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Gaza: Washington dévoile la composition du comité exécutif du Conseil de la paix

Le Conseil va inclure des représentants du Qatar et de la Turquie, des féroces critiques d'Israël et il comprend également des personnalités telles que Witkoff et Kushner

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le président américain Donald Trump prend la parole lors d'une cérémonie d'inauguration d'une partie de Southern Boulevard que le conseil municipal de Palm Beach a récemment décidé de renommer "President Donald J. Trump Boulevard", le 16 janvier 2026, à son club Mar-a-Lago à Palm Beach, en Floride (Crédit : AP Photo/Julia Demaree Nikhinson).
Le président américain Donald Trump prend la parole lors d'une cérémonie d'inauguration d'une partie de Southern Boulevard que le conseil municipal de Palm Beach a récemment décidé de renommer "President Donald J. Trump Boulevard", le 16 janvier 2026, à son club Mar-a-Lago à Palm Beach, en Floride (Crédit : AP Photo/Julia Demaree Nikhinson).

La Maison Blanche a révélé, vendredi, les noms des membres du panel international de premier plan qui sera chargé de superviser l’administration de la bande de Gaza dans l’après-guerre.

Parmi les personnalités qui ont intégré le comité exécutif du Conseil de paix, le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, le diplomate qatari Ali Thawadi, le chef des services de renseignement égyptiens Hassan Rashad, la ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis Reem Al-Hashimy et l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair.

La présence de hauts responsables du Qatar et de la Turquie – deux pays qui ont critiqué avec vivacité la guerre menée par Israël à Gaza – risque fort de contrarier Jérusalem, tout en démontrant l’utilité acquise par ces deux pays aux yeux de Donald Trump, qui a vanté leur capacité à avoir persuadé le Hamas d’accepter un cessez-le-feu, au mois d’octobre dernier.

Le comité exécutif supervisera le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), un groupe de technocrates palestiniens qui aura pour mission de fournir des services de base aux Gazaouis.

Il fonctionnera sous l’égide du Conseil de la paix – qui regroupera des leaders du monde entier et qui sera présidé par Trump – que les États-Unis comptent dévoiler dans les prochains jours. Le Conseil de la paix jouera toutefois un rôle plus symbolique, le comité exécutif étant en charge de toutes les opérations sur le terrain.

Le comité exécutif sera également composé de l’envoyé spécial américain Steve Witkoff, du principal conseiller de Trump Jared Kushner, du PDG d’Apollo Global Management Marc Rowan, de l’homme d’affaires israélo-chypriote Yakir Gabay, de l’ancienne coordinatrice humanitaire des Nations unies Sigrid Kaag et de l’ancien envoyé des Nations unies au Moyen-Orient Nickolay Mladenov.

L’envoyé spécial des Nations unies pour le Moyen-Orient, Nickolay Mladenov, s’exprimant lors d’une conférence de presse, à Jérusalem, le 25 juin 2020. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Mladenov occupera également le poste de haut représentant du Conseil de la paix pour Gaza. « À ce titre, il assurera la liaison sur le terrain entre le Conseil de la paix et le NCAG », a précisé la Maison Blanche dans son communiqué qui annonçait la création des nouvelles instances de supervision de la bande.

Mladenov « prendra en charge la question de la supervision, par le Conseil, de tous les aspects de la gouvernance, des problématiques de reconstruction et de développement à Gaza tout en assurant la coordination entre les composantes civiles et sécuritaires », a dit la Maison Blanche.

Le NCAG, dont les membres sont des technocrates palestiniens, a tenu sa première réunion en présence de Mladenov au Caire, dans la journée de jeudi. Kushner et Witkoff y ont participé par visioconférence.

Le NCAG sera dirigé par l’ancien vice-ministre palestinien de la Planification, Ali Shaath. La  Maison Blanche a fait savoir dans un communiqué, vendredi, que l’homme était « un responsable technocratique largement respecté qui supervisera la remise en place des services publics essentiels, la reconstruction des institutions civiles et la stabilisation de la vie quotidienne à Gaza, tout en jetant les bases d’une gouvernance autonome à long terme ».

« Le docteur Shaath apporte avec lui une grande expérience dans les domaines de l’administration publique, du développement économique et de l’engagement international, et il est largement respecté pour son leadership pragmatique et technocratique et pour sa compréhension des réalités institutionnelles de Gaza », a ajouté Washington.

Ali Shaath, chef du comité technocratique palestinien chargé de la gestion de la bande de Gaza, arrive dans un hôtel du Caire le 16 janvier 2026. (Crédit : Mohammed Abed/AFP)

Concernant la Force internationale de stabilisation – qui doit encore être établie et qui sera chargée de la sécurité dans la bande de Gaza, remplaçant progressivement l’armée israélienne – la Maison Blanche a annoncé que le commandant des opérations spéciales du Commandement central, le général de division Jasper Jeffers, avait été nommé commandant de la FIS :  « Il y prendra la tête des opérations de sécurité ; il soutiendra la démilitarisation complète et il permettra l’approvisionnement, en toute sécurité, en aide humanitaire et la livraison des matériaux de reconstruction ».

