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Gamzu : Omicron nous conduira à l’immunité collective sans surcharger les hôpitaux

L'ex-chef de la lutte contre la COVID prédit une contamination de masse, mais moins de cas graves que pendant la vague de Delta ; il juge "logique" l'administration d'une 4e dose

Le professeur Roni Gamzu, responsable de la lutte contre le coronavirus de l'époque, lors d'une réunion avec le maire de Jérusalem, Moshe Lion, à l'hôtel de ville de Jérusalem, le 12 août 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)
Le professeur Roni Gamzu, responsable de la lutte contre le coronavirus de l'époque, lors d'une réunion avec le maire de Jérusalem, Moshe Lion, à l'hôtel de ville de Jérusalem, le 12 août 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

La vague actuelle de coronavirus fera atteindre à Israël l’immunité de groupe et ne surchargera pas les hôpitaux, a déclaré lundi l’ancien responsable de la lutte contre le coronavirus dans le pays, le professeur Ronni Gamzu.

Il a aussi exprimé son optimisme suite à la décision prise de mettre à disposition des Israéliens de 60 ans et plus, des employés du secteur de la santé et des malades immunodéprimés une quatrième dose de vaccin, disant que cette initiative se fonde sur une logique aussi basique que celle de « un plus un font deux. » Il a néanmoins rejeté les restrictions imposées sur l’entrée des voyageurs étrangers sur le territoire, les qualifiant « d’inutiles » maintenant qu’Omicron se propage librement dans le pays.

Gamzu, directeur-général de l’hôpital Sourasky de Tel Aviv et ancien directeur-général du ministère de la Santé, a déclaré lors d’une conférence de presse que la transmissibilité particulièrement élevée du variant Omicron impliquait des contaminations inévitables, et que leur nombre important pourrait permettre à Israël d’atteindre l’immunité de groupe.

Des rumeurs – qui ont été démenties par le responsable actuel de la lutte contre le coronavirus en Israël, Salman Zarka – ont laissé entendre que le gouvernement adopterait volontairement une politique d’infections massives dans le but d’atteindre l’immunité de groupe.

Le responsable en charge de la lutte contre le coronavirus, Salman Zarka, assiste à une conférence de presse sur le coronavirus, à Jérusalem, le 29 août 2021. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Gamzu n’a pas expliqué clairement s’il s’attendait à ce que l’immunité de groupe soit atteinte par le biais d’une politique intentionnelle ou par le biais de la circulation naturelle du variant. Il a dit que le gouvernement « change graduellement d’orientation et va dans la bonne direction » en adoptant une approche plus légère des restrictions – comme les régulations des quarantaines.

Selon lui, l’immunité de groupe surviendra quand un grand nombre d’Israéliens guériront après avoir contracté Omicron, ce qui viendra compléter l’immunité obtenue grâce au vaccin. « Nous allons voir un nombre plus élevé d’Israéliens guéris après Omicron, », a-t-il anticipé. « Et en additionnant les personnes rétablies, les personnes vaccinées et celles qui auront obtenu un rappel, nous arriverons à l’immunité de groupe. »

Une telle immunité collective pourrait protéger Israël contre d’autres variants, a-t-il évalué, notant que s’il y a des différences entre ces différentes mutations, elles restent largement similaires. « Petit à petit, on aura l’immunité de groupe – c’est ainsi que disparaissent les épidémies et les pandémies », a-t-il expliqué.

De son côté, la docteure Sharon Alroy-Preis, cheffe des services de santé publique au sein du ministère de la Santé, a indiqué lundi que l’idée d’atteindre l’immunité de groupe via une infection à Omicron était insupportable. « Nous ne savons pas s’il y aura une vague qui va s’abattre sur nous tous et si tout ira bien après, s’il y aura une forme ou une autre d’immunité », a-t-elle dit devant les caméras de la Treizième chaîne.

