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Face au terrorisme, Gantz promet des milliers de réservistes si nécessaire

Le ministre de la Sécurité intérieure Barlev invite les civils à se porter volontaires pour des patrouilles de sécurité

Le ministre de la Défense, Benny Gantz, donne une conférence de presse au siège du Commandement central de Tsahal, le 30 mars 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le ministre de la Défense, Benny Gantz, donne une conférence de presse au siège du Commandement central de Tsahal, le 30 mars 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Suite aux trois attentats des huit derniers jours qui ont coûté la vie à 11 personnes, le ministre de la Défense, Benny Gantz, a déclaré mercredi qu’Israël faisait face à une « attaque terroriste meurtrière ».

« Nous prenons des mesures à la fois offensives et défensives », a indiqué Gantz à l’issue d’un point de sécurité avec le chef d’état-major de l’armée israélienne, Aviv Kohavi et le chef du Commandement central, le major-général Yehuda Fuchs.

« J’ai ordonné [au ministère de la Défense] d’apporter son aide à la police israélienne en lui fournissant des équipements, de la main-d’œuvre et du personnel », a précisé Gantz, après avoir indiqué plus tôt dans la journée que 1 000 soldats allaient venir renforcer les forces de police.

Il a par ailleurs noté que le ministère de la Défense pilotait l’action des services de renseignement en vue de procéder à des arrestations préventives de terroristes présumés, ajoutant avoir signé plus tôt mercredi plusieurs mandats de détention administrative contre des terroristes présumés.

« Si nécessaire, nous ferons appel à des milliers de réservistes pour sécuriser les rues et agir partout où ce sera nécessaire », a ajouté Gantz.

Il est rare qu’Israël rappelle des réservistes, sauf à des fins de formation.

« Quoi qu’il en coûte, nous briserons cette vague de terrorisme. Nous ramènerons la paix et la stabilité de manière énergique, intelligente et responsable », a-t-il ajouté.

Gantz n’a annoncé aucun changement dans les projets israéliens dans la perspective du mois de Ramadan, sacré pour les Musulmans, et souvent émaillé de fortes tensions, en particulier à Jérusalem.

Dans le sillage des déclarations de Gantz, Tsahal a annoncé que l’ensemble des unités de combat postées en Cisjordanie resteraient sur base jusqu’à vendredi, avec une prolongation possible, qui sera discutée plus tard cette semaine.

Le Ministre de la Sécurité Publique Omer Barlev assiste à une cérémonie de la police israélienne pour le Nouvel An juif au Quartier Général de la police israélienne, à Jerusalem le 5 septembre 2021. (Crédit : Photo Olivier Fitoussi/Flash90)

Les forces de l’ordre redoublent d’activité pour faire face à la vague terroriste des derniers jours, la dernière en date étant la fusillade de mardi, à Bnei Brak, qui a tué cinq personnes. Le tireur palestinien a été abattu par la police sur les lieux de l’attentat.

Dimanche, deux agents de la police des frontières avaient été tués dans une fusillade à Hadera. Les hommes armés, des Arabes israéliens, étaient affiliés au groupe djihadiste État islamique.

Cinq jours plus tôt, quatre personnes avaient trouvé la mort dans un autre attentat terroriste dans la ville de Beer Sheva, dans le sud du pays. Le terroriste – qui avait par le passé été reconnu coupable d’avoir tenté de rejoindre l’EI – avait été abattu par des passants. Il était également citoyen israélien.

Dix Palestiniens ont été tués dans de violents affrontements avec des soldats israéliens ces dernières semaines. Certains sont morts dans des fusillades avec des soldats en Cisjordanie, d’autres lors de tentatives d’attentat.

Le ministre de la Sécurité intérieure, Omer Barlev, en charge de la police, a appelé mercredi les civils à s’enrôler dans la garde civile, tout en envoyant plusieurs unités de la police des frontières renforcer la présence sur le terrain.

« J’invite les citoyens bienveillants désireux de participer à la défense commune à se porter volontaires », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

Un agent de la police des frontières monte la garde près de la porte de Damas à Jérusalem-Est, dans la nuit du 27 janvier 2022. (Crédit : Police israélienne)

La série d’attentats meurtriers a ravivé les inquiétudes suscitées par une possible flambée de violence pendant le Ramadan.

Le cabinet de sécurité devrait se réunir dimanche, pour la première fois depuis le début de la crise, afin d’évoquer d’éventuelles restrictions pendant le Ramadan.

Bien qu’aucune mesure n’ait encore été mise en œuvre lors des fêtes religieuses, les responsables des forces de l’ordre, pour la première fois en près de deux ans, ont été invités à faire des recommandations aux ministres.

Il n’est pas rare que le Ramadan attire des dizaines de milliers de fidèles venus prier à la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem, créant une situation potentiellement explosive.

Selon le site d’information Haaretz, pendant la première semaine du Ramadan, la police souhaiterait limiter l’entrée de la mosquée Al-Aqsa aux résidents de Cisjordanie de plus de 60 ans.

Dans une allocution à la presse, le commandant de la police de Jérusalem, Doron Turgeman, a déclaré que les Juifs auraient toujours la possibilité de se rendre au Mont du Temple pendant le Ramadan, mais dans une moindre mesure.

Illustration : Un policier israélien monte la garde tandis qu’un Juif religieux en uniforme militaire visite le mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 3 août 2021. (Crédit : AP Photo/ Maya Alleruzzo)

« Nous souhaitons garantir un mode de vie compatible avec les fêtes de toutes les religions, permettant la liberté de culte de toutes les religions, dans la sécurité », a-t-il déclaré à l’issue d’une réunion avec Tsahal, la police, le Shin Bet et les responsables municipaux.

Le site d’information Ynet a indiqué que plus de 3 000 policiers seraient déployés en des points névralgiques de la capitale, alors que l’on estime à plus de 400 000 le nombre de personnes qui se rendront à Al-Aqsa au cours du mois de Ramadan.

En mai 2021, les tensions nées au moment du Ramadan et le conflit ouvert de 11 jours avec la bande de Gaza avaient provoqué les pires émeutes enregistrées depuis des décennies entre communautés juives et arabes.

Les dirigeants arabes israéliens ont condamné les récents attentats terroristes.

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