Erdan renonce à présenter son parti aux élections ; Eisenkot promet des surprises
L'ex-chef d'état-major laisse entrevoir des fusions surprises avant la date limite de dépôt des listes, mardi, alors que des rumeurs font état de pourparlers avec Bennett
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L’ancien ambassadeur auprès des Nations unies, Gilad Erdan, a annoncé vendredi que son tout nouveau parti HaAchdut ne se présenterait pas aux prochaines élections à la Knesset qui sont prévues le 27 octobre, après des semaines de sondages qui ont indiqué qu’il ne franchirait pas le seuil électoral.
Cette décision a été annoncée alors que les partis et les responsables politiques s’activent pour finaliser leurs listes avant la date-butoir de mardi – après laquelle les factions ne pourront plus retirer leurs noms des bulletins de vote.
La coalition actuelle tout comme le bloc des opposants auu Premier ministre Benjamin Netanyahu se démènent pour s’assurer que les petits partis et factions s’uniront avant l’échéance de mardi, afin d’éviter qu’ils ne parviennent pas à franchir le seuil électoral de 3,25 % – ce qui gaspillerait alors de précieux bulletins et ce qui a déjà eu, dans le passé, des répercussions considérables sur le résultat du scrutin.
Le parti HaAchdut de Gilad Erdan figurait parmi les petits partis qui appelaient à rejoindre les factions centrales de chaque bloc. Toutefois, l’ancien ambassadeur aux Nations unies a reconnu que son message n’avait pas trouvé d’écho.
« J’ai fondé le Parti HaAchdut il y a quelques semaines parce que je crois qu’Israël a besoin d’un gouvernement sioniste large, parce que je crois qu’Israël a besoin d’un gouvernement capable d’adopter une véritable loi sur la conscription et de résoudre les différends », a dit Gilad Erdan dans un communiqué annonçant cette décision.
« Je pensais que le terrible massacre du 7 octobre et le prix terrible qui a été payé par les citoyens d’Israël nous obligeaient à changer de cap », a poursuivi l’ancien ministre de haut rang du Likud.
« Malheureusement, après environ un mois de campagne, il est apparu clairement qu’une large majorité de la population recherche avant tout une décision claire sur la question de l’identité du Premier ministre, et que la nécessité d’un gouvernement d’union nationale, d’un gouvernement élargi ne figure pas en tête des priorités des Israéliens », a déploré Erdan.
« Malgré les nombreux efforts que nous avons déployés, le soutien dont bénéficie jusqu’à présent HaAchdut, le parti que j’ai fondé, ne garantit pas avec une grande probabilité qu’il saura franchir le seuil électoral, et les possibilités d’unir nos forces avec d’autres partis au sein du bloc d’unité ne se sont pas concrétisées ».
« J’ai donc décidé que HaAchdut ne se présenterait pas à la prochaine campagne électorale », a-t-il dit.
Sa déclaration a fait suite à des informations qui avaient laissé entendre que les négociations entre Erdan et le parti Kakhol lavan de Benny Gantz avaient échoué. Selon les médias israéliens, à l’issue d’une rencontre entre les deux hommes qui a eu lieu dans la journée de vendredi, Gantz aurait fait savoir qu’il n’était pas intéressé par une fusion de leurs partis.
La décision d’Erdan signifie que Yuli Edelstein, membre de son parti et ancien rival de Netanyahu, ne se présentera pas à la prochaine Knesset. Elle met également fin à une brève incursion dans la vie politique de la maire de Beit Shemesh, Aliza Bloch.
Gantz, quant à lui, s’est engagé à aller jusqu’au bout.
Surprises
Le chef du parti Yashar, Gadi Eisenkot, qui apparaît dans les sondages être le principal rival de Netanyahu, a laissé entendre, dans la journée de vendredi, que les prochains jours pourraient voir des fusions « surprises » entre plusieurs partis d’opposition.
S’exprimant lors d’un événement à Rishon LeZion, Eisenkot a expliqué qu’il était « convaincu que nous construirons un système politique gagnant. Notre victoire sera large, avec plus de 60 sièges ». Des enquêtes d’opinion récentes montrent que la coalition, comme le bloc d’opposition, peineraient à obtenir la majorité à la Knesset, qui compte 120 sièges, après le scrutin du 27 octobre.
