Netanyahu réclame des mesures législatives après les fuites sur son fils
Rechercher

Netanyahu réclame des mesures législatives après les fuites sur son fils

Le Premier ministre a déclaré que la diffusion des échanges entre son fils et celui d'un magnat du gaz "franchit toutes les limites"

Benjamin et Yair Netanyahu, au mur Occidental, le 18 mars 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Benjamin et Yair Netanyahu, au mur Occidental, le 18 mars 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré jeudi que le gouvernement devrait prendre des mesures législatives contre les fuites des enregistrements, comme celui diffusé au début de la semaine, dans lequel on peut entendre son fils Yair tenir des propos déplacés sur les femmes lors d’une soirée trop arrosée dans plusieurs clubs de strip-tease de Tel Aviv.

Dans les enregistrements de Netanyahu junior, diffusés lundi par Hadashot, on peut également l’entendre négocier, apparemment sur le ton de la plaisanterie, un accord de plusieurs milliards de dollars pour obtenir de l’argent de la part du fils d’un magnat du gaz.

La chaîne Hadashot a payé 50 000 shekels pour obtenir ces enregistrements, qui avaient été rejetés par plusieurs autres organisations, a indiqué Walla mardi.

La diffusion des enregistrements a suscité une onde de chocs dans le milieu politique israélien. Certains membres de l’opposition ont laissé entendre qu’il s’agissait de corruption de la part du Premier ministre, et le bureau de Netanyahu a assuré que cette diffusion s’inscrivait dans la chasse aux sorcières dont fait l’objet l’entourage du Premier ministre.

Durant une discussion au cabinet jeudi, Netanyahu a déclaré à la ministre de la Justice Ayelet Shaked que les organes législatifs devraient étudier l’aspect légal de cette diffusion, selon les médias israéliens.

« C’est une erreur qu’il n’y ait aucun système pour nous protéger », a déclaré Netanyahu.

« Il est temps que notre système judiciaire commence à agir et à nous défendre. C’est grave. C’est arrivé aujourd’hui à Yair Netanyahu, et demain, ça sera le tour de [la ministre de la Culture Miri] Regev, [du ministre des Finances Moshe] Kahlon et d’autres. »

Plus tôt dans la journée, Regev a dit aux ministres qu’une enquête devrait être ouverte au sujet de ces fuites. « Nous ne pouvons pas être otages. Nous sommes menacés, et ils essayent d’en profiter en le vendant aux médias. Nous ne pouvons pas être leur tête de turc, et attendre d’être frappés à tout moment », a-t-elle dit.

Netanyahu a remercié Regev et a ajouté « cela franchit toutes les limites en ce qui concerne la sécurité et en ce qui concerne les médias ».

Shaked et le ministre du Tourisme Yariv Levin ont fait savoir au Premier ministre qu’ils étaient d’accord avec lui, et ont suggéré de rédiger une loi destinée à « protéger les ministres » d’incidents similaires.
En décembre 2016, Netanyahu avait émis l’idée d’un projet de loi qui imposerait que les deux parties consentent à la diffusion de conversations et entretiens téléphoniques.

Actuellement, la loi impose que l’un des interlocuteurs soit prévenu de la diffusion et l’autorise. Toute diffusion d’un enregistrement sans le consentement de l’une des parties est considérée comme une mise sur écoute illégale dans le droit israélien, et est passible d’une peine de prison pouvant aller jusqu’à 5 ans.

Netanyahu avait proposé que le consentement des deux parties soit nécessaire à la diffusion d’un enregistrement et à la production dudit enregistrement devant un tribunal pour servir de preuve.

Un porte-parole de Netanyahu a refusé jeudi d’indiquer si le Premier ministre était au courant de l’existence de ces enregistrements au moment où cette loi a été proposée il y a plus d’un an.

L’enregistrement, qui a été apparemment réalisé il y a deux ans et demi, concerne des discussions entre Yair Netanyahu, alors âgé 25 ans, Nir Maimon, le fils du magnat du gaz Koby Maimon, et Roman Abramov, un ami du jeune Netanyahu, dont le nom est apparu récemment dans les journaux en lien avec les enquêtes policières menées sur la relation entretenue par le Premier ministre et le milliardaire australien James Packer, qui a fait fortune dans le jeu.

Dans l’une des enquêtes contre le Premier ministre – connue sous le nom d’Affaire 1000 – la police s’intéresse à des cadeaux coûteux offerts à la famille Netanyahu par Packer et par le producteur de Hollywood Arnon Milchan, et aux actions que Netanyahu aurait mené en leur nom. Ce dernier, ainsi que son épouse Sara, ont nié toute malversation dans ce dossier.

Guy Peleg, le journaliste de Hadashot qui a diffusé la conversation, a souligné jeudi dans une interview à la radio israélienne que la chaîne a choisi de ne pas diffuser certains passages. Il a indiqué qu’il y avait des sujets « très sensibles » avec ces passages, mais qu’il se pourrait qu’ils soient diffusés à l’avenir.

Yair Netanyahu a réagi au reportage, le qualifiant de « partial et scandaleux » et a affirmé que les enregistrements avaient été illégalement obtenus.

« Dans cette conversation de fin de soirée et sous l’influence de l’alcool, j’ai dit des choses stupides sur les femmes et autres folies que je n’aurais jamais dû dire », a-t-il commenté.

« Ces propos ne représentent pas qui je suis, ni les valeurs qui m’ont été inculquées, ou les principes auxquels je crois. Je regrette d’avoir dit ça et je présente mes excuses à ceux qui ont pu être offensés ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...