Jeffers était auparavant coprésident du Mécanisme de mise en œuvre de l’arrêt des hostilités – mécanisme chargé de surveiller le cessez-le-feu qui a été conclu entre Israël et le Hezbollah au Liban au mois de novembre 2024.

Le général de division américain Jasper Jeffers, chargé de superviser la mise en œuvre du cessez-le-feu négocié par Washington au Liban, photographié lors d’une réunion avec le président du Parlement libanais, à Beyrouth, le 5 décembre 2024. (Crédit : AFP)

Les États-Unis ont eu du mal à convaincre les pays de fournir des soldats au conseil d’administration de l’ISF alors que les rumeurs se propageaient à grande vitesse sur le désarmement du Hamas et sur la progression du retrait de Tsahal au sein de l’enclave côtière. L’un des deux pays qui, selon Washington, devait s’engager a annoncé au début du mois qu’il ne s’impliquerait finalement pas.

Les responsables américains qui se sont entretenus avec les journalistes, en début de semaine, ont insisté sur le fait qu’ils disposaient désormais d’un nombre suffisant de pays susceptibles de fournir des soldats, et qu’une annonce pouvait être attendue d’ici une quinzaine de jours.

De plus, l’un des intervenants a semblé confirmer, comme l’avait rapporté le Times of Israel, que le mandat de la Force de stabilisation se réduirait à des tâches limitées – sécurisation des frontières et de l’aide humanitaire. Elle ne s’occuperait que peu du problème du désarmement du Hamas.

« Une grande partie du travail à l’intérieur de Gaza sera effectuée par les forces de police palestiniennes locales, ce qui, selon nous, est l’élément le plus important de ce plan, et nous y avons donc consacré beaucoup de temps », a confié le responsable américain.

Un campement de tentes pour les Palestiniens déplacés s’étend dans le quartier de Zeitoun, à Gaza, le 14 janvier 2026. (Crédit : AP Photo/Jehad Alshrafi)

Il reste encore à dévoiler la composition du Conseil de la paix – qui doit se réunir la semaine prochaine en marge du Forum économique mondial de Davos, en Suisse, et qui sera composé de leaders du monde. Le Times of Israel a rapporté, le mois dernier que les États-Unis avaient informé leurs interlocuteurs qu’ils avaient obtenu l’accord de l’Égypte, du Qatar, des Émirats arabes unis, du Royaume-Uni, de l’Italie et de l’Allemagne, qui auraient accepté que leurs dirigeants se joignent à Trump au sein du Conseil de la paix.

Yakir Gabay (Crédit : Avisco)

« Le Conseil de la paix jouera un rôle essentiel dans la mise en œuvre des 20 points du plan du président, en assurant un travail de supervision stratégique, en mobilisant des ressources internationales et en garantissant la prise de responsabilité, alors que Gaza va passer du conflit à la paix et au développement », a déclaré la Maison Blanche.

« Les États-Unis restent pleinement déterminés à soutenir ce cadre de transition, en travaillant en étroite collaboration avec Israël, avec les principaux pays arabes et avec la communauté internationale afin d’atteindre les objectifs [du plan en 20 points de Trump pour mettre fin à la guerre à Gaza] », a poursuivi Washington. « Le président appelle toutes les parties à coopérer pleinement avec le NCAG, avec le Conseil de la paix et avec la Force internationale de stabilisation, avec pour objectif de garantir la mise en œuvre rapide et réussie du plan en 20 points. »

En plus du Comité exécutif pour Gaza, la Maison Blanche a également rendu public un autre groupe de travail, le « Comité exécutif fondateur » – même s’il est en grande partie composé de membres appartenant à l’autre Comité exécutif et qu’il porte d’ailleurs le même nom.

Marc Rowan, directeur général d’Apollo Global Management, s’exprimant lors du Global Financial Leaders’ Investment Summit, à Hong Kong, le 7 novembre 2023. (Crédit : Peter Parks/AFP)

Aux côtés de Witkoff, Kushner, Blair et Rowan, ce panel comprend parmi ses membres le secrétaire d’État américain Marco Rubio, le président de la Banque mondiale Ajay Banga et l’ancien conseiller adjoint à la sécurité nationale de Trump, Robert Gabriel.

La Maison Blanche a indiqué que chaque membre de ce comité exécutif  « supervisera un portefeuille essentiel à la stabilisation et au succès à long terme de Gaza, avec notamment – une liste non exhaustive – le renforcement des capacités de gouvernance, les relations régionales, la reconstruction, l’attraction des investissements, le financement à grande échelle et la mobilisation de capitaux ».

La Maison Blanche n’a pas répondu aux demandes d’éclaircissements concernant l’importance de ce comité particulier.

Une source a expliqué au Times of Israel que ce nouveau comité exécutif ne jouerait pas un rôle essentiel dans la prise de décision. Le communiqué de la Maison Blanche a indiqué que les membres  des deux comités seraient annoncés dans les prochaines semaines.

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