France/virus : des élus demandent d’encourager la création de carrés musulmans
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France/virus : des élus demandent d’encourager la création de carrés musulmans

La surmortalité liée à la crise sanitaire, couplée à la suspension des rapatriements des défunts dans leur pays d'origine, a révélé le manque de carrés confessionnels

Illustration : carré musulman du cimetière de Vichy. (Crédit : Wikimedia)
Illustration : carré musulman du cimetière de Vichy. (Crédit : Wikimedia)

Huit députés ont alerté dans un courrier le ministère de l’Intérieur au sujet du manque flagrant de carrés musulmans dans les cimetières communaux, une situation exacerbée dans les régions les plus touchées par l’épidémie de coronavirus.

Dans une lettre datée du 11 mai et dont l’AFP a eu copie vendredi, ces parlementaires issus de différentes familles politiques ont interpellé Christophe Castaner sur l’absence de carrés musulmans ou le manque de place dans les quelque 600 existants au sein des 35 000 cimetières communaux.

La surmortalité liée à la crise sanitaire, couplée à la suspension des rapatriements des défunts dans leur pays d’origine, a révélé le manque de carrés confessionnels, notamment en Ile-de-France et dans les Hauts-de-France, parmi les régions les plus touchées par la vague épidémique.

« Nous souhaiterions donc savoir si vous êtes prêt à sensibiliser et à encourager via les préfectures l’installation de carrés confessionnels afin de permettre une inhumation avec un minimum de dignité dans cette crise sanitaire totalement inédite », ont demandé les députés signataires.

Interrogé par l’AFP, le ministère de l’Intérieur a indiqué avoir « donné comme consigne aux préfets de trouver des solutions avec les élus locaux là où il y avait des problèmes d’inhumation ».

« Il ne s’agit pas systématiquement d’élargissement de carrés musulmans mais par exemple de trouver des places dans des communes à proximité. Chacun doit agir en fonction de la situation locale », a-t-on indiqué place Beauvau.

Disposer d’un carré confessionnel n’est pas obligatoire pour les communes, et c’est aux seuls maires que revient le pouvoir d’en décider. Une circulaire de 2008 les encourage toutefois à le faire.

« Je suis content et soulagé que notre gouvernement ait bougé, ça a réveillé les consciences », a réagi vendredi auprès de l’AFP Samad Akrach, président de Tahara, une association spécialisée dans les toilettes rituelles basée en Seine-et-Marne.

Son souhait : que l’incitation faite aux élus locaux « aboutisse » afin de développer le nombre de carrés confessionnels, non seulement en temps de crise, mais aussi pour la future génération de citoyens qui souhaiteraient être inhumés en France.

En avril, le tribunal administratif de Montreuil avait rejeté le recours de l’association Tahara qui demandait en urgence au maire de Montreuil (Seine-Saint-Denis) d’agrandir le carré musulman du cimetière communal.

L’avocat de l’association a fait appel devant le Conseil d’Etat.

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