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Grèce : Un groupuscule pro-palestinien revendique une explosion à Athènes

"Lutte de classe révolutionnaire" a notamment dédié son attentat de vendredi, qui n'a fait ni mort ni blessé, au "peuple palestinien et à sa résistance héroïque"

Un employé municipal nettoie la zone devant le siège de Hellenic Train, la principale compagnie ferroviaire grecque, après l'explosion d'une bombe le 11 avril 2025, causant des dégâts limités mais aucun blessé, à Athènes, le 12 avril 2025. (Crédit : AP Photo/Yorgos Karahalis)
Un employé municipal nettoie la zone devant le siège de Hellenic Train, la principale compagnie ferroviaire grecque, après l'explosion d'une bombe le 11 avril 2025, causant des dégâts limités mais aucun blessé, à Athènes, le 12 avril 2025. (Crédit : AP Photo/Yorgos Karahalis)

Une bombe a explosé vendredi devant les bureaux à Athènes de Hellenic Train, la compagnie impliquée dans la pire catastrophe ferroviaire de Grèce qui a fait 57 morts en 2023, a annoncé la police. L’explosion a fait des dégâts limités et n’a fait aucun blessé.

Dimanche, un nouveau groupe extrémiste a revendiqué l’explosion, et celle près du ministère du Travail début février 2024. Dans un long message publié sur le site Athens.indymedia.org, les auteurs, qui signent « Lutte de classe révolutionnaire », expliquent les raisons de leur action, qui, selon eux, s’inscrit dans une lutte armée contre l’État.

« Lutte de classe révolutionnaire » dédie ces attentats au « peuple palestinien et à sa résistance héroïque » et rend hommage à Kyriakos Xymitiris, tué l’année dernière dans l’explosion de l’engin explosif qu’il assemblait dans un appartement du centre d’Athènes.

L’engin qui a explosé vendredi avait apparemment été caché dans un sac à dos cadenassé, placé sur un scooter sans plaque d’immatriculation, selon le quotidien grec Efsyn et le site d’information Zougla, qui ont tous deux reçu un appel environ 40 minutes avant l’explosion, les prévenant d’une attaque imminente.

Une équipe de déminage de la police est arrivée trop tard pour désactiver l’engin avant qu’il n’explose. Un hôtel voisin avait déjà été évacué, selon la télévision d’État ERT. Cet attentat est similaire à celui perpétré devant le ministère grec du Travail en février 2024.

L’explosion s’est produite dans un contexte de colère populaire généralisée suite à la catastrophe ferroviaire de 2023, la plus grave qu’ait connue la Grèce, au cours de laquelle 57 personnes ont été tuées et des dizaines d’autres blessées lorsqu’un train de marchandises et un train de voyageurs circulant en sens inverse ont été accidentellement mis sur la même voie.

Cet accident mortel a révélé de graves défaillances du système ferroviaire grec, notamment en matière de sécurité, et a déclenché des manifestations de masse menées par les familles des victimes contre le gouvernement conservateur du pays à l’occasion du deuxième anniversaire de l’accident.

Dans sa déclaration, qui tient lieu de manifeste, « Lutte de classe révolutionnaire » relie l’accident à ce qu’elle appelle les « meurtres » contre le prolétariat perpétrés par les capitalistes dans le cadre d’accidents du travail.

La Grèce a une longue histoire de violences à motivation politique qui remonte aux années 1970, avec des groupes extrémistes nationaux perpétrant des attentats à la bombe de petite ampleur qui causent généralement des dégâts, mais qui font rarement des blessés. Si les groupes les plus actifs des années 1980 et 1990 ont été démantelés, de nouveaux groupes plus petits ont émergé. Les autorités les qualifient de nouvelle génération d’extrémistes nationaux.

Vendredi, avant l’explosion, le Parlement a voté le renvoi devant la justice d’un ancien ministre, qui pourrait être inculpé pour manquement à ses devoirs dans le cadre des suites de l’accident ferroviaire.

Le président adjoint de l’agence nationale d’investigation sur cette tragédie, Christos Papadimitriou, a lui démissionné mercredi, nouvel épisode dans la controverse entourant les causes de cet accident.

Les familles de victimes et l’opposition de gauche ne cessent de dénoncer le nettoyage rapide du site de l’accident, accusant le gouvernement conservateur de Kyriakos Mitsotakis de « dissimulation » de vraies causes de celui-ci.

L’accident a déclenché de vastes grèves et des centaines de manifestations en Grèce et à l’étranger. Il a également entraîné deux votes de défiance, que le gouvernement conservateur a surmontés.

Plus de 40 personnes ont été poursuivies dans l’affaire, dont le chef de gare local responsable de l’acheminement des trains. Un procès sur l’accident ne devrait pas avoir lieu avant la fin de l’année.

Hellenic Train a nié avoir eu connaissance d’une quelconque cargaison illégale à bord du train de marchandises.

En 2017, les trains interurbains grecs sont passés sous gestion privée, après la cession de l’opérateur public TrainOSE à la société italienne Ferrovie dello Stato Italiane, devenant ainsi Hellenic Train.

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