Hanegbi : « La loi du Shabbat est stupide, j’ai voté beaucoup de lois stupides »
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Hanegbi : « La loi du Shabbat est stupide, j’ai voté beaucoup de lois stupides »

Tzachi Hanegbi s’est également exprimé contre la demande de Netanyahu pour une législation plus sévère afin d’empêcher les fuites d'enregistrements privés

Tzahi Hanegbi, ministre du Likud chargé de superviser une enquête sur l'affaire dite des enfants yéménites. (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)
Tzahi Hanegbi, ministre du Likud chargé de superviser une enquête sur l'affaire dite des enfants yéménites. (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)

Le ministre de la Coopération régionale Tzachi Hanegbi a qualifié samedi la loi pour la fermeture des magasins pendant Shabbat, en faveur de laquelle il a lui-même votée, de « stupide ».

Hanegbi, qui s’exprimait lors d’un événement culturel à Modiin, a ajouté : « J’ai voté pour beaucoup de lois stupides ».

Il a pourtant ajouté que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait promis que la loi ne changerait pas le statut quo.

Le 9 janvier, une loi controversée accordant le pouvoir au ministère de l’Intérieur de fermer des magasins pendant Shabbat a été votée à la Knesset à une petite majorité, après que la coalition a surmonté des divisions internes pour réunir les votes nécessaires.

Samedi à Ashdod, des inspecteurs de la ville ont commencé à verbaliser, pour la première fois, des commerces ouverts, afin de faire pression pour faire appliquer la loi votée à la Knesset et qui est entrée en vigueur.

Des manifestants israéliens manifestent contre la fermeture d’entreprises le jour du Shabbat dans la ville d’Ashdod, le 20 janvier 2018 (Flash90)

S’exprimant aussi au sujet de la loi du Shabbat, le président du parti de l’Union sioniste Yoel Hasson a déclaré que les Israéliens « payaient le prix » de l’accord de Netanyahu avec le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri du parti ultra-orthodoxe Shas.

Les événements à Ashdod, a-t-il déclaré, « sont seulement le commencement » des efforts pour interdire les activités de loisir pendant le Shabbat.

Hanegbi, considéré comme un proche de Netanyahu, s’est aussi prononcé contre la législation soutenue par le Premier ministre pour limiter les fuites d’enregistrements privés.

« Je m’oppose à la loi contre les enregistrements. Les enregistrements sont un outil important pour combattre la corruption, et il n’y a pas de raison de changer la loi actuelle », a-t-il déclaré.

La loi actuelle définit les enregistrements de conversations comme étant légaux tant que l’une des deux parties enregistrées en est consciente. Dans le passé, Netanyahu a demandé à ce que la loi impose le consentement des deux parties, et a récemment intensifié ses appels pour une action législative afin de combattre les fuites d’enregistrements.

Le Premier ministre a été embarrassé au cours des récentes semaines par des enregistrements peu flatteurs de son fils et de sa femme qui ont fuité dans les médias.

Hanegbi a rejeté l’emploi du mot de « mise sous écoute » par Netanyahu quand il a décrit, et critiqué, l’enregistrement de sa femme.

« Les enregistrements de Sara Netanyahu étaient légaux, pas des mises sous écoutes », a déclaré le ministre.

Ce n’est pas la première fois que ce membre important du Likud est allé à contre-courant au sein de son propre parti.

En septembre, il a rencontré un groupe appelé les Nouveaux Likudniks, accusés par des proches de Netanyahu d’être des gauchistes qui s’efforceraient de prendre le contrôle de l’aile droite du parti de l’intérieur, et leur a déclaré « personne ne peut vous arrêter ».

Hanegbi a déclaré lors d’un rassemblement des Nouveaux Likudnik à Tel Aviv : « Voici comment une révolution commence. Cela débute avec des jeunes gens animés uniquement par l’énergie, la motivation et la volonté de donner ».

Hanegbi a dit qu’il était content de voir « un autre groupe idéologique » dans le parti, en plus d’un groupe préconisant des implantations juives en Cisjordanie.

Des membres du groupe ont nié toute intention de préparer une scission, déclarant que leur objectif était de faire revenir le parti – qui s’est décalé plus à droite sous Netanyahu – vers ses racines nationalistes modérées mais libérales.

Le groupe des Nouveaux Likudniks a été fondé en 2011 par des dirigeants des manifestations pour la justice sociale, qui ont vu cet été là des centaines de milliers d’Israéliens descendre dans les rues pour demander au gouvernement de prendre des mesures en faveur des classes moyennes. L’objectif déclaré du groupe est de défendre ce qu’il considère être les intérêts de la classe moyenne au sein du Likud. Il n’a pas de points de vue sur le conflit israélo-palestinien.

Les dirigeants du Likud ont essayé d’empêcher les Nouveaux Likudniks de voter lors des primaires du parti.

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