Décès de Rifaat al-Assad, le « boucher de Hama », à 88 ans -Sources
Rifaat al-Assad était le chef des forces d'élite du régime de Hafez al-Assad, son frère et père du président déchu

L’oncle du président syrien déchu Bachar al-Assad, Rifaat al-Assad, surnommé le « boucher de Hama » pour sa cruauté, est décédé en exil à l’âge de 88 ans, ont indiqué deux sources proches de la famille à l’AFP mercredi.
« Rifaat al-Assad est décédé après avoir souffert d’une grippe pendant une semaine », a précisé l’une de ces sources, une personne qui a travaillé au palais présidentiel et qui a requis l’anonymat.
La deuxième source, un ancien officier de l’ex-garde républicaine, a confirmé le décès, ajoutant que Rifaat al-Assad « s’était installé aux Émirats arabes unis après la chute » de son neveu en décembre 2024, sans préciser s’il était décédé dans ce pays.
Une source de sécurité libanaise avait indiqué à l’AFP que Rifaat al-Assad avait fui la Syrie par voie terrestre et pris un avion depuis l’aéroport de Beyrouth après la prise du pouvoir par une coalition islamiste.
Rifaat al-Assad était le chef des forces d’élite du régime de Hafez al-Assad, son frère et père du président déchu.
Il avait été surnommé « le boucher de Hama » en raison de son rôle dans la sanglante répression d’une insurrection des Frères musulmans dans cette ville syrienne en 1982.
Les massacres, qui se sont déroulés dans un blackout médiatique complet, ont fait entre 10 000 et 40 000 morts.
Rifaat al-Assad avait quitté la Syrie en 1984 après une tentative ratée de coup d’État contre son frère Hafez, pour vivre un exil doré.
Se présentant comme un opposant à Bachar al-Assad, il avait passé 37 ans en France, avant de rentrer en Syrie en 2021 pour échapper à une condamnation à quatre ans de prison en France pour blanchiment en bande organisée et détournement de fonds publics syriens.
L’ancien commandant des « Brigades de défense » était en outre accusé par le parquet fédéral suisse d’avoir « ordonné des meurtres, des actes de torture, des traitements cruels et des détentions illégales » à Hama.
En décembre 2024, des médias suisses avaient révélé que le tribunal pénal fédéral envisageait de « clore la procédure » concernant Rifaat al-Assad, en raison de maladies l’empêchant de voyager et de participer à son procès.







