Des extrémistes juifs tentent de voler des moutons appartenant à des Palestiniens à Hébron
2 Palestiniens auraient été blessés dans 2 incidents distincts impliquant des jets de pierres près de Bethléem ; selon un groupe de défense des droits humains, 378 attaques ont été perpétrées durant les 40 jours de guerre avec l'Iran

Selon certaines informations, des partisans extrémistes du mouvement pro-implantations ont mené deux attaques visant des Palestiniens dans la soirée de mercredi en Cisjordanie, dans un contexte où la violence des résidents d’implantations continue de sévir sans réelle sanction.
Des extrémistes juifs auraient tenté de voler des moutons à des bergers palestiniens dans le hameau d’Al-Mirkaz, en Cisjordanie, dans les collines du sud de Hébron. Les habitants affirment avoir vu au moins un soldat accompagner ces extrémistes.
Des images filmées par des villageois montrent les résidents d’implantations pénétrant dans leurs maisons et leurs enclos à moutons. Une autre vidéo montre d’autres personnes s’approchant d’un autre enclos, en compagnie d’un homme portant un uniforme de Tsahal, mais sans équipement tactique, et d’un autre individu en uniforme incomplet.
Le service de presse de l’armée israélienne a été contacté pour obtenir des commentaires.
Selon Me Mishirqi Quamar Assad, avocat de l’organisation d’aide juridique Haqel-In Defense of Human Rights, qui représente les Palestiniens de la région, les extrémistes cherchaient à voler les moutons et tentaient d’apposer leurs propres marques auriculaires sur ceux appartenant à des Palestiniens, dans le but de prétendre qu’ils leur appartenaient.
Des bergers palestiniens de Cisjordanie, leurs représentants légaux et des militants israéliens des droits civiques ont fréquemment signalé et documenté les tentatives de résidents d’implantation extrémistes visant à mélanger leurs troupeaux avec ceux des Palestiniens, afin de voler ensuite le bétail palestinien, ainsi que d’autres tactiques similaires.
Ces dernières années, des extrémistes juifs ont volé du bétail palestinien afin de priver les communautés palestiniennes rurales vulnérables de leurs moyens de subsistance et de les contraindre à quitter leurs foyers.
Extremist settlers broke into Palestinian homes and sheep pens in Al-Mirkaz in the South Hebron Hills today, apparently accompanied by [reservist/off duty?] IDF soldiers in what residents and their lawyer said was an attempt to steal their sheep… pic.twitter.com/yrRxNeYXAE
— Jeremy Sharon (@jeremysharon) April 15, 2026
En janvier, des résidents d’implantations, accompagnés de soldats de Tsahal, ont volé 150 têtes de bétail dans le hameau de Khirbet al-Halawa, une attaque filmée par des caméras de sécurité.
Al-Mirkaz se trouve à seulement 2 kilomètres à l’ouest de Khirbet al-Halawa.
Au cours d’un incident distinct survenu dans la nuit de mercredi à jeudi dans la région de Bethléem, deux Palestiniens ont été blessés par les pierres lancées sur leur véhicule par des résidents d’implantations.
Selon un article publié par l’agence de presse officielle de l’Autorité palestinienne, WAFA, les deux Palestiniens ont été transférés à l’hôpital, où leur état a été jugé stable.
Au cours des 40 jours de conflit avec l’Iran, en mars et en avril, ce sont 378 cas de violences commises par des partisans radicaux du mouvement pro-implantations contre des Palestiniens et leurs biens qui ont été recensés en Cisjordanie, a rapporté mercredi l’organisation Yesh Din.
Ces attaques se sont produites dans 148 communautés et habitations palestiniennes sur l’ensemble du territoire, selon Yesh Din, un groupe qui s’oppose au mouvement pro-implantations et qui suit les violences qui sont commises par leurs résidents.
Huit Palestiniens ont été abattus et 200 autres ont été blessés par des extrémistes pro-implantations au cours de la guerre avec l’Iran, a ajouté le groupe.
« La violence des résidents d’implantations pourrait cesser, pour autant que le gouvernement et les autorités publiques en aient réellement la volonté. Israël ne semble toutefois pas disposé à changer la donne », a commenté Yesh Din au vu des données obtenues.
« Bien au contraire, la politique israélienne encourage les résidents d’implantations criminels, et favorise la multiplication d’avant-postes agricoles violents partout en Cisjordanie », a ajouté l’organisation, évoquant les manœuvres des militants pro-implantations consistant à établir des avant-postes agricoles dans le but de chasser les Palestiniens hors de chez eux.
« La carte des communautés palestiniennes touchées par la violence des résidents d’implantations illustre clairement l’objectif de cette brutalité soutenue par l’État : expulser les Palestiniens de leurs terres, et les regrouper dans de petites enclaves surpeuplées. »
Le 22 mars, à l’issue de trois semaines de violences intenses perpétrées par des militants pro-implantations radicaux contre des civils palestiniens, l’armée israélienne a redirigé vers la Cisjordanie un bataillon initialement appelé à intervenir au Liban, dans le but de mettre fin à ces agissements.
Malgré cela, les données recueillies par Yesh Din indiquent que les extrémistes pro-implantations ont commis plus de 120 nouveaux actes de violence entre cette date et la fin de la guerre.
Les chiffres de l’organisation s’appuient sur des déclarations publiques et des rapports croisés provenant de différentes sources concernant la violence des résidents d’implantations.
Les épisodes de violences se poursuivent depuis l’entrée en vigueur, le 8 avril, du cessez-le-feu dans le conflit avec l’Iran, avec notamment plusieurs incidents survenus ces derniers jours.
Mardi, des militants de gauche ont dénoncé la destruction, par des résidents d’implantations, de l’unique route entre deux villages palestiniens du centre de la Cisjordanie.
Sur des images filmées mardi soir et relayées par le groupe militant Herd of Justice, on peut ainsi voir la route reliant Marajam à Duma complètement labourée et recouverte de rochers afin d’empêcher le passage des véhicules.







