Des universitaires exhortent la Haute Cour à écarter Danny Levy de l’enquête sur Sde Teiman
Le chef de la police aurait dissimulé les conclusions de l'enquête, une "ingérence abusive" qui bloque l'avancée de l'affaire depuis plus d'un mois

Une coalition d’universitaires a décidé mardi d’intenter une action en justice contre le chef de la police Danny Levy et contre le ministre de la Sécurité intérieure Itamar Ben Gvir, appelant la Haute Cour à leur interdire de participer à l’enquête sur la fuite de Sde Teiman.
Cette enquête, qui porte sur la fuite illicite d’une vidéo sur laquelle on voit des réservistes agressant sexuellement un détenu gazaoui sur la base militaire de Sde Teiman, serait bloquée par Levy depuis plus d’un mois. Un élément que la requête déposée ce matin a décrit comme une « ingérence abusive ».
Le groupe Academia for Democracy, qui est à l’origine de la requête, a accusé Levy d’avoir cédé aux pressions de Ben Gvir en faveur de la recherche d’informations compromettantes sur la procureure générale Gali Baharav-Miara – que le gouvernement cherche à évincer -, informations qui l’impliqueraient dans la fuite des images et dans sa dissimulation ultérieure.
Le groupe a en outre demandé à la Cour de prononcer une injonction provisoire visant à empêcher Levy et Ben Gvir d’interférer dans l’enquête.
Selon les médias israéliens, à la mi-décembre, les enquêteurs de la division des enquêtes et du renseignement de la police avaient remis à Levy les conclusions des investigations sur l’affaire de Sde Teiman. Mais au lieu de transmettre ces conclusions au bureau de la procureure générale, afin que des mises en accusation puissent être prononcées, Levy avait décidé, semble-t-il, de ne pas donner suite.
Aux termes de la requête, Levy avait interdit au chef de la division des enquêtes et du renseignement de la police, le commissaire adjoint Boaz Blatt, d’informer le bureau de la procureure générale de l’avancement de l’enquête. Il avait également, selon la requête, ordonné aux forces de l’ordre de mener des investigations « supplémentaires », et ce malgré l’insistance de l’équipe d’enquêteurs qui estimait qu’elles seraient inutiles.
« Cette ingérence sans précédent dans la gestion d’une enquête sensible a été effectuée sans autorisation, et constitue une atteinte à l’État de droit. Elle est clairement motivée par des considérations externes, avec une réelle préoccupation quant à une influence politique inappropriée sur l’enquête », ont écrit les requérants.
Le blocage aurait été dû à la pression exercée par Ben Gvir, qui cherche à faire porter la responsabilité de l’affaire à Baharav-Miara, après que le bureau de cette dernière a supervisé une précédente et fallacieuse enquête interne, qui avait échoué à impliquer la source de la fuite, à savoir l’ancienne procureure générale militaire Yifat Tomer-Yerushalmi.
Baharav-Miara s’est récusée de la supervision de l’enquête à la demande de la Haute Cour, en raison d’un conflit d’intérêts potentiel. Aucune preuve n’a toutefois été trouvée la reliant à la fuite ou à la dissimulation qui a suivi. Les motifs de sa récusation, très recherchés par les politiciens de droite, seraient probablement annulés si les procureurs décidaient d’établir des actes d’accusation sans l’inculper.
Dans une déclaration à la chaîne N12, au début du mois, la police a catégoriquement nié toute dissimulation des conclusions de l’enquête par Levy, qualifiant cette accusation d’infondée.







