Des Israéliens installent des préfabriqués dans un quartier palestinien de Hébron
Selon l'Administration civile, ces structures temporaires ont été érigées sans autorisation dans une zone sous contrôle militaire, mais le terrain ferait partie d'un cimetière juif
Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Deux préfabriqués ont récemment été érigés sans autorisation par des résidents d’implantations israéliens dans le quartier palestinien de Tel Rumeida, à Hébron, suscitant des inquiétudes quant à l’accès aux institutions palestiniennes situées à proximité immédiate de ces nouvelles constructions.
Selon l’organisation La Paix maintenant, qui milite contre le mouvement pro-implantations, ces deux structures ont été installées il y a plusieurs semaines sur un terrain situé à l’ouest du cimetière juif du quartier, à proximité d’une mosquée d’un côté et d’un lycée palestinien pour filles de l’autre.
Selon l’organisation, l’accès au lycée et aux entrées de la mosquée serait désormais compromis.
L’Administration civile, le département du ministère de la Défense qui gère les affaires civiles en Cisjordanie, a déclaré que les deux préfabriqués avaient été installés « sans autorisation et en violation de la loi ».
Elle a ajouté que « l’application de la loi » – autrement dit, le démantèlement – aurait lieu « conformément à l’évaluation de la situation opérationnelle et aux directives de l’échelon politique ».
Selon La Paix maintenant, ces habitations temporaires se trouveraient dans la zone H1 de Hébron, sous contrôle total de l’Autorité palestinienne (AP), où l’entrée des citoyens israéliens est censée être interdite.
Un porte-parole de la communauté juive de Hébron a toutefois insisté sur le fait que le terrain se trouvait dans la zone H2 de la ville divisée, sous contrôle militaire israélien, et faisait partie du même terrain que le cimetière juif.
La Paix maintenant a reconnu que le terrain appartenait à des Juifs avant la Guerre d’Indépendance d’Israël en 1948 et l’annexion de la Cisjordanie par la Jordanie.
Cependant, elle a ajouté que la carte originale annexée au protocole de Hébron de 1997, qui a établi les zones H1 et H2, situait le terrain dans la zone H1.
Par ailleurs, la carte publiée sur le site web de l’Administration civile montre que les deux structures se trouvent dans la zone H2. Le département estime qu’elles ont été installées dans les limites de cette zone, mais sans y être autorisées.
En vertu du protocole de Hébron signé en janvier 1997 par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Yasser Arafat, Hébron a été divisée en deux zones.
La zone H1, qui représente 80 % de la ville, est entièrement sous le contrôle de l’AP. La zone H2 comprend une implantation juive d’environ 800 habitants, auxquels s’ajoutent 200 étudiants de yeshiva, selon la communauté juive de Hébron.
Environ 200 Juifs vivent dans le quartier de Tel Rumeida, aux côtés de plusieurs milliers de Palestiniens, bien que le site des nouvelles structures préfabriquées se trouve en dehors de la zone juive du quartier.
« La présence juive à Hébron représente le visage le plus laid du contrôle israélien sur les territoires occupés. Nulle part ailleurs en Cisjordanie l’apartheid n’est aussi flagrant », a déclaré La Paix maintenant à propos des derniers développements dans la ville.
« Le gouvernement Netanyahu-Smotrich n’a aucune retenue. L’établissement d’une nouvelle implantation dans une zone palestinienne densément peuplée à Hébron, en particulier dans une zone sous contrôle palestinien, constitue une provocation qui sape les intérêts politiques et sécuritaires d’Israël », a poursuivi l’organisation.
« Son établissement constitue une violation à la fois d’un accord international signé et du droit militaire israélien. »
Yishaï Fleisher, porte-parole de la communauté juive de Hébron, a insisté sur le fait que les nouveaux préfabriqués se trouvaient bien dans la zone H2, même s’ils sont situés à la limite de la zone H1, et a qualifié ces allégations de « provocation de la part de l’organisations anti-Israël financée par l’Europe, La Paix maintenant ».
Fleisher a également affirmé que l’Administration civile ne s’était pas initialement opposée à l’installation des structures lorsqu’elles ont été érigées.
« Nous vivons dans une minuscule enclave à Hébron. Nous allons continuer à développer les terres dont nous avons le contrôle actuellement, et espérons en contrôler davantage à l’avenir », a ajouté Fleisher.
« Avec l’aide de Dieu, nous continuons à vivre dans notre ville ancestrale de Hébron, où nous vivons depuis trois mille cinq cents ans ; c’est la plus ancienne ville juive du monde. »







