Englman va interroger Netanyahu et d’ex-chefs de la défense sur le 7 octobre
Le contrôleur de l'Etat exige la pleine coopération du Premier ministre, de Yoav Gallant, de Ronen Bar et des dirigeants de Tsahal, même si son audit n'a pas la force d'une commission nationale

Lundi, le contrôleur de l’État Matanyahu Englman a annoncé que lui et son équipe s’apprêtaient à rencontrer le Premier ministre Benjamin Netanyahu et d’autres hauts responsables politiques et militaires, dans le cadre d’un audit approfondi sur les défaillances ayant entouré l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023.
Le contrôleur a déclaré dans un communiqué qu’il allait programmer des entretiens avec le Premier ministre, l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, les anciens chefs d’état-major de l’armée israélienne Herzi Halevi et Aviv Kohavi, et de hauts responsables du Shin Bet. Son audit s’étend en effet aux principaux décideurs.
Les échanges devraient se concentrer sur les principales défaillances politiques et sécuritaires, selon le communiqué. Il s’agit notamment de la conduite du cabinet de sécurité, des processus de renseignement et de la défense des frontières à Gaza, marquant ainsi un revirement par rapport aux enquêtes menées jusqu’à aujourd’hui par les organes de sécurité, qui évitaient d’impliquer les responsables politiques.
« Tout le monde est tenu de coopérer avec le contrôle. Les attaques de ceux qui cherchent à échapper au contrôle ne nous dissuaderont pas d’accomplir notre travail de la manière la plus professionnelle », a fait savoir Englman dans un communiqué de son cabinet annonçant son intention de contacter le Premier ministre et d’autres responsables.
Des questions détaillées classées « top secret » ont été envoyées aux responsables. Des réunions ont été organisées, qui permettront d’examiner les conclusions et de définir les responsabilités à tous les niveaux du gouvernement, de l’armée et des services de sécurité, selon le communiqué.
Parmi les questions mentionnées dans ces documents déjà transmis à Netanyahu figurent « l’absence de perspective en matière de sécurité intérieure » et « l’influence centrale de la classe politique sur l’armée israélienne », la détention et le procès éventuel des prisonniers sécuritaires, la gestion par le gouvernement du déplacement de milliers d’Israéliens évacués des zones frontalières, ainsi que l’impact de la guerre sur la position d’Israël sur la scène internationale.
L’audit mené par le contrôleur est actuellement l’unique enquête approfondie autorisée par l’État au sujet de l’attaque du 7 octobre, au cours de laquelle des milliers de terroristes du Hamas ont tué environ 1 200 personnes et en ont pris 251 autres en otage à Gaza, déclenchant la guerre en cours.
L’audit d’Englman, qui a débuté en janvier 2024, a été suspendu pendant plus d’un an lorsqu’il s’est agi d’enquêter sur l’armée israélienne et le Shin Bet, en raison de la guerre en cours et de l’opposition de hauts responsables. Avec la nomination en mars 2025 du chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, un cadre pour l’audit a été défini puis approuvé par la Haute Cour de justice en avril, permettant aux investigations de se poursuivre.
Lundi, le contrôleur a déclaré que « l’enquête a été retardée d’environ 15 mois par l’armée israélienne et le Shin Bet », ajoutant toutefois : « Pendant cette période, l’audit s’est poursuivi aux niveaux politique et civil. »
Netanyahu et ses alliés au sein du gouvernement ont fait valoir qu’aucun audit ne pouvait être mené sur les décisions prises par le gouvernement avant la fin de la guerre à Gaza, ignorant ainsi les appels pressants leur demandant de se soumettre à une commission d’enquête nationale et résistant aux exhortations générales en faveur de la fin de la guerre.
Même si l’audit d’Englman manque cruellement de la puissance d’une commission d’enquête nationale, le contrôleur a toutefois rappelé dans son communiqué que les dirigeants devaient impérativement coopérer.
« Nous exigeons une disponibilité complète, la remise de l’ensemble des documents pertinents et un engagement professionnel envers les conclusions de l’audit. Notre unique obligation est celle qui nous lie aux citoyens d’Israël, qui méritent des réponses sur les défaillances de fond qui ont conduit au massacre », a-t-il indiqué.
Certains critiques, parmi lesquels des membres de l’opposition et des groupes de surveillance du gouvernement, ont exprimé leur inquiétude quant au fait qu’Englman, qui n’a aucune expérience juridique et a été nommé sous le gouvernement de Netanyahu, pourrait minimiser la responsabilité de l’échelon politique dans cette attaque brutale.