Le personnel médical administre des tests COVID-19 dans un centre de test Magen David Adom à Jérusalem, le 30 décembre 2021 (Olivier Fitoussi/Flash90)

Alroy-Preis a noté que le virus a continué à muter depuis sa première apparition en Chine à la fin de l’année 2019.

« Nous voyons qu’Omicron infecte des personnes qui guérissent [des variants précédents] », a-t-elle déclaré. « Comment être sûrs que la prochaine variante n’infectera pas les personnes qui ont attrapé Omicron ? Je ne peux pas accorder de poids à ces prédictions [d’immunité collective]. »

Même si cela devait résulter en un nombre plus important d’infections, Gamzu a prédit, comme le suggère les données dans les autres pays, Omicron se révèlera relativement bénin en Israël, et par conséquent, cette vague ne devrait pas amener un plus grand nombre de malades dans les unités de soins intensifs des hôpitaux que lors de la dernière vague.

Il a insisté sur le fait que le maintien des restrictions sur l’entrée des voyageurs étrangers en Israël n’avait plus de sens, les tentatives visant à conserver Omicron hors du territoire n’étant plus pertinentes. « On a choisi de fermer les frontières pour retarder l’entrée du variant ou le nombre de personnes porteuses du variant dans notre pays », a-t-il indiqué. « Maintenant que le variant est là et qu’il circule largement, c’est inutile de garder la porte fermée, il n’y a pas de logique à cela. »

Le Premier ministre Naftali Bennett a annoncé dimanche que le ciel israélien devrait rouvrir dans la semaine.

Le hall des arrivées de l’aéroport Ben Gurion, le 28 novembre 2021. (Avshalom Sassoni/Flash90)

Bennett a salué lundi la mise à disposition d’une quatrième dose de vaccin en direction de publics choisis, déclarant que « la campagne d’administration d’une quatrième dose est une grande réussite. Vingt-quatre heures après l’annonce d’un nouveau rappel, 100 000 Israéliens ont déjà été vaccinés ou ont pris rendez-vous ».

« Les vaccins nous protègent contre les formes graves de la maladie et les quarantaines et le public le comprend très bien », a-t-il ajouté.

Gamzu, pour sa part, a estimé que cette décision d’administrer un nouveau rappel aux personnes âgées, immunodéprimées et aux employés du secteur de la santé avait du sens, tout en prédisant qu’il serait inutile d’administrer une quatrième dose aux Israéliens de moins de 60 ans qui sont en bonne santé dans le cadre de la lutte contre Omicron.

« Renforcer la réponse immunitaire a été une réussite dans la lutte contre la vague du variant Delta », a-t-il expliqué. « Nous n’avons pas beaucoup d’éléments à notre disposition dans cette vague de variant Omicron mais une telle décision relève de la pure logique. Nous avons constaté la diminution du niveau des anticorps ; nous avons ensuite constaté leur augmentation chez les personnes qui venaient de se faire vacciner et nous avons décidé de procéder à l’injection de rappel, parce qu’il était logique que le renforcement de la réponse immunitaire nous protègerait à nouveau et réduirait les cas d’infection. C’est exactement la même chose aujourd’hui », a-t-il continué.

Une femme reçoit une quatrième dose de vaccin contre le coronavirus dans un hôpital d’Ashkelon, le 3 janvier 2022. (Crédit : Flash90)

Gamzu a expliqué que les recherches en cours dans son hôpital, avec le suivi des niveaux d’anticorps chez les personnes qui viennent de se faire vacciner, venaient soutenir une politique d’injections de rappel répétées. « Nous avons constaté une baisse du niveau d’anticorps et une baisse de la réponse immunitaire. En même temps, nous avons constaté une augmentation du nombre de personnes qui contractaient le coronavirus quatre ou cinq mois après avoir reçu le vaccin. Un et un font deux. L’administration d’une quatrième dose résulte de la logique. La réponse immunitaire se réduit un peu et la possibilité d’attraper le virus augmente. »

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