Israël en guerre - Jour 193

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Deux hauts responsables du Hezbollah tués dans une frappe de Tsahal dans le sud Liban

Ali Muhammad al-Debes avait supervisé l'attaque de mars 2023 au carrefour Megiddo ; selon le ministre de la Défense, les attaques israéliennes sont montées d'un "niveau sur 10"

Ali Muhammad al-Debes, 48 ans, un commandant du Hezbollah qui aurait été tué lors d'une frappe de l’armée israélienne le 14 février 2024. (Crédit : Hezbollah)

Ali Muhammad al-Debes, 48 ans, un commandant du Hezbollah qui aurait été tué lors d'une frappe de l’armée israélienne le 14 février 2024. (Crédit : Hezbollah)


L’armée israélienne a revendiqué jeudi la mort d’un haut commandant du Hezbollah, membre de la force d’élite Radwan responsable d’un attentat à la bombe, en mars 2023, dans le nord d’Israël, ainsi que de son adjoint, lors d’une frappe dans le sud Liban la nuit passée.

Tsahal a expliqué que ses avions de chasse avaient bombardé un bâtiment utilisé par le Hezbollah à Nabatieh, ce qui a tué Ali Muhammad al-Debes et son adjoint Hassan Ibrahim Issa.

Selon l’armée, al-Debes, commandant de la force d’élite Radwan du Hezbollah, avait été, entre autres, l’un des cerveaux de l’attentat à la bombe du carrefour Megiddo, en Israël, qui avait grièvement blessé un homme. Il était actif dans le conflit actuel.

Les autorités libanaises ont déclaré que dix personnes avaient été tuées dans cette frappe, dont trois hommes du Hezbollah et sept civils d’une même famille. Un responsable de la sécurité libanaise a pour sa part ajouté que les membres du Hezbollah se trouvaient au rez-de-chaussée de l’immeuble bombardé, qui abritait également une famille à l’étage.

Al-Debes avait déjà été pris pour cible et blessé lors d’une frappe israélienne à Nabatieh, dans le sud Liban, il y a de cela une semaine, a déclaré à l’AFP une source proche des milieux des forces de sécurité libanaises témoignant sous couvert d’anonymat car non autorisée à s’adresser aux médias.

Selon les médias libanais, Al-Debes était responsable des affaires palestiniennes au sein de l’organisation terroriste.

Le Hezbollah a aussi raporté une autre mort, celle d’Hussein Ahmad Aqeel, 36 ans, originaire de Jebbayn.

Les frappes de ce mercredi ont été menées en représailles d’une attaque à la roquette du Hezbollah sur des installations militaires et une ville du nord d’Israël qui a tué une soldate et fait huit blessés.

Depuis le 8 octobre, c’est à un rythme quasi-quotidien que les forces dirigées par le Hezbollah s’en prennent aux communautés israéliennes et aux postes militaires situés le long de la frontière, officiellement pour soutenir le Hamas.

Les craintes d’un nouveau conflit consommé entre Israël et le Hezbollah, dont le dernier avatar remonte à 2006, sont montées d’un cran. Le Hezbollah a fait savoir qu’Israël « paierait cher » la mort de civils lors des frappes de ce mercredi.

Des combattants du groupe chiite libanais du Hezbollah défilent lors d’une cérémonie de commémoration des dirigeants du mouvement morts au combat dans le village libanais de Jibshit, à une cinquantaine de kilomètres au sud de la capitale Beyrouth, le 15 février 2024. (Crédit : Mahmoud Zayyat/AFP)

Les combats se sont poursuivis jeudi, avec trois missiles antichars tirés sur la communauté frontalière de Shtula (nord) et une roquette tirée en direction du mont Dov. Aucun blessé n’est à signaler.

L’armée israélienne dit avoir mené des frappes sur des dizaines de sites du Hezbollah dans le sud Liban en réaction.

Selon Tsahal, ses avions de chasse ont bombardé des pas de tir de roquettes ainsi que des bâtiments et infrastructures utilisés par le groupe terroriste dans le secteur de Wadi Saluki.

Plus tôt jeudi, l’armée israélienne a revendiqué des frappes sur des infrastructures du Hezbollah à Labbouneh ainsi que, dans la nuit, sur un bâtiment utilisé par le groupe terroriste à Taybeh.

