Gantz salue l’accord, mais dit nécessaire la négociation avec les Palestiniens
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Gantz salue l’accord, mais dit nécessaire la négociation avec les Palestiniens

Le ministre de la Défense a déclaré que son bureau coopérera avec les Etats-Unis pour maintenir l'avantage militaire israélien, en réponse à la possible vente de jets aux Emirats

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le ministre de la Défense Benny Gantz, au centre, parle à un officier de Tsahal sous le regard du chef d’état-major de l’armée, le lieutenant général Aviv Kohavi, à droite, lors d'une visite au commandement central de Tsahal à Jérusalem, le 15 septembre 2020. (Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)
Le ministre de la Défense Benny Gantz, au centre, parle à un officier de Tsahal sous le regard du chef d’état-major de l’armée, le lieutenant général Aviv Kohavi, à droite, lors d'une visite au commandement central de Tsahal à Jérusalem, le 15 septembre 2020. (Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

Le ministre de la Défense Benny Gantz a salué les accords de normalisation entre Israël, les Emirats arabes unis et le Bahreïn mardi, tout en exprimant ses inquiétudes quant aux effets qu’ils pourraient avoir sur le front palestinien. Il a abordé la vente apparemment liée aux accords d’avions de chasse F-35 à Abou Dhabi.

S’adressant aux correspondants militaires sur une grande variété de sujets à l’approche du nouvel an juif, Gantz a souligné que l’accord – dont il n’a été informé qu’après qu’il a été conclu par le Premier ministre – était un développement extrêmement positif pour Israël et sa situation dans la région.

« Je ne peux que le louer », a-t-il déclaré.

Gantz a plaisanté en disant qu’Israël devrait « remercier l’Iran » de l’avoir uni aux EAU et au Bahreïn, qui considèrent tous deux Téhéran comme une menace stratégique majeure. Cette coopération de longue date, bien que jusqu’à présent largement secrète, contre l’expansion iranienne au Moyen-Orient a été largement qualifiée de force motrice de cet accord de normalisation naissant.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu devant un avion de chasse F-35 à la base de Nevatim de l’armée de l’air israélienne dans le sud d’Israël. (Amos Ben Gershom/GPO)

Il a souligné que si la normalisation avec des pays lointains était sans aucun doute une bonne chose, il était « également important de faire la paix avec nos voisins », appelant à renouveler les efforts diplomatiques avec les Palestiniens. Gantz a ajouté que les EAU et le Bahreïn étaient spécifiquement des pays « que nous n’avons jamais combattus et qui ne nous ont jamais combattus, même par procuration ».

Néanmoins, le ministre de la Défense a déclaré que la vente proposée des avions de combat avancés aux Emirats était une « affaire sérieuse », avec des ramifications potentiellement importantes sur l’avantage militaire d’Israël dans la région.

De nombreux articles de presse ont indiqué que Netanyahu avait donné son approbation explicite ou tacite à la vente des chasseurs furtifs pour sceller l’accord avec les EAU, bien que le Premier ministre l’a nié à plusieurs reprises.

Gantz a refusé de commenter la question, précisant seulement que Netanyahu avait affirmé n’avoir pas donné son aval pour cette vente et que cela pouvait être « pris pour comptant ».

Gantz a noté que si le ministère de la Défense et l’armée s’opposent formellement à la vente, cela ne signifie pas que les États-Unis n’iront pas de l’avant.

« C’est une prérogative américaine – et non israélienne – de décider à qui vendre les F-35 », a déclaré Gantz.

Un AWACS (Airborne Warning and Control System) E-3 de l’US Air Force décolle de la base aérienne américaine d’Osan à Pyeongtaek, le 15 septembre 2017. (AFP PHOTO/YONHAP/str)

« Je ne me souviens pas quand les Etats-Unis ont voulu vendre une arme et ne l’ont pas fait », a-t-il ajouté, faisant apparemment référence à la vente de F-16 et d’avions AWACS d’alerte avancée à l’Arabie saoudite, malgré les plaintes israéliennes.

Peu avant le briefing de Gantz, Trump a déclaré aux journalistes à Washington qu’il « n’aurait absolument aucun problème » à vendre des avions de chasse F-35 aux EAU.

Gantz a affirmé qu’il n’avait pas encore eu le temps d’examiner les déclarations du président américain sur la question, mais a déclaré que son ministère coopérerait avec le Pentagone pour déterminer si et comment une telle vente nuirait à « l’avantage militaire qualitatif » d’Israël, que les États-Unis sont légalement tenus de maintenir, et ce qui pourrait être fait pour maintenir les capacités supérieures de l’État juif.

Gantz a refusé de commenter les moyens spécifiques proposés par son ministère pour que les Etats-Unis compensent les dommages – par des restrictions de l’utilisation des F-35 par les EAU ou la vente d’armes encore plus puissantes à Israël. Il a déclaré que cela serait débattu dans les prochains mois.

Le ministre de la Défense Benny Gantz, à gauche, s’adresse aux soldats de Tsahal lors d’une visite au commandement central de l’armée à Jérusalem, le 15 septembre 2020. (Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

Le ministre de la Défense sortait d’une réunion sur la question du front palestinien avec Aviv Kohavi, chef d’état-major de Tsahal, le général Tamir Yadai, nouveau chef du commandement central, et le général Kamil Abu Rukun, contact militaire d’Israël avec les Palestiniens.

Il a déclaré qu’il ne s’attendait pas à une explosion de violence à grande échelle de la part des Palestiniens en réaction aux accords de normalisation avec les EAU et le Bahreïn. Cependant, il a noté que la question palestinienne devenait de plus en plus intenable, vu l’absence de progrès diplomatique vers une solution politique au conflit, une aggravation des difficultés économiques de l’Autorité palestinienne et le stress supplémentaire apporté par la pandémie de coronavirus.

Gantz a déclaré que bien qu’il n’y ait aucun signe d’un soulèvement imminent, il y avait des craintes d’une « paille qui casse le dos du chameau ».

Un pompier cherche à éteindre l’incendie causé par un ballon incendiaire lancé de Gaza vers les communautés frontalières israéliennes, le 26 août 2020. (Conseil régional d’Eshkol)

Le ministre de la Défense a déclaré qu’Israël travaillait à un cessez-le-feu à long terme avec les groupes terroristes dans la bande de Gaza, mais qu’il n’était « pas optimiste » quant aux perspectives d’un véritable accord durable car il ne semblait pas y avoir de mouvement significatif sur la question de la restitution par le Hamas des dépouilles de deux soldats de l’armée israélienne tombés au combat et de deux civils israéliens vivants actuellement détenus à Gaza.

Gantz a déclaré que la dernière trêve avec les groupes terroristes était née des craintes du Hamas d’une épidémie de coronavirus, d’un afflux de fonds d’aide qatarie, de tensions internes dans la bande de Gaza et de la menace de nouvelles frappes de Tsahal sur les installations du groupe terroriste.

Interrogé sur une affaire en cours devant la Haute Cour de justice concernant des soldates servant dans des unités de combat et autres unités d’élite, Gantz a déclaré qu’il soutenait généralement les femmes servant dans toutes les branches de l’armée, à condition qu’elles soient physiquement capables de remplir leurs missions.

« Je pense que les femmes peuvent servir partout où elles sont capables de mener à bien les activités nécessaires », a-t-il déclaré.

En réponse à la requête adressée au tribunal, l’armée a lancé une commission d’enquête pour examiner la question et déterminer si les femmes étaient capables de servir dans ces unités.

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