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Salman Zarka : la politique d’immunité collective n’est pas envisagée

Le responsable de la lutte contre le coronavirus avertit que le variant Delta engendre encore des hospitalisation et reconnaît que des restrictions légères seraient inutiles

Le responsable de la lutte contre le coronavirus Salman Zarka pendant une visite à l'hôpital de Safed, le 24 août 2021. (Crédit : David Cohen/Flash90)
Le responsable de la lutte contre le coronavirus Salman Zarka pendant une visite à l'hôpital de Safed, le 24 août 2021. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Salman Zarka, responsable de la lutte contre le coronavirus en Israël, a rejeté lundi les spéculations croissantes sur une éventuelle politique gouvernementale qui viserait à atteindre l’immunité de groupe et il a réaffirmé que les espoirs d’un variant Omicron – très contagieux mais moins grave que les précédents variants – qui s’étendrait rapidement à toute la population sans pour autant surcharger les hôpitaux n’avaient aucune validité scientifique.

Zarka, qui dirige la réponse apportée par l’État à la crise, a aussi indiqué qu’un programme de « salles de classe vertes » qui avait permis aux élèves cas-contacts de continuer à se rendre à l’école en présentiel serait abandonné. Il a par ailleurs vivement recommandé aux Israéliens de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour éviter de contracter le virus, avertissant que les hôpitaux risquent actuellement d’être débordés par les malades atteints par la COVID-19, mais aussi par la grippe saisonnière.

« Nous n’avons aucune politique d’infection de masse. L’immunité de groupe n’a aucun fondement scientifique », a dit Zarka lors d’une conférence de presse. « Nous devons actuellement affronter une double vague, avec le variant Delta qui est encore actif et des patients hospitalisés pour des formes graves de variant Delta ».

Il a ajouté que le système de soins devait aussi prendre en charge les personnes atteintes par la grippe et que les cas de variant Omicron allaient continuer à augmenter. « Nous ne pouvons pas empêcher le virus de se propager mais nous faisons en sorte d’abaisser le taux de morbidité pour protéger les Israéliens, et en particulier les Israéliens les plus vulnérables. »

Les propos de Zarka ont été tenus vingt-quatre heures après que le Premier ministre Naftali Bennett a laissé entendre qu’il pourrait y avoir 50 000 nouveaux cas quotidiens au sein de l’État juif en raison de l’incapacité du pays à stopper la circulation du variant Omicron.

Dimanche matin, le directeur-général du ministère de la Santé, Nachman Ash, avait estimé que le taux d’infection toujours en hausse pourrait finir par entraîner une situation d’immunité de groupe en Israël – avec néanmoins un prix fort à payer.

« La tendance est à la hausse. Il y aura une recrudescence des cas, c’est une certitude », a-t-il déclaré. « Où cela s’arrêtera-t-il ? C’est difficile à savoir. Le prix de l’immunité de groupe, c’est un très, très grand nombre d’infections, et c’est un phénomène qui pourrait finir par se produire. Les chiffres, pour obtenir l’immunité de groupe, doivent être élevés, mais c’est possible. Nous ne voulons pas toutefois atteindre l’immunité de groupe par le biais des infections contractées. Nous voulons l’atteindre en résultat d’une large couverture vaccinale. »

Zarka a aussi évoqué, lundi, les restrictions mises en place dans la lutte contre le coronavirus. Le ministre de la Santé, Nitzan Horowitz, et d’autres membres du cabinet ont jusqu’à présent cherché à maintenir des limitations minimales pour protéger l’économie.

« Dans la situation dans laquelle nous nous trouvons, des restrictions légères ne seront d’aucune utilité. Nous pouvons nous diriger vers des restrictions très importantes, comme le premier confinement, car les autres restrictions ne feront pas baisser le nombre de cas. Nous ne recommandons donc pas de restrictions pour le moment, juste pour le plaisir de dire que nous les avons demandées », a-t-il déclaré lors d’un point presse.

Des passants sur Jaffa Street à Jérusalem, le 2 janvier 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

« Notre objectif est d’équilibrer la détection rapide des cas – en particulier dans la population vulnérable à qui nous pouvons dorénavant offrir les nouveaux médicaments que nous avons achetés – tout en permettant, en même temps, une vie aussi normale que possible », a continué Zarka.

Zarka a aussi répondu à la ministre de l’Éducation Yifat Shasha-Biton qui a insisté pour que le programme des « salles de classes vertes » – qui permet aux élèves d’aller à l’école après avoir été exposés au virus – soit renouvelé, et qui a critiqué le refus du ministère d’approuver l’extension de ce programme.

« Tant qu’Omicron est parmi nous, il n’y aura pas de ‘salle de classe verte’, » a martelé Zarka.

« Notre priorité est la santé des enfants », a-t-il dit. « Nous devons espérer que cette vague passera rapidement afin de revenir rapidement à l’enseignement en présentiel. »

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