Le ministre de la Défense Yoav Gallant (au centre) participant à une réunion de simulation de guerre, le 15 février 2024. (Crédit : Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

Le ministre de la Défense, Yoav Gallant, a déclaré que les attaques de l’armée contre le Hezbollah étaient montées d’un « cran sur 10 », que « l’armée israélienne [possédait] un avantage très important » et que « les avions de l’armée de l’air déployés dans le ciel du Liban [avaient] des bombes plus lourdes pour des cibles plus éloignées ».

S’exprimant à l’occasion d’une simulation menée par le comité de préparation aux situations d’urgence, M. Gallant a fait savoir que ledit comité s’était réuni après « une intense journée dans le nord » suite aux tirs de roquettes meurtriers de ce mercredi.

Il a indiqué que le Hezbollah avait progressé d’un demi-cran, et Israël d’un cran complet avec sa riposte, mais que « c'[était] un cran sur 10 ».

« Non seulement nous pouvons attaquer à 20 kilomètres [de la frontière], mais aussi à 50 kilomètres, à Beyrouth et n’importe où ailleurs », a déclaré M. Gallant.

« Nous ne voulons pas en arriver là, nous ne voulons pas entrer en guerre, mais parvenir à un accord de nature à garantir le retour des habitants du nord, dans le cadre d’un processus normé », a-t-il expliqué en faisant allusion aux 80 000 Israéliens déplacés depuis des mois par les attaques quotidiennes du Hezbollah.

« Mais s’il n’y a pas d’autre choix, nous ferons ce qu’il faut pour que [les riverains] puissent rentrer chez eux dans des conditions de sécurité satisfaisantes. Que cela soit clair à la fois pour nos ennemis et nos amis. Comme nous l’avons prouvé ces tout derniers mois, lorsque l’État d’Israël, ses services de défense ou l’armée disent quelque chose, ils le pensent vraiment », a-t-il ajouté.

Selon le ministère de la Défense, cette réunion, à laquelle ont pris part plusieurs ministres, les plus hauts gradés de la Défense et des responsables civils, a permis de simuler un scénario de guerre dans le nord d’Israël avec un impact sur l’alimentation électrique et le transport de nourriture et des évacuations médicales complexes.

Plus tôt, M. Gallant avait annoncé s’être entretenu avec le Secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, pour le tenir informé de la situation à la frontière nord.

« L’État d’Israël ne tolérera pas d’attaques contre ses ressortissants. Nous allons faire en sorte de garantir la sécurité et le retour de nos communautés dans le nord, que ce soit par les voies diplomatiques ou militaires », a-t-il déclaré.

À ce jour, les tensions à la frontière nord ont entraîné la mort de six civils et 10 soldats côté israélien. Par ailleurs, plusieurs attaques en provenance de Syrie ont eu lieu, sans toutefois faire de blessé.

Des panaches de fumée s’élèvent dans le ciel après un bombardement militaire israélien dans le sud Liban, vus depuis le nord d’Israël, le 15 février 2024. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

Le Hezbollah a fait état de la mort de 201 de ses membres, tués par Israël lors de tirs en territoire libanais, mais aussi en Syrie. Au Liban, 29 membres d’autres organisations terroristes, un soldat libanais et une trentaine de civils, parmi lesquels figurent trois journalistes, ont été tués.

Ces combats ont entrainé le déplacement de dizaines de milliers de personnes dans les zones frontalières de chacun de ces pays.

La guerre a éclaté à Gaza suite au massacre perpétré par l’organisation terroriste palestinienne du Hamas, le 7 octobre dernier, au cours duquel 3 000 terroristes originaires de la bande de Gaza ont pénétré sur le sol israélien par la terre, les airs ou la mer pour tuer près de 1 200 personnes et faire 253 otages, essentiellement des civils. Des familles entières ont été exécutées chez elles et plus de 360 personnes ont été massacrées lors d’un festival en plein air, souvent avec une extrême brutalité.

Israël a fait savoir qu’il ne tolérerait plus la présence du Hezbollah le long de la frontière libanaise, position qui lui permettrait de mener une attaque similaire au massacre du Hamas du 7 octobre.

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a déclaré mardi dans une allocution télévisée que son groupe ne cesserait les tirs que si un cessez-le-feu complet était conclu à Gaza.

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