Habib : Netanyahu avait libre accès à la maison de Mimran
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Habib : Netanyahu avait libre accès à la maison de Mimran

Le député français reconnaît avoir créé une entreprise avec le milliardaire jugé en France mais nie toute faute de sa part ou de celle du Premier ministre

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le député français Meyer Habib à l'Assemblée nationale à Paris, le 28 novembre 2014. (Crédit : capture d'écran)
Le député français Meyer Habib à l'Assemblée nationale à Paris, le 28 novembre 2014. (Crédit : capture d'écran)

Un député juif de France qui a présenté le Premier ministre Benjamin Netanyahu à un fraudeur français présumé a déclaré mardi que Netanyahu avait un libre accès à la maison du milliardaire lors d’une visite en France en 1999, mais a affirmé qu’à l’époque il n’y avait absolument aucun soupçon d’actes répréhensibles.

Meyer Habib, un ami de longue date de Netanyahu, a déclaré à la radio militaire, qu’il regrettait avoir présenté celui qui était alors ancien Premier ministre à Arnaud Mimran, qui est actuellement jugé en France pour escroquerie, mais a souligné que, quand il l’avait fait, « personne ne pouvait savoir qu’il aurait pu devenir un criminel ».

Mimran est jugé en France pour son rôle présumé dans une immense fraude impliquant la vente de crédits de carbone dans une affaire qualifiée en France de « hold-up du siècle ».

Mimran aurait déclaré le mois dernier avoir donné 1 million d’euros à Netanyahu en 2001. Après une série de déclarations contradictoires du bureau du Premier ministre, Mimran a modifié sa version, affirmant la semaine dernière aux informations de la Deuxième chaîne qu’il lui avait donné la somme beaucoup plus modeste de 40 000 dollars, destinés à financer un fond pour ses efforts de diplomatie publique et non pas un don personnel.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (Crédit : Hadas Parush/ Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (Crédit : Hadas Parush/ Flash90)

Un communiqué de David Shimroni, l’avocat de Netanyahu avait dit que l’argent avait été déposé dans « un fonds pour l’activité publique de M. Netanyahu, qui comprenait de nombreuses apparitions dans les médias et des campagnes de diplomatie publique à l’étranger au nom de l’Etat d’Israël, et conformément à la loi ».

Arnaud Mimran (à droite) arrive avec son avocat, Jean-Marc Fedida (à gauche), au tribunal de Paris pour son procès dans l'affaire de l'escroquerie à la taxe carbone, le 25 mai 2016. (Crédit: AFP PHOTO / BERTRAND GUAY)
Arnaud Mimran (à droite) arrive avec son avocat, Jean-Marc Fedida (à gauche), au tribunal de Paris pour son procès dans l’affaire de l’escroquerie à la taxe carbone, le 25 mai 2016. (Crédit: AFP PHOTO / BERTRAND GUAY)

Habib a nié que les liens de Netanyahu avec Mimran l’impliquaient dans un acte répréhensible.

« [Netanyahu] a reçu l’argent de la manière la plus légitime possible. [Mimran] était complètement propre à l’époque », a déclaré Habib. « Donc, il a prêté sa maison pour une semaine à Netanyahu. Qu’est-ce que les accusations portées contre lui maintenant ont à voir avec la situation il y a 15 ans ? »

Le journal Haaretz a rapporté lundi que la France devrait lancer une enquête officielle sur les dons de Mimran à des sources israéliennes, notamment une société appelée Performance Track Ltd, qui aurait été créée par Habib et Mimran.

Habib a confirmé mardi qu’il avait créé une société avec Mimran mais a ajouté qu’elle n’avait jamais été active.

« Elle n’a pas fonctionné même pas une journée. Il n’y avait pas de compte bancaire, pas de transactions », a-t-il affirmé à la radio militaire.

La semaine dernière, le procureur général Avichai Mandelblit aurait ordonné aux employés du bureau du procureur de l’Etat d’enquêter sur l’argent reçu par Netanyhau de la part de Mimran.

Egalement la semaine dernière, on a appris que la police avait ouvert une enquête sur une affaire impliquant Netanyahu. Le chef de police Roni Alsheich a donné son feu vert pour que l’affaire soit traitée par l’unité spéciale de la police Lahav 433, surnommée le FBI d’Israël, mais a exigé le secret complet sans aucune fuite parvenant aux médias, selon les informations de la Deuxième chaîne.

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