Interrogé sur les fusions de partis avant la date limite de dépôt des listes électorales définitives, mardi dans la soirée, Eisenkot a expliqué : »Je discute avec tout le monde ; si j’en parle publiquement maintenant, cela n’aura plus de poids ».
« Nous préparons des surprises pour les prochains jours. Je suis convaincu que cela se concrétisera et que ce sera dans l’intérêt de l’État d’Israël », a-t-il ajouté.
La chaîne d’information N12 a rapporté, dans la journée de vendredi, qu’Eisenkot avait rencontré l’ancien Premier ministre Naftali Bennett, qui dirige désormais le parti BYachad aux côtés du chef de l’opposition Yair Lapid.
Selon le reportage, les deux hommes ne se seraient pas mis d’accord sur une fusion mais ils continueraient à se concerter. La chaîne a précisé qu’Eisenkot souhaitait vivement diriger un parti bien plus important que le Likud après le scrutin – mais qu’il craignait de voir son soutien global baisser, comme cela a été le cas pour Bennett après sa fusion avec le parti Yesh Atid de Lapid.
Yesh Atid avait remporté 24 sièges lors des élections de 2022, mais la faction s’effondrait déjà dans les sondages avant la fusion avec Bennett. Leur formation « BYachad » atteignait jusqu’à 28 sièges dans les enquêtes d’opinion avant de connaître une chute inexorable. Elle devrait actuellement remporter une douzaine de sièges aux élections.
De ce fait, elle a connu un exode de députés chevronnés de la liste Yesh Atid de Lapid, qui ont peu de chances d’obtenir une place réaliste sur la liste.
Vendredi, la députée Michal Shir a ainsi annoncé qu’elle ne se représenterait pas, devenant ainsi la neuvième députée de Yesh Atid à démissionner ces derniers jours.
BYachad devrait dévoiler sa liste dimanche.
Une nouvelle numéro deux
Des changements ont également eu lieu vendredi au sein des partis de la coalition.
Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a annoncé vendredi que Tally Gotliv — qui a rejoint son parti Otzma Yehudit dans le cadre d’un accord avec le Likud — occuperait la deuxième place sur la liste électorale de cette formation d’extrême droite.
Dans une déclaration commune à la presse, Ben Gvir a fait savoir que Tally Gotliv était « l’une des idéologues les plus courageuses et les plus déterminées de la Knesset. Tout le monde s’accorde à dire que Tally n’est pas seulement une députée, mais un véritable multiplicateur de force ».
Après avoir été placée en 20e position sur la liste du Likud à l’issue des primaires du parti, Tally Gotliv avait indiqué qu’elle était ouverte à l’idée de rejoindre une autre faction. Hier, le Likud a annoncé la conclusion d’un accord qui lui permet de rejoindre Otzma Yehudit sans encourir de sanctions, ce qui semble l’aider à préserver son immunité parlementaire et à éviter des poursuites après avoir révélé l’identité d’un agent du Shin Bet.
Dans ses propres déclarations, Tally Gotliv a rendu hommage à Otzma Yehudit qui, selon elle, a « atteint des sommets législatifs » à la Knesset et également à Itamar Ben Gvir, « un ministre intrépide », a-t-elle déclaré.
Les deux personnalités se sont ensuite rendues ensemble au marché Machaneh Yehuda de Jérusalem, un bastion traditionnel du Likud.
Vendredi également, la chaîne d’information N12 a rapporté que le Likud avait proposé à l’ancien ministre des Finances Moshe Kahlon une place sûre sur sa liste, mais qu’il y avait peu de chance que l’ancien ministre, courtisé par plusieurs partis, accepte.
Selon le reportage, Kahlon, un homme politique populaire à l’origine de plusieurs réformes financières qui avaient été couronnées de succès, attend que la poussière retombe après les élections avant de faire son retour en politique.
Vendredi également, le parti Hadash, à majorité arabe, a annoncé avoir retiré de sa liste son candidat n° 2, Jafar Farah, pour les prochaines élections, suite à des allégations de harcèlement sexuel qui ont été formulées par plusieurs femmes.
Hadash a annoncé, dans un communiqué, que Farah avait informé le parti de sa décision de démissionner dans la journée de vendredi et qu’une réunion se tiendrait samedi pour choisir un autre candidat afin de le remplacer.
Hadash se présente sur une liste commune avec les partis à majorité arabe Taal et Balad, sur laquelle il occupe la quatrième place.
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