travers des conférences dans le monde entier ou des interventions dans des écoles.

« C’est avec une grande tristesse, un grand respect et une grande reconnaissance que les survivants de l’Holocauste du monde entier font leurs adieux à leur ami, compagnon d’infortune et compagnon de route Leon Schwarzbaum, qui est devenu au cours des dernières décennies de sa vie l’un des plus importants témoins de la Shoah », a affirmé M. Heubner dans un communiqué.

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