Des élus haredim pressent Netanyahu d’autoriser les réfractaires à voyager pour les fêtes
Aryeh Deri veut lever l'interdiction de voyager imposée aux réfractaires pour qu'ils puissent pèleriner à Ouman ; Yitzchak Goldknopf aimerait qu'ils puissent se rendre à New York

Les politiciens ultra-orthodoxes font pression sur le Premier ministre Benjamin Netanyahu et les responsables militaires pour qu’ils autorisent les étudiants en yeshiva qui se soustraient à la conscription à participer au pèlerinage annuel de Rosh HaShana en Ukraine et à se rendre dans d’autres lieux pour les fêtes du Nouvel an juif, ont rapporté lundi les médias israéliens.
Le chef du parti Shas, Aryeh Deri, aurait cherché à conclure un accord avec l’armée et le ministère de la Défense pour que les hommes haredim, soumis à une interdiction de voyager en raison de leur refus de s’enrôler dans l’armée, puissent néanmoins se rendre à Ouman, en Ukraine, où est enterré le rabbin Nachman de Breslev, chef de la communauté hassidique.
Jeudi dernier, Deri aurait discuté de cet arrangement avec Netanyahu, évoquant un projet permettant à 50 000 personnes de se rendre en Ukraine malgré la guerre en cours.
Le chef du parti Shas a affirmé que ce voyage était une obligation religieuse, et ne devait pas être considéré comme une simple visite d’agrément.
« Le rabbin Deri est en pourparlers depuis plusieurs semaines avec le Premier ministre afin de permettre à quelque 50 000 Israéliens, issus de tous les horizons, qui ont pour habitude de se rendre chaque année à Rosh HaShana sur la tombe du Rabbi Nachman de Breslev à Ouman, de faire ce voyage, compte tenu de l’absence de vols directs », a déclaré son bureau dans un communiqué adressé à Ynet.
Selon les médias israéliens, le gouvernement aurait alloué 10 millions de shekels pour soutenir ce pèlerinage annuel. Les fonds destinés aux Israéliens qui souhaitent se rendre dans ce pays ravagé par la guerre proviendront des ministères des Affaires étrangères, des Transports, de l’Intérieur et du Patrimoine, selon Ynet.
Une partie de ces fonds servira à payer les billets d’avion de 50 000 Israéliens, soit 15 000 de plus que l’an dernier. Une autre partie sera utilisée pour indemniser la Moldavie, qui a contribué à la logistique du transit des Israéliens, selon Ynet.
L’Ukraine, qui avait déconseillé aux pèlerins de se rendre dans le pays ces dernières années en raison des risques liés à la guerre, n’a pas encore réagi, faisant écho aux appels de certains responsables israéliens.
Cette année, Rosh HaShana commencera le 22 septembre au soir.
Le député Meïr Porush (Yahadout HaTorah), qui occupait le poste de ministre des Affaires de Jérusalem jusqu’en juillet, date à laquelle son parti a quitté le gouvernement en raison de la crise du projet de loi sur la conscription, a déclaré avoir joué un rôle dans la sécurisation des fonds nécessaires au pèlerinage.
« Avant de démissionner, j’ai approuvé le transfert d’un budget de 2 millions de shekels au ministère des Affaires étrangères, qui coordonne cette question », a-t-il déclaré au site d’information haredi Kikar Shabbat.
« En collaboration avec le cabinet du Premier ministre, le ministère des Affaires étrangères, le ministère des Transports et le ministère de l’Intérieur, nous avons réuni un total de 10 millions de shekels pour financer ce projet. »
Dans le prolongement de cette demande, Yitzhak Goldknopf, le chef du parti Yahadout HaTorah, a également lancé un appel à Netanyahu, lui demandant d’autoriser les hassidiques interdits de voyage à enfreindre les restrictions afin qu’ils puissent se rendre à New York et dans d’autres destinations pendant les fêtes, ont rapporté les médias israéliens.
Il aurait écrit une lettre au Premier ministre pour demander que les voyages des hassidiques à New York et vers d’autres destinations soient inclus dans l’accord, les qualifiant d’« expérience spirituelle sublime qui n’a pas d’équivalent » et affirmant « qu’il est de notre devoir de leur accorder le droit qui est accordé aux autres ».
Comme il n’y a pas de vols directs vers l’Ukraine, qui décourage les visites depuis l’invasion du pays par la Russie en 2022, les pèlerins devront passer par la Moldavie.
Le Premier ministre moldave, Dorin Recean, a informé Netanyahu qu’Israël devra prendre en charge les frais logistiques et de sécurité pour aider les Israéliens qui souhaitent se rendre en Moldavie afin de rejoindre Ouman, selon une déclaration communiquée au Times of Israel par l’ambassadeur moldave en Israël, Alex Roitman.
Netanyahu et son homologue moldave ont discuté des modalités du pèlerinage, « y compris des aspects de sécurité et logistiques, qui seront pris en charge par la partie israélienne », lors d’un entretien téléphonique plus tôt dans la journée, selon le communiqué.







